Picatharte du Cameroun

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Picathartes oreas

Description de cette image, également commentée ci-après

Dessin représentant en arrière-plan
un Picatharte du Cameroun,
et un Picatharte de Guinée au premier plan.

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Picathartidae
Genre Picathartes

Nom binominal

Picathartes oreas
Reichenow, 1899

Statut de conservation UICN

( VU )
VU C2a(i) : Vulnérable

Le Picatharte du Cameroun (Picathartes oreas) est une espèce de passereaux appartenant à la famille des Picathartidae.

Il se nourrit surtout d'invertébrés, souvent à la poursuite de colonnes de fourmis, mais également de petits vertébrés comme des grenouilles ou des lézards[1]. Il niche dans des grottes et des falaises rocheuses et a besoin d'un habitat spécifique, comme un surplomb rocheux pour le protéger des éléments et, souvent, d'une rivière saisonnière en contrebas pour le protéger des prédateurs[2]. Il peut occasionnellement nicher dans des structures similaires telles que les contreforts d'arbres et les ponts en béton[3]. Il niche en colonies lorsque les sites de nidification sont limités[2]. Le nid est une tasse faite de boue, d'herbe sèche ou de feuilles. La femelle pond de un à trois œufs, le plus souvent deux[4]. Elle couve pendant 21 à 24 jours, et les petits s'envolent à environ 24 jours. Dans le sud du Cameroun, le nidification a lieu d'août à octobre (avec un pic en septembre)[5], mais ailleurs il niche entre mars et novembre (avec un pic d'août à novembre).

Il est classé comme vulnérable parce que sa population a chuté en dessous de 10 000 oiseaux et est fragmentée en raison de la perte d'habitat. La forêt laisse la place à l'agriculture (champs et plantations de café)[6]. Les perturbations dues aux ornithologues et aux écotouristes venant sur leurs sites de nidification devient une préoccupation croissante.

Description[modifier | modifier le code]

Il a la gorge grise et les parties supérieures grises. Le dessous est d'un orange pâle. La tête a un masque noir, une couronne violette et une tache rouge sur la nuque.

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le Picatharte du Cameroun se nourrit principalement d'invertébrés et de petits vertébrés. Il mange des coléoptères, comme des charançons, des staphylinidés, des taupins du genre Ochodaeus, des papillons, des fourmis des genres Pachycondyla et Dorylus, des sauterelles, des blattes de la famille des Blattidae, des perce-oreilles, des chenilles, des fourmis-lions, des poissons d'argent et des vers de terre. Il consomme aussi de petits lézards, des grenouilles, des escargots et des limaces ainsi que des crabes du genre Potamon, des mousses et des feuilles[7]. Sur un site de nidification l'espèce montrait une préférence pour arthropodes de la faune guanobie, se nourrissant des déjections des chauve-souris, mais cette préférence était moins prononcée sur d'autres sites. Il régurgite une partie de ce qu'il mange sous forme de pelotes de réjection[7].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Le Picatharte du Cameroun vit seul ou en petites colonies de deux à cinq nids, même si une colonie de près de cinquante nids a été observée[8]. Le comportement de parade nuptiale n'est pas connu et l'oiseau est monogame, ne se reproduisant pas avec d'autres individus que son compagnon. Le moment de la ponte dans une colonie n'est pas synchronisé, conduisant à différents stades de développement au sein de la colonie à un moment donné[7]. La nidification serait coopérative en Guinée équatoriale, quatre oiseaux différents ayant été aperçus alimenter un même nid[9].

Répartition[modifier | modifier le code]

Il se reproduit dans le sud du Cameroun, le nord du Nigeria, le Gabon, la Guinée équatoriale et, peut-être, le Congo.

Habitat[modifier | modifier le code]

