Phan Bội Châu

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Phan Boi Chau.jpg

Phan Bội Châu (1867-1940), fut la plus haute figure du nationalisme vietnamien avant Ho Chi Minh. D'abord rallié à la monarchie vietnamienne en la personne du prince Cong De, il devint républicain sous l'influence de Sun Yat-sen. En 1925, il fut arrêté à Shanghai par des agents de la « Sûreté » française et ramené en Indochine française où il fut jugé et condamné, avant d'être gracié par le gouverneur Varenne et placé en résidence surveillée à Huê,où il mourut en 1940.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Phan Boi Chau, à droite, en compagnie du prince Cường Để, vers 1907.

Phan Bội Châu est né le 26 décembre 1867 au village de Sào Nam. Son père Phan Văn Phổ était d'une famille de lettrés depuis plusieurs générations. . En 1885, à 16 ans, il rédigea un "Appel à se débarrasser des Français et reprendre les provinces du Nord". Après une tentative insurrectionnelle dont les détails restent obscurs, il passa les 15 années suivantes à préparer les examens triennaux du mandarinat. Suivant la tradition, dans la cadre d'un mariage arrangé par sa famille, il épousa à 22 ans Thái Thị Huyên (1866-1936)avec laquelle il n'eut pas d'enfant.

Activisme nationaliste au Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Il reprit ses activités militantes en 1900, après le décès de son père, passant les cinq années suivantes à Huê tout en voyageant à travers le pays pour essayer de regrouper les survivants de l’ancien mouvement insurrectionnel royaliste . En 1903, Phan fit la connaissance de Cường Để, le descendant direct du prince Canh, le fils aîné descendant de Gia Long, le fondateur de la dynastie des Nguyen. Le prince avait été élevé par son père dans un esprit de résistance aux conquérants français. Il approuva donc sans réserve les idées de libération nationale que Phan exprima dans son livre Luu Cau Huyet Le Tan Thu ( Lettres des Ryukus écrites avec des larmes de sang). Les deux hommes créèrent, en 1904, l'Association pour la Modernisation du Viêt Nam (Việt Nam Quang phục Hội).

Exil au Japon, puis au Siam et en Chine[modifier | modifier le code]

En 1905, la nouvelle de la défaite d'une puissance européenne, la Russie, par une puissance asiatique, le Japon, contribua à renforcer la confiance des révolutionnaires vietnamiens. Cette même année 1905, l’Association de Modernisation du Viêt Nam envoya Phan Bội Châu au Japon rechercher un appui financier et militaire. Cuong-De le rejoignit ; ensemble, ils appelèrent la jeunesse patriote de leur pays à les suivre. Ce fut le mouvement dong-du qui vit des centaines de jeunes vietnamiens partir en exil au Japon, auprès d'eux. Le lettré chinois Liang Qichao, lui-même en exil au Japon, le présenta à divers hommes politiques influents, et notamment Okuma, un ancien premier ministre. Phan Boi chau réalisa assez rapidement que l'aide japonaise, financière et militaire, ne lui serait accordée que dans la mesure où cela servirait les ambitions propres du Japon. Suivant les conseils de Liang Qichao, Phan écrivit plusieurs livres, dont Histoire de la perte du Vietnam (Viet Nam Vong Quoc Su).

En 1909, après son expulsion du Japon, suite à des demandes pressantes des autorités coloniales françaises auprès du gouvernement japonais, Phan Boi Chaul se rendit à Hong Kong avec le prince [Cường Để],levant des fonds destinés à amener en Thaïlande les étudiants vietnamiens expulsés du Japon . Son objectif était de créer près de Bangkok une base d'appui aux actions révolutionnaires qu'il déclencherait au Vietnam. Mais le gouvernement thaïlandais, soucieux de conserver de bonnes relations avec la France, se refusa à véritablement soutenir ce projet. Dès lors Phan Boi Chau, apprenant le succès de la révolution chinoise de Sun Yat Sen en 1911, décida de s'établir en Chine.

En 1913, des patriotes vietnamiens déclenchèrent une série d'actions au Vietnam dont la plus importante,à Hanoï,fut un attentat qui coûta la vie à deux officiers français. Si Phan Boi Chau ne fut pas l'organisateur de cette campagne, il en fut l'instigateur. Ces opérations terroristes cessèrent en 1914 lorsque Phan et nombre de ses compagnons furent arrêtés en Chine par le seigneur de la guerre Long Jiguang. Les patriotes vietnamiens ne recouvrèrent leur liberté qu'en 1917.

Phan Bội Châu, partisan de la lutte armée s'opposa à [Phan Châu Trinh]] qui préconisait une lutte politique pacifique pour obtenir l'indépendance du Vietnam. Mais en 1919, contacté par les Français, Phan envisagea un court moment de négocier avec les Français une transition progressive pacifique vers l'indépendance. L'élimination de son compagnon Phan Ba Ngoc qui supportait cette politique de "soumission' mit fin à ces véléités de rapprochement.

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Image commémorative

Capture Finale[modifier | modifier le code]

En juin 1925, Phan Bội Châu, au cours d'un voyage qui devait l'amener à Canton, fut arrêté à sa descente du train à Shanghai par des agents français et ramené à Hanoi. On crut longtemps que l'espion qui le trahit et permit son arrestation était Nguyen Thuong Huyen qui avait résidé chez lui. On sait désormais que cet espion fut un certain Yen Dan, dénommé également Ly Trong Ba. La Sûreté française l'avait introduit au domicile de Phan Bội Châu pour espionner ses activités.

Bien que Phan ait été condamné à mort par contumace en 1913 pour les attentats commis à Hanoi, les autorités coloniales décidèrent de le rejuger. Condamné l’emprisonnement perpétuel, il fut gracié le 24 décembre 1925 par le nouveau Gouverneur Général de l’Indochine française Alexandre Varenne.

Maintenu d'abord en résidence surveillée à Huê chez Nguyen Ba Trac un ancien compagnon de lutte qui s'était rallié aux Français, Phan Boi Chau sur le conseil de Ngo Duc Ke, quitta Ba Trac. Il fut maintenu dès lors sous une surveillance très stricte qui ne lui laissait que peu de possibilité d'expression ou d'action. Phan déjouait cependant la surveillance des Français en recevant ses amis sur un sampan qui lui permettait de s'exprimer à l'abri des mouchards.

En 1926 quand Phan Châu Trinh mourut, Phan Bội Châu présida le service funèbre à Huê. Passant ses dernières années à Huê où il continuait de recevoir des amis patriotes comme Ngo Duc Ke, il mourut le 28 octobre 1940.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Yves Le Jariel, "Phan Boi Chau (1867-1940), Le nationalisme vietnamien avant Ho Chi Minh", L'Harmattan, 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]