Partis politiques de Papouasie-Nouvelle-Guinée

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Politique en Papouasie-Nouvelle-Guinée

La Papouasie-Nouvelle-Guinée est une démocratie multipartite, ou coexistent de multiples partis politiques, accédant au pouvoir en alternance par le biais d'élections. Le grand nombre de partis signifie que les gouvernements se forment systématiquement par des coalitions.

La politique en Papouasie-Nouvelle-Guinée ne s'articule pas autour de grands partis structurés, ayant une réelle base populaire et militante, ni un réel positionnement idéologique qui les distinguerait clairement les uns des autres. Les partis tendent à avoir un ancrage régional ; aucun n'opère sur la totalité du territoire national. En outre, en l'absence de base militante, les partis n'ont que peu de signification concrète hors période électorale et en dehors du Parlement. Beaucoup sont éphémères[1]. Par ailleurs, de nombreux élus sont sans étiquette. Lors d'un sondage en 1987, seuls 4,8 % des électeurs indiquaient prendre en compte le parti du candidat pour lequel ils votaient[2].

En conséquence, les gouvernements sont formés de larges coalitions souvent instables, composées de multiples partis n'ayant chacun qu'un petit nombre de députés. Les députés « changent souvent de parti plus d'une fois durant une législature »[3]. Il est courant que les coalitions se disloquent, entraînant des changements de majorité au Parlement, et donc la chute du gouvernement. Depuis l'indépendance en 1975, seuls deux gouvernements, tous deux dirigés par le premier ministre Sir Michael Somare, ont pu conserver le pouvoir pendant toute la durée d'une législature (1972-1977, et 2002-2007), et être réélus[2].

Début 2012, alors que la huitième législature (2007-2012) touchait à sa fin et que les élections législatives approchaient, trente-trois partis politiques étaient officiellement recensés, dont quatorze avaient au moins un député au Parlement national[4],[5]. Parmi ces derniers, les plus conséquents sont les suivants.

Parti de l'alliance nationale[modifier | modifier le code]

Ayant obtenu vingt-sept députés aux élections législatives de 2007 (alors qu'aucun autre parti n'en avait plus de sept)[6], il en comptait quarante début 2012[4], ayant su attirer des députés d'autres bords en cours de législature. Ce parti est celui de Sir Michael Somare, premier ministre de 2002 à 2011.

En octobre 2011, toutefois, le parti se scinda, entre les membres demeurés fidèles à Somare, destitué par le Parlement en août, et ceux ayant rejoint le gouvernement du nouveau premier ministre Peter O'Neill[7],[8]. En janvier 2012, le ministre des Finances Don Polye, à la tête d'une faction dissidente du Parti de l'alliance nationale, quitta ce dernier avec les députés qui le soutenaient, et fonda le Parti rural du triomphe, du patrimoine et de la responsabilisation (Triumph Heritage Empowerment Rural Party, ou T.H.E. Party). Ce nouveau parti se voulait fondé sur les valeurs chrétiennes et l'importance de la famille. Le jour de son lancement, le 23 janvier, il comptait vingt-deux députés, dont neuf ministres, principalement élus sous l'étiquette de l'Alliance nationale. Polye annonça que le Parti de l'alliance nationale n'existait plus, bien qu'en réalité il existât encore, composé de la faction fidèle à Somare[9],[10].

Congrès national populaire[modifier | modifier le code]

Ce parti obtint quatre députés aux élections de 2007[6], mais a su en attirer d'autres en cours de législature, pour en avoir quatorze début 2012[4]. C'est le parti de Peter O'Neill, premier ministre depuis août 2011. C'était également le parti de Bill Skate, premier ministre de 1997 à 1999[2].

Parti de la Papouasie-Nouvelle-Guinée[modifier | modifier le code]

Le parti obtint sept députés aux élections de 2007[6], et en avait officiellement neuf début 2012[4], mais en revendiquait vingt-cinq. Parmi ses membres, le vice-premier ministre Belden Namah, et l'ancien premier ministre Mekere Morauta[11].