Cet oiseau se trouve dans la canopée continue, forêt primaire, mais il peut aussi occuper un habitat plus dégradé[10].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Cette espèce a été décrite par Anton Reichenow en 1899 à partir d'un oiseau recueilli près de Limbé, au Cameroun. Il a publié sa description dans Ornithologische Monatsberichte et créé le nom de Picathartes oreas[11]. Le nom de genre, Picathartes, avait été créé par René-Primevère Lesson en 1828, qui y avait déplacé le Picatharte de Guinée depuis le genre Corvus car l'oiseau n'avait pas certaines caractéristiques essentielles des membres du genre Corvus, comme des plumes sur la tête[12]. Le nom générique provient d'une combinaison des noms de genre Pica comprenant des pies et Cathartes comptant des vautours[13],[14]. Depuis leur entrée dans les classifications, les picathartes ont été placés dans plus de cinq familles différentes, dont celle des corbeaux (Corvidae), des étourneaux (Sturnidae), des gobe-mouches de l'Ancien Monde (Muscicapidae), des timalies (Timaliidae) et des fauvettes de l'Ancien Monde (Sylviidae)[15]. Avec le Picatharte de Guinée, ils sont aujourd'hui placés dans une famille qui leur est propre, celle des Picathartidae[16]. Il a également été suggéré, même si cela n'est pas généralement admis, que les deux picathartes représentent les derniers représentants d'un ancien ordre d'oiseaux[8]. Les analyses ADN plus récentes ont montré que les Picathartidae formaient un clade avec les deux chétopses d'Afrique australe formant la famille des Chaetopidae et l'Eupète à longue queue d'Asie du Sud, seul représentant de la famille des Eupetidae. Les études moléculaires suggèrent également que les picathartes ont dérivé de l'ancêtre commun du clade depuis 44 millions d'années. On pense que l'ancêtre de ce clade est originaire d'Australie et que ses descendants se sont répandus vers l'Afrique[17]. Le Picatharte du Cameroun n'a pas de sous-espèces mais pourrait former une super-espèce avec le Picatharte de Guinée, le plumage et les motifs de la face étant les principales différences entre les deux espèces[16].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) C. Hilary Fry, Stuart Keith et Emil K. Urban, The Birds of Africa Volume VI, London, Academic Press,‎ 2000 (ISBN 0-12-137306-1)
  • (en) Russell II Mbah Bian, T. Awa, Paul Kariuki Ndang’ang’a, Roger Fotso, Dieter Hoffmann et Eric Sande, International Action Plan for the Grey-necked Picathartes Picathartes oreas, Nairobi, BirdLife International Africa Partnership Secretariat,‎ 2006 (lire en ligne)
  • (en) Hazell S.S. Thompson, « Family Picathartidae (Picathartes) », dans Josep del Hoyo, Andrew Elliott et David A. Christie, Handbook of the Birds of the World, vol. 12 : Picathartes to Tits and Chickadees, Barcelone, Lynx Editions,‎ 2007 (ISBN 84-96553-42-6)
  • (en) « Species factsheet: Grey-necked Picathartes Picathartes oreas », BirdLife International,‎ 2011 (consulté le 21 février 2012)

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thompson and Fotso (2000)
  2. a et b Tye (1987)
  3. Christy and Maisels (2007)
  4. Bian et al. (2006)
  5. French (2006).
  6. T. Awa in litt. (2007)
  7. a, b et c Fry, Keith et Urban (2000), p. 6
  8. a et b Bian, Awa, Ndang’ang’a et al. (2006)
  9. (en) B. Britten Harter et Matthew H. Shirley, « Notes on breeding and conservation of the Grey-necked Picathartes Picathartes oreas in mainland Equatorial Guinea », Ostrich, Grahamstown, BirdLife South Africa, vol. 78, no 1,‎ 2007, p. 97–100 (lire en ligne)
  10. BirdLife International, consulté le 21 février 2012
  11. Fry, Keith et Urban (2000), p. 4
  12. (fr) René Primevère Lesson, Manuel d'ornithologie ou description des genres et des principales espèces d'oiseaux, vol. IV, Roret,‎ 1828, 374–376 p. (ISBN 1-149-12726-0, lire en ligne)
  13. (en) « Conserving the white-necked Picathartes in Ghana », Earthwatch Institute (consulté le 20 février 2012)
  14. (en) James A. Jobling, The Helm Dictionary of Scientific Bird Names, Christopher Helm,‎ 2010 (ISBN 1-4081-2501-3), p. 305
  15. Thompson (2007), p. 60
  16. a et b Fry, Keith et Urban (2000), p. 1
  17. (en) Knud A. Jønsson, Jon Fjeldså, Per G.P. Ericson et Martin Irestedt, « Systematic placement of an enigmatic Southeast Asian taxon Eupetes macrocerus and implications for the biogeography of a main songbird radiation, the Passerida », Biology Letters, Londres, Royal Society, vol. 3, no 3,‎ 7 juin 2007, p. 323-326 (DOI 10.1098/rsbl.2007.0054, lire en ligne)