Nathuram Godse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Nathuram Godse

Nathuram Vinayak Godse (19 mai 1910 à Baramati, district de Pune15 novembre 1949), est un nationaliste indien connu pour être l'assassin du Mahatma Gandhi.

Il appartient à une famille de brahmanes pauvres farouchement traditionalistes. Dans son enfance, promis à de grandes destinées religieuses, il échoue, incapable d'avoir un emploi stable. En 1947, c'est un simple tailleur qui ne s'intéresse qu'à la politique[réf. nécessaire]. Sous l'influence de Vinayak Damodar Savarkar, un politicien, philosophe et nationaliste hindou (créateur du terme hindutva), il devient rédacteur en chef de l'hebdomadaire prohindou Mahasabha.

Suite à la partition de l'Inde et du Pakistan, en 1947, hindous et musulmans s'affrontent violemment. Gandhi tente de réconcilier les communautés. Le 1er septembre 1947, à Calcutta, de nouvelles émeutes éclatent. Gandhi loge alors dans le quartier musulman, ce qui exaspère les extrémistes hindous. Ils menacent Gandhi et lui demandent de quitter le quartier. Gandhi répond qu'il jeûnera jusqu'à ce que les violences cessent.

De nouveau, le 13 janvier 1948, à Delhi, cette fois, Gandhi entame un jeûne illimité « pour protéger la vie, les biens et la religion des musulmans ». Gandhi craint qu'une guerre civile éclate dans la nouvelle Inde indépendante, entre musulmans et hindous, et veut ainsi protéger les hindous restés au Pakistan qu'adoucir les musulmans vindicatifs dans l'Union indienne, population islamique qui demeure deux fois plus importantes qu'au Pakistan, et ce, malgré les migrations énormes de populations. De nouveau, il obtient gain de cause des leaders des communautés religieuses. Le 18 janvier, en présence de l'ambassadeur du Pakistan, le jeûne est rompu. Il a obtenu le paiement de 550 millions de roupies dues au Pakistan. Pour beaucoup d'hindous, c'en est trop : Gandhi est un traître.

Le 30 janvier, Gandhi se rendant à la prière, Nathuram Vinayak Godse le tue de trois coups de feu tirés à bout portant.

Pendant le procès qui le conduit à la potence en 1949, Nathuram Godse revendiqua pleinement son acte. Il assura qu'il ne haïssait pas Gandhi, qu'il avait même, avant de tirer, salué religieusement Gandhi en joignant les mains en signe de sincère respect, acte que les témoignages confirmèrent. Il déclara qu'il s'agissait pour lui d'une réponse face à tous les hindous innocents massacrés sur l'autel de la Ligue musulmane et sa volonté anti-laïque de créer un État islamiste, au mépris des minorités hindoues du nouveau territoire pakistanais, et de la majorité hindoue vivant en Inde qui souffrit la colonisation et le combat pour l'Indépendance tout autant que les musulmans. Il accepta sa peine de mort comme le cours souhaité et souhaitable des choses. Il demanda que ses cendres soient conservées jusqu'au jour où l'Indus, fleuve du Pakistan, coulera dans une Inde réunifiée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Koenraad Elst, « Pourquoi j'ai tué Gandhi » : examen et critique de la défense de Nathuram Godse, trad. française, Paris, Les Belles lettres, 2007. (sans approuver l'assassinat, l'auteur estime que certains griefs de Godse envers Gandhi étaient fondés)

Articles connexes[modifier | modifier le code]