Parti de l'union de la Papouasie et de la Nouvelle-Guinée[modifier | modifier le code]

Mieux connu sous le nom de "Pangu Pati" (Papua and Niugini Union Pati en tok pisin), c'est le plus vieux parti du pays, établi en amont des élections législatives de 1968, les premières du pays, pendant la période coloniale, alors que s'amorçait un début d'autonomie de la colonie. Le parti y obtint dix sièges sur quatre-vingt-quatre, les autres sièges étant obtenu par des indépendants ou bien par des candidats du Parti démocratique chrétien unifié, éphémère. Les fondateurs du parti étaient une « élite bureaucratique éduquée », dont les soutiens populaires se limitaient essentiellement aux provinces du Sepik oriental et de Morobe ainsi qu'à la capitale, Port Moresby. Le parti militait pour une accélération des préparatifs vers l'indépendance, et son chef, Michael Somare, prit la tête en 1972 d'un gouvernement de coalition qui amena le pays à l'indépendance[1]. Somare demeura à la tête du pays jusqu'en 1980, avant de retrouver le pouvoir de 1982 à 1985. Rabbie Namaliu, premier ministre de 1988 à 1992, était également membre du Pangu Pati, tout comme Chris Haiveta, vice-premier ministre de 1994 à 1999[2].

Le parti n'a aujourd'hui (début 2012) que trois députés : Andrew Kumbakor, Philemon Embel et Francis Marus[4].

Parti de l'action populaire[modifier | modifier le code]

Cinq députés début 2012[4]. Le parti a obtenu le poste de vice-premier ministre à deux reprises, avec Ted Diro de 1988 à 1992, puis John Pundari de 1999 à 2002[2].

Parti du progrès populaire[modifier | modifier le code]

Ce parti est l'un des plus anciens. Il est né en 1970, et fit partie du gouvernement de coalition qui, au cours de la législature de 1972-1977, mena le pays à l'indépendance. Le fondateur du parti, Julius Chan, fut vice-premier ministre de 1972 à 1980, puis premier ministre de 1980 à 1982, vice-premier ministre à nouveau de 1985 à 1988 et de 1992 à 1884, puis premier ministre une seconde fois de 1994 à 1997. Chan demeure député du parti début 2012. Un autre membre du parti, Allan Marat, fut un temps vice-premier ministre sous Michael Somare à partir de 2002 ; Marat n'est toutefois plus membre du parti[1],[2].

Début 2012, le parti avait trois députés[4].

Parti des ressources unies[modifier | modifier le code]

Ce parti était le principal appui du gouvernement de coalition mené par le Parti de l'alliance nationale jusqu'en en août 2011[12]. Début 2012, il avait douze députés[4].

Autres[modifier | modifier le code]

En janvier 2012, les partis suivants étaient également représentés au Parlement[4] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) R.J. May, State and society in Papua New Guinea: the first twenty-five years, Université nationale australienne, 2004, ch.6 : "Class, Ethnicity, Regionalism and Political Parties"
  2. a, b, c, d, e et f (en) "The ‘Fluid’ Party System of Papua New Guinea", Henry Okole, Centre for Democratic Institutions, Université nationale australienne, 2001
  3. (en) "Papua New Guinea country profile", Commonwealth des Nations
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) "Political Party Information", Papua New Guinea Integrity of Political Parties & Candidates Commission, 13 janvier 2012
  5. (en) "Record number of parties contest PNG election", Post Courier, 6 décembre 2011
  6. a, b et c Papouasie-Nouvelle-Guinée : élections de 2007, Union inter-parlementaire
  7. (en) "National Alliance party sack 12 parliamentarians, leader calls on party executives to resign", Pacific Islands News Association, 14 octobre 2011
  8. (en) "Polye splits National Alliance party, forms new group to contest 2012 polls", Islands Business, 17 janvier 2012
  9. (en) "PNG’S défunt ruling party reforms as 'T.H.E. Party'", The National, 23 janvier 2012
  10. (en) "New PNG political party to focus on strengthening family unit", Radio New Zealand International, 24 janvier 2012
  11. (en) "Namah confident of forming government", The National, 24 janvier 2012
  12. (en) "PNG's acting leader sacks key ministers", The Australian, 8 juin 2011
  13. (en) "The Death OF Joe Mek Teine", Post Courier, 26 avril 2011