Michael Somare
Sir Michael Thomas Somare (né le 9 avril 1936 à Rabaul[2]) est un homme politique papou-néo-guinéen membre du Parti de l'alliance nationale (National Alliance Party). Il a été Premier ministre à trois reprises, de 1975 à 1980, de 1982 à 1985 et de 2002 à 2011.
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Débuts : avant l'indépendance[modifier]
Né à Rabaul en 1936, il est éduqué tout d'abord dans une école primaire dirigée par les forces d'occupation japonaises pendant la Seconde Guerre mondiale. Il y apprend à lire, écrire et compter en japonais.
En 1957, il obtient un diplôme d'enseignant, et commence à enseigner au primaire et au collège.
Dans les années 1960, il travaille dans la radio-diffusion, avant d'entrer en politique. En 1967, il est l'un des fondateurs du Pangu Pati (parti politique). En 1968, il est élu au Parlement (House of Assemly), et devient le leader de l'Opposition. En 1972, il forme un gouvernement de coalition, qui inclut le People's Progress Party de Julius Chan. En 1973, la Papouasie-Nouvelle-Guinée (alors sous souveraineté australienne), accède à l'autonomie, et Somare devient premier ministre (Chief Minister). Il est l'un des architectes de la transition vers l'indépendance (acquise en 1975), et de la Constitution[3] du nouvel État.
Carrière depuis l'indépendance[modifier]
Premier ministre[modifier]
Somare a été premier ministre de 1975 à 1980, puis de 1982 à 1985, puis à nouveau de 2002 à avril 2011, et depuis décembre 2011[4]. Il remporte les élections législatives de 2007. De 1988 à 1992, il fut ministre des affaires étrangères au sein du gouvernement de Rabbie Namaliu ; ce dernier devint d'ailleurs par la suite ministre des affaires étrangères du gouvernement Somare. Somare fut également ministre des affaires étrangères en 1999. En 2006, il combine ce poste à celui de premier ministre, et exerce actuellement les deux fonctions à la fois.
Sur la scène internationale, Somare a participé à des négociations multilatérales visant à combattre la déforestation et le changement climatique. Il a, en outre, appelé les pays industrialisés à assumer leurs responsabilités en ce domaine[5],[6].
Somare a exprimé un profond intérêt pour la culture de son pays. Il insista sur la tradition mélanésienne de la conciliation, et n'hésita pas à accorder des postes importants à ses adversaires politiques. Au Parlement, il se distingua dès ses débuts en portant des habits mélanésiens traditionnels plutôt que des habits européens comme ses collègues.
Ré-élu suite aux élections législatives de 2007, il annonce en mars 2008 qu'il va bientôt quitter ses fonctions et mettre fin à sa carrière politique. Il explique qu'il a simplement « besoin de changement », après quarante ans en politique[7].
Perte du pouvoir et crise constitutionnelle en 2011[modifier]
En décembre 2010, en mauvaise santé, il cesse temporairement d'exercer ses fonctions pour faire face à l'instruction d'un tribunal, étant accusé de ne pas avoir pleinement déclaré ses revenus dans les années 1990. Bien qu'il demeure officiellement premier ministre, il nomme Sam Abal pour exercer ses fonctions dans l'intérim[8].
En avril 2011, alors qu'Abal continue à diriger le pays, Somare est hospitalisé à Singapour, où il est opéré du cœur puis demeure en soins intensifs pendant plusieurs semaines[9]. En juin, alors qu'il demeure hospitalisé, il aurait annoncé qu'il quitterait ses fonctions avant la fin de l'année, afin que son successeur à la tête du Parti de l'Alliance nationale puisse être choisi et mener le parti aux élections législatives de 2012[10].
Le 28 juin 2011, la famille de Sir Michael Somare annonce sa démission du poste de Premier ministre pour raisons de santé. La décision n'avait pas été prise par Somare lui-même, qui demeurait en soins instensifs et n'était pas en état de communiquer ses intentions de manière cohérente ; c'est son épouse et leurs cinq enfants qui ont déclaré qu'ils ne souhaitaient pas que Sir Michael doive reprendre le travail lorsqu'il quitterait l'hôpital[11],[12].
Le 12 décembre 2011, la Cour suprême annule la déclaration parlementaire du 2 août de vacance du poste de Premier ministre ainsi que l'élection suivante de Peter O'Neill, les considérant comme illégales, et ordonne la restauration immédiate de Sir Michael Somare dans ses fonctions de Premier ministre[13]. O'Neill rejette le jugement, s'appuyant sur une majorité parlementaire, mais le gouverneur général, Sir Michael Ogio, nomme Somare au poste de Premier ministre[14].
Le 19 décembre, lorsqu'il apparaît clair que Somare n'a que peu de soutiens, Ogio déclare que les conseils de la Cour suprême avaient été erronés. Restauré à son poste de gouverneur général après une suspension de quelques jours, il reconnaît à nouveau Peter O'Neill[15]. O'Neill semble également soutenu par les hauts fonctionnaires, ainsi que par la police et les forces armées. Somare maintient néanmoins qu'il est le premier ministre légitime[16],[17],[18].
Le 20 mai 2012, un mois avant la tenue d'élections législatives, la Cour suprême ordonne à nouveau que Sir Michael Somare soit restitué au poste de premier ministre, au motif que sa destitution s'était faite de manière non-constitutionelle[19].
