Paul Warburg

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Paul Warburg
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Paul Moritz Warburg, né à Hambourg le et mort à New York le , est un banquier germano-américain, surtout connu pour son rôle dans la création de la Réserve fédérale des États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Warburg est né à Hambourg dans une famille de banquiers juifs dont les descendants sont toujours en activité aujourd'hui. Ses parents étaient Moritz et Charlotte (Esther) Warburg. Son père était à la tête de N.M. Warburg & Compagny, qui avait été fondée par l'arrière grand père de Paul en 1798 et qui était l'une des plus anciennes et des plus importantes banques juives d'Europe. Diplômé du Realgymnasium à Hambourg en 1886, il entra au service de Simon Hauer, un importateur et exportateur de Hambourg, afin d'apprendre les fondamentaux de la pratique des affaires. Puis il travaillera pour Samuel Montague & Company, banquiers à Londres, en 1889-1890 et pour la Banque Russe pour le Commerce Étranger à Paris en 1890-1891.

En 1891, Warburg entre dans la banque familiale MM Warburg & Company, qui avait été fondée en 1798 par son arrière-grand-père. Il interrompt son travail pour entreprendre un tour du monde durant l'hiver 1891-1892. Warburg est admis en tant que partenaire dans l'entreprise familiale en 1895.

Le 1er octobre 1895, Warburg se marie à New-York à Nina J. Loeb, fille de Salomon Loeb, fondateur de la banque d'investissement new-yorkaise Kuhn, Loeb & Co.

Bien que déjà acteur majeur dans la finance allemande, Warburg, après de fréquents voyages d'affaires à New York, décida de s'y installer en 1902 en tant que partenaire de Kuhn, Loeb & Company, où le beau-frère de sa femme, Jacob Schiff, était associé principal. Warburg demeura partenaire dans l'entreprise familiale à Hambourg, mais devint citoyen américain en 1911, il a été décoré par le Kaiser en 1912.

Warburg est élu administrateur de la Wells Fargo & Company en février 1910. Il en démissionne en septembre 1914 après sa nomination au conseil d'administration de la Réserve fédérale, et Jacob Schiff est élu à son siège au conseil de Wells Fargo.

Paul Warburg est surtout connu comme étant le principal promoteur de la Réserve fédérale des États-Unis. Pour décrire son projet de commission monétaire qui donna naissance à la Réserve Fédérale il écrit : « Le plan de la commission monétaire relève des conceptions de la banque d’Angleterre, qui confie l’entière gestion aux mains des hommes d’affaires sans concéder au gouvernement une part quelconque dans la gestion ou le contrôle. L‘argument fort de cette théorie est que l’activité de la banque centrale, comme celle de toute autre banque, est fondée sur le crédit et que l’évaluation des crédits est une affaire qui doit être laissée entre des mains expertes, et que le gouvernement doit être tenu à l’écart des affaires. Le projet est à cet égard davantage en ligne avec la Banque de France et la Reichsbank, dont le président et le conseil d’administration sont dans une certaine mesure nommés par le Gouvernement. Ces banques bien qu’elles constituent des sociétés de droit privé, sont des organismes semi gouvernementaux dans la mesure où elles sont autorisées à émettre des textes officiels - comme dans la plupart des Etats à l’exclusion de l’Angleterre – et dans la mesure où elles sont gardiennes de la quasi-totalité des réserves d’or du pays et dépositaires des fonds de l’Etat. De plus en matière de politique nationale, le gouvernement dépend de la bonne volonté et de la coopération loyale de ces organes centraux ».

En 1907, il publie les pamphlets Défauts et besoins de notre système bancaire et Plan pour une Banque centrale modifiée. Ses efforts portent leur fruit en 1913 avec la fondation de la Réserve fédérale. Il est nommé membre du premier conseil de la Réserve fédérale par le président Woodrow Wilson, y restant jusqu'en 1918.

Il proposera sa démission en juin 1918, après l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Allemagne. Elle sera acceptée au motif que son frère allemand, Max Warburg, après avoir pris les commandes de la banque familiale, était devenu conseiller du chancelier allemand Guillaume II.

Il est devenu directeur du Council on Foreign Relations à sa fondation en 1921, restant dans son conseil d'administration jusqu'à sa mort. De 1921 à 1926, Warburg a été membre du conseil consultatif de la Réserve fédérale, à titre de président du conseil consultatif en 1924-26. Il était aussi un administrateur de l’Institute of Economics fondé en 1922. Quand celui-ci est fusionné dans la Brookings Institution en 1927, il devient un fiduciaire de cette dernière, et ce jusqu'à sa mort. De 1921 à 1929, il organisa trois des plus gros trusts des Etats Unis : La Banque d'Acceptation Internationale, la plus grosse banque d'acceptation du monde, Agfa Ansco Film Corporation, dont le siège se trouvait en Belgique, et, I.G. Farben Corporation, dont Warburg installa la branche américaine sous le nom d'I.G. Chemical Corporation. Westinghouse Corporation est également l'une de ses créations.

Warburg, dès mars 1929, soulignera les dangers de la spéculation boursière effrénée aux Etats-Unis qui aura pour conséquence la célèbre crise financière de 1929, qui avait été causée, selon Milton Friedman, par la Réserve Fédérale.

Il a encouragé la coopération culturelle américo-allemande, aidant la Carl Schurz Memorial Foundation en 1930 et restant son trésorier de mai 1930 jusqu'à sa mort. Il a également apporté des contributions substantielles à la Bibliothèque Warburg à Hambourg, fondée par sa famille et a donné à Heidelberg une des salles de l'Université, connue sous le nom de Maison de l'Amérique. Et il a fait des dons généreux à l'Académie de sciences politiques de Berlin.

Il était le frère de Max Warburg, de Felix Warburg et de l'historien de l'art, Aby Warburg. Son fils était James Warburg. Il cherchera à instituer une banque centrale mondiale[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stephen Birmingham, Our Crowd, Pocket Books, 1977
  • Ron Chernow, The Warburgs, Random House, 1993
  • Theresa M. Otto Collins, Kahn - Art, Money & Modern Time, The University of North Carolina Press, 2002
  • Kuhn, Loeb & Co, Kuhn, Loeb & Co. A Century of Investment Banking, New York, 1967
  • Loeb Kuhn & Co, Kuhn Loeb & Co. Investment Banking Through Four Generations, 1955
  • Eustace Mullins, Les Secrets de la Réserve Fédérale, 1952. Le retour aux sources, Editions Scribedit, 2010, Broché 438 pages, (ISBN 2355120315 et 978-2355120312)
  • Antony Sutton, Wall Street and the rise of Hitler, The astonishing true story of the American financers who bankrolled the nazis, Published by Clairview, 2010.
  • Paul M. Warburg, The Federal Reserve System, The Macmillan Company, 1930.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Attali, Un homme d'influence : Sir Sigmund Warburg 1902-1982, Éditions Fayard, 1985, p.171

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]