Phan Bội Châu

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Phan Boi Chau.jpg

Phan Bội Châu (1867-1940) est un dirigeant nationaliste vietnamien, qui lutta contre les autorités coloniales durant la période de l'Indochine française. En 1903, il a formé une organisation révolutionnaire appelé une « Société de Réforme » (Duy Tân Hội). De 1905 à 1908, exilé au Japon, il écrivait des pamphlets et tracts appelant à la libération du Viêt Nam du joug colonial français. Après avoir été forcé de quitter le Japon sous la pression des Français, il s’est réfugié en Chine où il était influencé par Sun Yat-sen. Là, il a formé un nouveau groupe nommé la "Ligue pour la restauration du Viet Nam" *Viêt Nam Quang Phuc Hôi) suivant le modèle du Parti Républicain de Sun Yat-sen. En 1925, il fut arrêté à Shanghai par des agents de la "Sûreté" française et ramené en Indochine française pour être jugé pour haute trahison et emprisonné à Huê, la capitale impériale, jusqu’à sa mort.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Phan Boi Chau, à droite, en compagnie du prince Cường Để, vers 1907.

Phan Bội Châu est né le 26 décembre 1867 au village de Sào Nam, de père Phan Văn Phổ et de mère Nguyễn Thị Nhàn, lettrés depuis plusieurs générations. À trois ans, la famille Phan a déménagé dans un village voisin et l’enfant Châu apprenait le chinois classique à 5 ans. En 1885, à 16 ans, il a écrit un "Appel à se défaire des Français et recouvrir le Nord" affiché sur les trottoirs et resté sans réponse, mais le mouvement royaliste a soulevé une partie de l’aristocratie vietnamienne. Avec 60 camarades étudiants comme lui, Phan Bội Châu a organisé une "Armée de candidats loyalistes" rapidement écrasée par les Français, par manque d’armes et de fonds. Il a passé les 15 ans suivants à étudier pour les examens triennaux du mandarinat sur des textes confucéens. Suivant la tradition, un mariage a été arrangé entre les familles pour la cohérence sociale et culturelle garante de stabilité, prospérité et longévité et, ainsi, il a épousé à 22 ans Thái Thị Huyên (1866-1936). Ils n’ont pas eu d’enfant. Il a pris une seconde épouse qui lui a donné un fils et une fille.

Alors, adulte, il a pris un profil bas pour la sécurité de sa propre famille et celle de ses parents

Activisme nationaliste au Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Il a recommencé son activisme nationaliste en 1900 après le décès de son père et a passé les prochains 5 années à Huê tout en voyageant à travers le pays pour essayer d’organiser les restes de l’ancien mouvement royaliste et les sympathisants à la cause nationale. Il a, ainsi, créé cette "Association pour la Modernisation du Viêt Nam" (Việt Nam Quang phục Hội) en 1904. Beaucoup plus loin, il y a eu la révolution russe de 1905 qui a échoué et plus proche la Guerre russo-japonaise où une grande puissance occidentale a été battue par une puissance asiatique émergente.

En 1905, l’Association de Modernisation du Viêt Nam a envoyé Phan Bội Châu au Japon pour assistance militaire et pour se procurer des armes. Il réalisa rapidement que l’aide militaire japonaise fut impossible et tourna son attention vers l’entraînement des étudiants vietnamiens au Japon plutôt que l’aide militaire.

En 1909, après son expulsion du Japon, il alla à Hong Kong avec le prince Cuong De. Là, il fit des plans pour une levée de fonds et amena en Thaïlande des étudiants vietnamiens du Japon, maintenant dispersés. Il avait l’idée d’établir une base en Thaïlande qui a été contrariée. Les nouvelles d’un soulèvement armée au Viêt Nam mené par Hoang Ha Tam lui ont fait rassembler ses camarades à Hong Kong et envoyer deux agents au Japon acheter 500 fusils militaires "Arisaka" bdu type 30, mais il n’avait plus d’argent pour les envoyer au Viêt Nam par contrebande. Nous sommes dans les intrigues décrites par André Malraux dans "La condition humaine" et "Les conquérants". Alors, il alla en Thaïlande pour demander au gouvernement de l’aider et le Ministre des Affaires Étrangères a refusé par crainte d’un incident diplomatique majeur avec la France. Après cet échec Phan Bội Châu retourna à Hong Kong et attendre de ramasser l’argent pour faire passer les armes, l’argent qui n’est jamais arrivé par la mort de l’organisateur de la levée de fonds. Alors, il a repassé ses 480 fusils aux forces de Sun Yat-sen et les 20 restants ont pu passer en Thaïlande par contrebande.

