Panne de courant nord-américaine de 2003

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Carte des province et états affectés

La panne de courant nord-américaine de 2003 est une immense panne d'électricité qui a gravement touché les États et une province du nord-est de l'Amérique du Nord le jeudi 14 août 2003, à 16 h 13.

Il s'agit de la plus grande catastrophe énergétique de l'histoire du continent, les dommages s'élèvant à environ six milliards de dollars américains. La plupart des secteurs technologiques ont ralenti, mais l'industrie a rapidement redémarré le jour suivant.

Cette panne générale de courant a également été appelée « mégapanne » par certains médias[1].

Origine[modifier | modifier le code]

Son origine provient essentiellement de l'arrêt de plusieurs centrales électriques les 12 et 13 août, ainsi que la coupure de plusieurs lignes de 345 kV dans l'Ohio, par négligence de la société FirstEnergy. Par effet de cascade en cette période de forte consommation, la panne s'étend en quelques heures sur 256 centrales électriques[2],[3]

Chronologie :

  1. Une ligne de transport touche des arbres sous celle-ci dus à la dilatation des câbles causés par la chaleur. Cette ligne déclenche ;
  2. Une première redistribution de la charge est effectuée sur les lignes alternatives ;
  3. Les relais des autres lignes de distribution ne sont pas équipés de détection d'empiètement de surcharge ;
  4. Plusieurs lignes de transport déclenchent donc en cascade ;
  5. Une seconde redistribution de la charge est effectuée sur les lignes restantes ;
  6. Les charges deviennent de plus en plus élevées sur les lignes restantes ;
  7. De plus en plus d'oscillation de puissance affecte le réseau ;
  8. Par la suite, plusieurs relais de protections de lignes ont déclenché sur des oscillations de puissance ;
  9. Phénomène de cascade (écroulement du réseau).

Conséquences[modifier | modifier le code]

Image satellite NOAA de l'Amérique du Nord la veille de la panne Image satellite NOAA de l'Amérique du Nord la veille de la panne
Image satellite NOAA de l'Amérique du Nord la veille de la panne
Image de la même zone le lendemain.

Publiquement, Wall Street, Manhattan et les Nations unies sont dans l'obscurité, ainsi que Toronto, Détroit, Cleveland, Rochester et Ottawa. Les évènements sont assez tôt comparés à la panne du nord-est de 1965.

L'inquiétude suscitée a des implications politiques : les dirigeants américains et canadiens s'échangent initialement les responsabilités des dégâts, même s'il s'avéra que nul côté n'est réellement à blâmer. Il s'agit néanmoins d'un tournant dans les carrières de Michael Bloomberg, Jean Chrétien, Ernie Eves et Mel Lastman.

Une enquête est ouverte pour déterminer quelles mesures prendre pour conserver l'électricité : il est révélé que le système de transmission nord-américain est très déficient. Les gouvernements s'engagent rapidement à réinvestir dans le financement du réseau.

La panne nord-américaine est beaucoup plus médiatisée que la panne d'électricité italienne de 2003 et la panne d'électricité londonienne de 2003. À Bagdad, la situation suscite l'ironie, alors que les habitants attendent après l'invasion américaine pour retrouver l'électricité.

Le réseau électrique d'Hydro-Québec est sorti indemne de cette panne, en raison des protections installées aux différents points d'interconnexion qui relient les lignes de transport québécoises au reste du continent nord-américain[4].

Population urbaine
Ville Personnes affectées
New York et environs 21 100 000 ha
Toronto 5 600 000 ha
Détroit et environs 5 400 000 ha
Cleveland 2 900 000 ha
Ottawa 780 000 ha sur 1 120 000 ha
Buffalo et environs 1 100 000 ha
Rochester 1 050 000 ha
Hamilton 680 000 ha
London (Canada) 350 000 ha
Toledo 310 000 ha
Windsor 208 000 ha
Estimation totale 50 000 000 ha[5]

Blackout de New York[modifier | modifier le code]

À New York, alors que l'après-midi est ensoleillée, les New-Yorkais se retrouvent plongés en plein « blackout ».

À Manhattan, les immeubles se vident peu à peu à mesure que les rues se remplissent de piétons. Certains prennent l'initiative de faire la circulation, d'autres téléphonent. Mais personne ne sait réellement ce qui se passe. Par chance, la coupure s'est produite en plein jour, minimisant ainsi son impact psychologique sur la population. Sous terre, des centaines de personnes sont bloquées dans des dizaines de rames de métro. Commence alors un véritable parcours du combattant pour ceux qui souhaitent rentrer chez eux. Les flots de marcheurs forcés investissent les ponts qui relient Manhattan aux autres quartiers de la ville. Beaucoup d'autres se préparent à rester sur place et organisent des campements de fortune. Grand Central Station va par exemple se transformer en dortoir géant. À la nuit tombante, certains New-Yorkais organisent des apéros dans les rues, éclairés à la bougie. Étonnante vision de la ville. Plusieurs « blocks » n'ont pas été touchés par la coupure. Pour les autres, dont Times Square, il faudra près de quatre jours pour que la situation redevienne normale.

Par ailleurs, de nombreux habitants, peu habitués à contempler la voûte céleste, s'étonnent de découvrir d'inquiétantes lueurs dans le ciel nocturne... les standards téléphoniques de la mairie et des pompiers sont alors submergés d'appels, alors qu'il s'agit tout simplement de la Voie Lactée, jusque là invisible en ville du fait de la pollution lumineuse[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La mégapanne de l'été 2003, Radio Canada, 14 aout 2003.
  2. (en) North American Electric Reliability Corporation, NERC technical analysis],‎ 2004, [PDF] (lire en ligne)
  3. (en) U.S.-Canada Power System Outage Task Force - causes and recommandations[PDF]
  4. M. Corey Goldman. How one power grid kept lights on. Toronto Star, September 8, 2003.
  5. (en) CBC news - 2003 power outage
  6. Science & Vie, Hors-série n°266, mars 2014, p. 103

Voir aussi[modifier | modifier le code]