Relations récentes avec l'Australie[modifier]
La Papouasie-Nouvelle-Guinée, en tant qu'ancienne colonie australienne, maintient des relations diplomatiques étroites avec son voisin du sud - beaucoup plus qu'avec son voisin de l'ouest, l'Indonésie. Néanmoins, des tensions sont apparues récemment entre les deux pays.
En 2005, en visite en Australie, Sir Michael Somare est prié de retirer ses chaussures à la douane et de se soumettre à un contrôle de sécurité. Cette "affaire des chaussures" est vécue par le premier ministre comme une humiliation, et refroidit les relations diplomatiques entre Port Moresby et Canberra. Une manifestation dans la capitale papoue rassemble plusieurs centaines de personnes indignées qui se dirigent vers le haut-commissariat australien pour réclamer (en vain) des excuses[20].
En 2006, les relations entre les deux pays empirent suite à "l'affaire Moti". Le 29 septembre, la police papoue arrête Julian Moti, un avocat d'origine fidjienne proche du premier ministre salomonais Manasseh Sogavare. L'arrestation se fait à la suite d'une demande d'extradition formulée par l'Australie. Moti est accusé de viol sur mineure au Vanuatu en 1997, mais insiste qu'il a déjà été innocenté par un tribunal ni-Vanuatu en 1999. Moti n'est pas immédiatement incarcéré, et se réfugie au haut-commissionat salomonais à Port Moresby. Le 10 octobre, il s'envole vers les Îles Salomon à bord d'un avion militaire papou, ce qui provoque une réaction furieuse de la part de l'Australie. Le gouvernement australien annule une visite programmée de Somare en Australie, et déclare que les principaux ministres papous, dont Somare, sont dorénavant interdits d'accès au territoire australien. Somare nie avoir autorisé l'utilisation d'un appareil militaire pour permettre à Moti de quitter la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Pourtant, un rapport commandé par un juge papou affirme que Somare et Sogavare auraient orchestré ensemble la fuite de Moti[21]. S'ensuit un bras de fer entre Somare et la justice papoue[22].
En 2007, des rumeurs suggèrent que Somare va être renversé par un coup d'État mené par "certains militaires [...] mécontents du rôle du Premier ministre dans l'affaire Julian Moti"[23], mais au final il n'en est rien.
En septembre 2007, l'Australie est l'hôte d'une réunion des dirigeants des pays membres de l'APEC, dont la Papouasie-Nouvelle-Guinée: Somare peut donc se rendre en Australie pour la première fois depuis le début de "l'affaire Moti". Le gouvernement australien suggère que des relations diplomatiques pourraient reprendre entre les deux gouvernements, mais le premier ministre australien John Howard ne s'entretient pas avec Somare[24].
En décembre 2007, le nouveau Premier ministre australien Kevin Rudd rencontre Michael Somare à Bali. Les relations papou-australiennes "ont traversé une période très difficile récemment", remarque Rudd, qui souhaite tourner la page et normaliser ces relations[25].
Distinctions[modifier]
- Chevalier grand-croix de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges (GCMG - 1990)[26]
- Membre de l'Ordre des compagnons d'honneur (CH - 1978)[27]
Liens externes[modifier]
- Site web officiel du premier ministre papou-néo-guinéen Sir Michael Somare
- "Time for the Big Man to come to the aid of his nation again", Sydney Morning Herald, 17 juillet 2002
- Discours prononcé par Michael Somare devant l'Assemblée Générale de l'ONU le 27 septembre 2007
Notes[modifier]
- Intérim de Sam Abal du 13/12/10 au 17/01/11
- (en) Biographie sur le site du gouvernement
- Constitution of the Independent State of Papua New Guinea
- Somare premier ministre de Papouasie Nouvelle-Guinée
- Négopciations multilatérales sur la défrestation et le changement climatique
- Voir lien précédent
- (en) "PNG PM to step down after 40 year career", Sydney Morning Herald, 16 mars 2008
- (en) "Woman's body found in Papua New Guinea leader's home", BBC, 15 juin 2011
- (en) "Sir Michael Somare still in intensive care", Radio Australia, 21 mai 2011
- (en) "PNG’s Somare intends to stand down this year", Radio New Zealand International, 24 juin 2011
- (en) "Family retires Chief", Post Courier, 29 juin 2011
- (en) "PNG's Somare resigns due to ill health", Special Broadcasting Service, 28 juin 2011
- (en) "PNG court reinstates Somare as PM", Sydney Morning Herald, 13 décembre 2011
- (en) "Papua New Guinea moves to end 'two PMs' crisis", BBC, 14 décembre 2011
- (en) "PNG’s GG suspension lifting appears another nail in coffin of Somare bid", Radio New Zealand International, 19 décembre 2011
- (en) "Papua New Guinea political crisis ends as Governor-General changes mind", The Telegraph, 20 décembre 2011
- (en) "Political Impasse in Papua New Guinea Appears to End", New York Times, 20 décembre 2011
- (en) "G-G recognises O’Neill as PM", Post Courier, 20 décembre 2011
- (en) "PNG court undercuts PM's power From:", AAP, 21 mai 2012
- PNG rally against Australi's treatment of PM Somare
- PNG report says PM Somare should be charged over Moti escape
- PNG's PM refuses to appear at Moti inquiry. 16/01/2007. ABC News Online
- Rumeurs de coup d'État
- A bit of warmth returns - Apec - Specials - smh.com.au
- Solomons sacking ends chill - National - theage.com.au
- London Gazette : n° 52178, p. 43, 16-16-1990
- London Gazette : n° 47556, p. 6283, 03-06-1978