Paul Goodman

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Paul Goodman, né en 1911 à New York et mort le 2 août 1972 dans le New Hampshire un mois avant ses 61 ans, est un écrivain et penseur américain, conseiller politique de la gauche américaine des années 1960. Ce chercheur universitaire, spécialiste de l'histoire de l'Amérique populaire, a été un poète, un romancier, un auteur de théâtre, un essayiste, un éducateur et un moraliste anarchiste. Féru de philosophie et d'études sociales, comme de cultures étrangères, d'expressions corporelles et de théâtre, il est aussi l'un des fondateurs de la Gestalt-thérapie.

Un écrivain anarchiste et un poète original[modifier | modifier le code]

Le poète dans son opus Feu rouge distille des vers inspirés du théâtre nô japonais. On imagine la provocation larvée en pleine guerre mondiale pendant la période d'internement autoritaire des ressortissants américains d'origine nippone. L'écrivain est d'abord parvenu à se faire publier par des nouvelles fantaisistes et originales. Ainsi Toute la vérité en 1946. Il a livré des romans insolites à connotation critique : Piano à queue en 1942 et État de nature en 1946.

Le philosophe de la culture populaire et penseur universitaire a rédigé de nombreux essais. Avec son frère Percival, Paul a fait paraître en 1947 Communitas, essai sur l'idée communautaire qui valorise la liberté de ses membres, à condition qu'ils servent par une conscription limitée dans le temps les structures régulatrices et garantes de l'ordre public et religieux. Le public français a mieux connu surtout son regard sur l'art et la littérature : L'Art et la nature sociale, paru en 1946 et La structure de la littérature, publié en 1954. La traduction française a systématiquement shunté son œuvre d'illustration, de présentation et de défense de la culture populaire américaine face au règne de l'idéologie, en particulier face à ses formes appliquées comme le socialisme ou le libéralisme, le colonialisme ou le capitalisme.

Un universitaire thérapeute et un penseur politique[modifier | modifier le code]

Paul est un thérapeute croyant et assidu, cofondateur de la Gestalt-thérapie aux États-Unis. Il a notamment enseigné à l’Institut new-yorkais de gestalt-thérapie créé par Frederick Perls entre 1952 et 1954 et à celui de Cleveland (Ohio).

Malgré une quarantaine d'ouvrages majeurs et une longue liste de publications, de la plus fantaisiste à la plus sérieuse, de la plus spirituelle à la plus engagée, la reconnaissance, qui lui est dérobée jusqu'alors, parvient avec la publication de son opus Growing up absurd en 1960. Elle lui apporte en fin de vie une dizaine d'années de renommée méritée et savourée sans prétention. Ainsi, restant abordable et accessible, Paul Goodman prend place parmi les maîtres universitaires les plus consultés par la nouvelle gauche américaine et devient un des inspirateurs des courants contestataires qui morcellent durant les années soixante-dix la société aux États-Unis.

Cet universitaire, méconnu en Europe, et ceci même par sa démarche psychologique et la valorisation des valeurs populaires américaines dont il se réclame, a mené des observations pénétrantes sur la manière dont la société américaine, qui n'est qu'une fraction outre-atlantique de la société occidentale, abaisse et pervertit ses institutions, en particulier son école, et sape ainsi pour le profit d'une minorité favorisée, le développement humain.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Poésie :

  • Feu rouge, 1941
  • Faits de vie, 1945.

Nouvelles :

  • Toute la vérité, 1946.
  • Adam et son boulot, 1968.

Théâtre :

  • Le jeune disciple
  • Faustina
  • Jonah
  • Pièces cubiques

Romans :

  • Piano à queue, 1942 (opus 1, The Empire City)
  • État de nature, 1946 (opus 2, The Empire City)
  • La fin du printemps, 1950 (opus 3, The Empire City)
  • The Empire City (1941-1958)
  • Making do, 1963

Essais :

  • L'Art et la nature sociale, 1946
  • La prière de Kafka, 1947.
  • Gestalt thérapie, 1951.
  • La structure de la littérature, 1954
  • Growing up absurd, 1960.
  • Essais utopiques et propositions pratiques, 1962.
  • Graines de libération, 1964.
  • De l'ambigüité morale de l'Amérique, conférences Massey, 1966.
  • Du parler quotidien et de la langue : défense de la poésie, 1971.

Postérité[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu d’Anarchopedia.
  • Roberto Espejo, Paul Goodman et la critique en éducation : vers une pédagogie critique existentielle, Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation sous la direction de Jean-Louis Le Grand, Université Paris-VIII, 2011, résumé en ligne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stephen Bronner, Weill Claudie. La Nouvelle Gauche : une expérience socio-culturelle, L'Homme et la société, n°93, 1989, La gauche contemporaine aux États-Unis : mouvements d'hier et pensée d'aujourd'hui, page 52.