Phan Bội Châu a passé les 6 premiers mois de 1910 à mendier et vendre des livres sur le trottoir et fréquenter des tavernes où il a rencontré une vieille dame gentille du nom de Chau Polin qui a accepté d’héberger tout le mouvement révolutionnaire chez elle jusqu’à l’arrivée des fonds qui lui a permis de retour en Thaïlande en novembre de 1910 où le groupe pouvait s’installer dans une ferme. D’aventures révolutionnaires en aventures révolutionnaires, de la Chine à la Birmanie avec les polices coloniales aux trousses, de passage à travers toutes les tendances nationalistes, Phan Bội Châu arriva à être en liaison avec les socialistes. Avec la Ligue pour la Restauration du Viêt Nam, il est arrivé à écrire un livre sur les stratégies et règles militaires à concevoir un drapeau du Viêt Nam qui n’a jamais existé auparavant. Ce drapeau a inspiré le drapeau vietnamien de 1945 à aujourd’hui : une étoile jaune à 5 pointes sur fond rouge.

Phan Bội Châu était partisan de la lutte armée et Phan Châu Trinh préconisait la voie pacifique. Hô Chi Minh a su combiner les deux stratégies où la fortune des armes sert d'argument favorable aux négociations de paix, comme celles des Accords de Genève en 1954 et des Accords de paix de Paris en 1973.

Relations avec les Socialistes[modifier | modifier le code]

Au début de 1921 Phan Bội Châu a étudié le socialisme et l’Union soviétique dans l’espoir de gagner son appui et celui des socialistes. Il a traduit en chinois le livre "An Account of the Russian Revolution" du Japonais Fuse Katsuii. Il vint, alors, à Pékin pour rencontrer les représentants Voitinski et Lap répondait par l’acceptation de formation et d’entraînement de tout vietnamien envoyé par lui à condition de s’engager dans la révolution sociale au Viêt Nam après. Lap voulait connaître plus sur la situation politique au Viêt Nam, Car Phan Bội Châu était le premier révolutionnaire vietnamien rencontré. Le militant Nguyễn Ái Quốc, délégué du "Komintern" pour les questions coloniales était si discret dans son travail qu’il ne pouvait être connu des fonctionnaires soviétiques, même s’il était le conseiller de Borodine et ensuite de Mao Zedong avant d’apparaître sous le nom de Hồ Chí Minh plus tard, lorsque le Viêt Nam est né le 2 septembre 1945 à Hanoï, sur la place Ba Dinh, par la déclaration d’indépendance, sans oublier les sources d’inspiration.

Correspondance avec Hồ Chí Minh[modifier | modifier le code]

Image commémorative

En automne, Nguyễn Ái Quốc est revenu de Moscou à Canton et Phan Bội Châu a correspondu avec lui à plusieurs reprises sur le programme d’une nouvelle organisation et d’autres sujets de la sorte. De toutes les tendances et organisations patriotiques, le PCI (Parti Communiste Indochinois) de Nguyễn Ái Quốc a été le plus effectif dans ses réalisations par rapports à ses intentions, le plus efficace dans les coûts de différentes natures en regard des réalisations et le plus efficient dans les peines consenties pour les satisfactions obtenues.

Capture Finale[modifier | modifier le code]

En 1925, Phan Bội Châu arriva à Shanghai pour un court voyage au nom de son mouvement et il fut de suite arrêté par les agents français et ramené à Hanoi. Il a été trahi par Nguyen Thuong Huyen avec qui a vécu et qu’il a soutenu. La Sûreté française a été mise au courant de toutes les idées et activités de Phan Bội Châu. Il a été mis en prison à Hanoï sans que son nom fut connu pour éviter une émeute, mais bientôt le secret a été percé. Une cour criminelle a été formée pour reprendre le jugement par contumace de 1913. Les crimes étaient l’incitation au meurtre et la fourniture des armes offensives pour commettre des meurtres a deux occasions : l’assassinat d’un gouverneur "annamite" le 12 avril 1913 et deux officiers français le 28 avril 1913. Il a été condamné l’emprisonnement perpétuel et relâché le 24 décembre 1925 par le Gouverneur Général de l’Indochine française Alexandre Varenne sous la pression de l’opinion publique.

Ensuite, il a été en résidence surveillée à Huê chez Nguyen Ba Trac qui était un membre du mouvement de Phan Bội Châu et ensuite devenu un membre actif de la collaboration avec les Français. Ainsi surveillé de près, aucune visite de ses admirateur ne fut possible. Des protestations de plus en plus nombreuses ont obligés les autorités coloniales à le transférer dans une maison organisée par ses partisans où il pouvait recevoir ses admirateurs, ses enfants et ses petits-enfants.

En 1926 quand Phan Châu Trinh mourut, Phan Bội Châu a présidé le service funèbre à Huê. Il a passé ses dernières 15 ans dans la quiétude de Huê et mourut le 28 octobre 1940 lorsque l’armée japonaise entrait et occupait toute l’Indochine française.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Yves Le Jariel, "Phan Boi Chau (1867-1940), Le nationalisme vietnamien avant Ho Chi Minh", L'Harmattan, 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]