Saola

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Saola

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Pseudoryx nghetinhensis

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Infra-classe Eutheria
Cohorte Laurasiatheria
Ordre Cetartiodactyla
Sous-ordre Ruminantia
Famille Bovidae
Sous-famille Bovinae
Tribu Bovini

Sous-tribu

Pseudorygina
Hassanin & Douzery, 1999

Genre

Pseudoryx
Dung et al., 1993

Nom binominal

Pseudoryx nghetinhensis
Dung, Giao, Chinh, Tuoc, Arctander
et MacKinnon, 1993

Statut de conservation UICN

( CR )
CR A2cd+3cd+4cd; C2a(i) :
En danger critique d'extinction

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 16/02/95

Répartition géographique

alt=Description de l'image Pseudoryx nghetinhensis distribution.png.


Le saola (Pseudoryx nghetinhensis) est un bovidé découvert dans la chaîne annamitique, au Vietnam, en 1992 et décrit officiellement en 1993 dans la revue scientifique Nature[1].

Morphologie[modifier | modifier le code]

L'animal a un long cou, une petite tête, et l'adulte mesure environ 1,50 m de long pour 90 cm au garrot et pèse environ 100 kg. Les cornes sont légèrement recourbées en arrière; plus longues chez le mâle, elles peuvent atteindre environ 45 cm.

La robe est brun foncé, avec une bande noire le long du dos. Les pattes sont foncées, avec quelques taches blanches sur les pieds. Sur la face, il existe des marques blanches : en bandes verticales sur les joues et les arcades sourcilières, en taches sur le nez et le menton.

Comme le porte-musc le saola marque son territoire en utilisant le musc sécrété par des glandes exocrines : il frotte cette substance pâteuse à l'odeur forte contre les branches et les troncs. Chez le saola, les glandes à musc sont situées dans un repli du museau, et sont parmi les plus volumineuses du règne animal.

Écologie[modifier | modifier le code]

Le Saola est craintif et se cache dans les forêts difficilement accessibles.

Longtemps considéré comme un mythe, il fut découvert lorsque des chercheurs se sont lancés sur ses traces dans les montagnes du nord du Vietnam, entre 1 000 et 1 600 m dans la cordillère annamitique.

Cette zone s’étend de part et d’autre de la frontière entre le Laos et le Vietnam, dans les provinces de Nghe An et Ha Tinh. Cette région est couverte d’une épaisse jungle. Ce n’est qu’en 1994 qu’un chasseur de tortues a finalement capturé par hasard une jeune femelle.

En août 2010 un saola a été capturé par des villageois au Laos, il est mort après quelques jours de captivité. Des experts de l'UICN ont pu récupérer sa dépouille qui est la seule intacte connue[2].

Brun, tacheté de blanc et doté de ses petites cornes, l’animal a été exposé dans un parc botanique de Hanoi. Les autorités l’ont baptisé « Vu quang », du nom d’un parc naturel vietnamien où survivent les derniers spécimens.

Le saola a été chassé par les indigènes à raison d’une cinquantaine de spécimens par an. C’est énorme quand on sait que la population est estimée à quelques centaines. Suite aux premières découvertes, le saola a été étudié et répertorié sous le nom de Pseudoryx nghetinhensis. Pseudoryx car ses cornes ressemblent à celles de l’oryx, nghetinhensis se rapportant à la région où on l’a découvert. Ce bovidé se situe effectivement à mi-chemin entre la chèvre et l’antilope. C’est aujourd’hui l’un des animaux les plus rares qui pourrait bien disparaître si son habitat n’est pas préservé. En effet, personne n'en avait vu depuis 1999, jusqu'à l'apparition de l'un d'entre eux en 2010[3].

Un saloa a été localisé en septembre 2013 dans une réserve des montagnes Annamites, à la frontière avec le Laos, par les scientifiques du WWF qui avaient monté un appareil-photo à déclenchement automatique[7].

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Position phylogénétique[modifier | modifier le code]

Les saolas forment une sous-tribu des Bovini, groupe frère des Bovina[4].

Bovidae 
 Boodontia = Bovinae 
Boselaphini

 (tétracères et nilgauts…)


  
 Tragelaphini 

 (koudous)


 Bovini 

 Bubalina (buffles)


  
 Pseudorygina 

 (saolas)


 Bovina 

 (bisonsbœufs…)






 Aegodontia 

 Antilopes, caprins et ovins




L'espèce et l'homme[modifier | modifier le code]

Le saola, bien que connu de très longue date par les habitants de son aire de répartition naturelle, n'a été identifié par la science officielle qu'en 1992, par la découverte de trophées de chasse (cornes).

Protection[modifier | modifier le code]

Espèce protégée dans la réserve naturelle de Vu Quang au Vietnam.

Ethnologie[modifier | modifier le code]

L'espèce est déjà représentée sur des pendants d'oreilles de la culture Sa Huynh, vieilles d'environ 2000 ans[5], et le nom de saola figure dans un dictionnaire laotien-français de 1912[6].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Le saola a été représenté sur trois timbres du Laos en 1997 (Scott 1366-1368) et sur quatre timbres du Vietnam en 2000 (Scott 2966-2969).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Genre Pseudoryx[modifier | modifier le code]

Espèce Pseudoryx nghetinhensis[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. DUNG, Vu Van, Pham Mong Giao, Nguyen Ngoc Chinh, Do Tuoc, Peter Arctander and John MacKinnon, A new species of living bovid from Vietnam, Nature, 363 (6428) : 443-445.
  2. http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5g6SZYHYf_uAhlbp2bztMyVlLd8bQ
  3. http://www.zigonet.com/saola/un-saola-a-ete-apercu-pour-la-premiere-fois-depuis-1999_art15786.html
  4. Alexandre Hassanin et Emmanuel Douzery, Evolutionary affinities of the enigmatic saola in the context of the molecular phylogeny of Bovidae, 1999.
  5. Reinecke (Andreas), Bi-cephalous animal-shaped ear pendants in Vietnam, Bead Study Trust Newsletter : 5-8 (1996)
  6. Guignard (Théodore), Dictionnaire laotien-français, Hongkong, Imprimerie de Nazareth, 1912.

7.http://www.20minutes.fr/insolite/1249243-20131113-apres-15-ans-mysteres-sorte-grosse-antilope-redecouverte-vietnam, 2013.