Phalaris (tyran)

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Phalaris (en grec ancien Φάλαρις) était un tyran d'Acragas (maintenant Agrigente), en Sicile, entre approximativement 570 et 554 av. J-C. Il assura la prospérité de sa ville[1]. Il prit le pouvoir avec une telle cruauté qu'il a laissé la légende du taureau d'airain où il faisait rôtir ses victimes.

Phalaris condamnant le sculpteur Perillos au supplice du taureau d'airain

Histoire[modifier | modifier le code]

Pour plus d'informations voir : Taureau d'airain

« Pérille s'adressa à lui, et lui offrit un taureau d'airain auquel le feu mis dessous, rôtissait les pauvres patients qu'on y enfermait : Mais par le commandement du Tyran, ce gentil ouvrier porta premier la peine du tourment qu'il voulait faire aux autres endurer. Le peuple aussi ne pouvant plus souffrir la trop inhumaine cruauté de Phalaris, lui courut après, l'ayant enclos dans ce taureau, après lui avoir premièrement coupé la langue, lui firent tout vif consommer les derniers jours de sa vie. »

— Maurice de La Porte, Les Épithètes, 1571.

Phalaris fut chargé de construire le Temple de Zeus Atabyrius, sur l'île de Rhodes. Il profita de cette occasion pour s'auto-proclamer despote. Sous son règne, la ville devint très prospère. Il fit arriver l'eau dans la cité, construisit de jolis bâtiments et l’entoura de grands murs. Sur la côte ouest de l'île, le peuple d'Himère l’élut général et lui donna les pouvoirs absolus, en dépit des avertissements du poète Stésichore. Selon le Souda, il parvint à se proclamer maître de toute l'île. À la fin, il fut renversé suite à une insurrection menée par Telemachus, l’ancêtre de Théron d'Acragas. Selon Valère Maxime, il fut lapidé par son peuple[2], qui le fit brûler dans son propre taureau d'airain.

Phalaris était renommé pour son excessive cruauté. Le cannibalisme figurait parmi ses atrocités présumées : on disait qu'il mangeait des bébés qui tétaient encore le sein de leur mère.

Dans son taureau d'airain, inventé par Perillos d'Athènes, les victimes du tyran étaient enfermées et "grillées" vivantes par un feu allumé en-dessous. Leurs cris perçants rappelaient à Phalaris les mugissements du taureau. La légende dit que le sculpteur Perillos fut la première victime de sa propre invention.

L'histoire du taureau ne peut pas être considérée comme une pure invention. Pindare, qui a vécu moins d'un siècle après les faits, associa expressément cet instrument de torture au nom du tyran.

Il y avait certainement un taureau d'airain à Agrigente qui fut emmené à Carthage par les carthaginois. Il aurait été pris plus tard par Scipion l'Africain et rendu à Agrigente vers 200 avant J-C. Cependant, il est plus probable que ce soit Scipion Émilien qui retourna le taureau et d'autres œuvres d'art volées à leurs villes d'origine en Sicile, après avoir totalement détruit Carthage vers l'année 146 avant J-C, fait qui marqua la fin de la Troisième guerre punique.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Werner Jaeger, Paideia, La formation de l'homme grec, Gallimard, coll. Tel, 1988, p. 271.
  2. Valère Maxime, Actions et paroles mémorables, III, 3, 2.