Réaction de Shwartzman

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Réaction de Shwartzman
Classification et ressources externes
DiseasesDB 31433
MeSH D012790
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La réaction de Shwartzman, également connue sous le nom de Phénomène de Shwartzman, est une réaction (choc allergique ou endotoxique) rare d'un organisme face à des types particuliers de toxines, dites endotoxines (lipopolysaccharides) ou des polyanions, glycogènes ou complexes antigènes/anticorps[1]. Ces dernières provoquent une surproduction de cytokines qui causent dans ce cas lésions, nécroses et thromboses dans les tissus des zones touchés. On estime que ces phénomènes sont tous plus ou moins liés à la production excessive de cytokines déclenchées par les endotoxines des bactéries Gram-négatives.

La réaction de Shwartzman peut être locale ou généralisée (« systémique »).

Le phénomène de Shwartzman est ainsi nommé[2] en hommage à Grégoire Shwartzman, le médecin qui à l'Hôpital Mount Sinai de New York a été le premier à développer le concept d'hypersensibilité du système immunitaire, dans les années 1920. Sanarelli ayant rapporté des observations proches de celles de Shartzman, on parle aussi parfois de réaction de Sanarelli-Shartzman.

Histoire médicale[modifier | modifier le code]

Shwartzman avait constaté après avoir injecté des bactéries gram-négative dans la peau d'un lapin, que si une seconde dose était injectée par voie intraveineuse 24 h après, une nécrose hémorragique survenait au point (cutané) de la première injection[3].

D'autre part en injectant à 24 h d'intervalle ces microbes (intraveineuse), l'organisme sensibilisé par la première injection produisait une réaction systémique, souvent compliquée par un collapsus circulatoire et une nécrose bilatérale du cortex rénal ou d'éventuelles nécroses dans le pancréas, l'hypophyse, les surrénales et l'intestin, parfois accompagnée d'une coagulation intravasculaire diffuse avec thrombose[3]; On a ensuite montré que des streptocoques, des mycobactéries, haemophilus sp. ou le virus de la vaccine peuvent ainsi préparer la peau à cette réaction[3].

Description[modifier | modifier le code]

Une compensation des effets de la thrombose conduit à un blocage du Système réticulo-endothélial, qui empêche la compensation de la thrombose provoquée par la présence de la toxine, causant une nécrose des tissus.

Le phénomène Shwartzman est habituellement observé chez l'Homme ou l'animal, lors d'accouchements ou avortements, quand des corps ou substances étrangères sont introduits dans les tissus des organes de la reproduction de la femelle.

Cette réaction a été expérimenté avec l'endotoxine produite par Neisseria meningitidis[4].

On a ensuite montré que les réactions allergiques cutanées, ophtalmologiques ou systémiques[5] développée par des lapins de laboratoires « normaux » à des endotoxines produites par des bactéries Gram-négatif sont au moins en partie comparables aux réactions connues d'hypersensibilité aux bactéries (réaction exagérée du système immunitaire quand il est en présence d'une bactérie).

Le phénomène de Shwartzman peut par exemple être reproduit avec la tuberculine, chez des lapins vaccinés par le BCG, ainsi qu'avec des suspensions ou des extraits de streptocoques du groupe A tués par la chaleur, chez des lapins préalablement sensibilisés à ces bactéries.

Ceci suggère que l'activité biologique d'endotoxines pourrait être fondées sur l'existence chez des organismes animaux «normaux» d'une hypersensibilité retardée ou d'une sensibilité de type-tuberculinique face à ces « matériaux ». On a ensuite montré que des streptocoques, des mycobactéries, haemophylus sp. ou le virus de la vaccine peuvent ainsi préparer la peau à une telle réaction.

Ce syndrome peut apparaitre dans le cas de maladies autoimmunes (Lupus par exemple, avec des conséquences éventuellement mortelles[6])

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) P F Hjort, and S I Rapaport, The Shwartzman Reaction: Pathogenetic Mechanisms and Clinical Manifestations ; Annual Review of Medicine Vol. 16: 135-168 (Volume publication date February 1965) DOI: 10.1146/annurev.me.16.020165.001031 (Lien vers l'article, avec 1ère page)
  • Chandler A. Stetson, Jr., Studies on the mechanism of the Shartzman phenomenon similarities between recations to endotoxins and certain reactions of bacterial allergy ; J Exp Med. 1955 March 31; 101(4): 421–436. PMCID: PMC2136473, 1955, Rockefeller Institute for Medical Research New York

Références[modifier | modifier le code]

  1. Shwartzman phenomenon, WD, consulté 2011-08-15
  2. Stedman's Medical Spellchecker, 2006 ; Lippincott Williams & Wilkins
  3. a, b et c Par David K Male,Yvan Roitt, [Immunologie] (voir le chapitre : "Les défenses contre les agents infectieux") (Lien/Google livre)
  4. Mount Sinai Hospital - Firsts in Clinical Immunology
  5. THOMAS L, GOOD RA. Studies on the generalized Shwartzman reaction: I. General observations concerning the phenomenon. J Exp Med. 1952 Dec;96(6):605–624.
  6. Riemekasten G, Ziemer S, Häupl T, Melzer C, Loddenkemper K, Hauptmann S, Burmester GR, Hiepe F., Shwartzman phenomenon in a patient with active systemic lupus erythematosus preceding fatal disseminated intravascular coagulation ; Lupus. 2002;11(4):204-7. (Résumé)