Muhammad Shahrour

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Muhammad Shahrour[1] (arabe : محمد شحرور), né en 1938 à Damas, professeur de génie civil à l'université de Damas, est un islamologue et un des principaux exégètes contemporains du Coran[2]. Il commença à étudier le Coran et les fondements de l'islam après son retour de Moscou où il avait suivi ses études universitaires. Ce passage par l'Union soviétique fut souvent utilisé pour accuser ses écrits de marxisme[3]. Sa célébrité vient de l'ouvrage qu'il publia en 1990, intitulé Le Livre et le Coran, dans lequel il tenta une nouvelle lecture du Coran à travers une analyse originale de la langue arabe employée au début du VIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mohamed Shahrour passa ses études secondaires à Damas, avant de s'envoler pour Moscou où il suivit des études en génie civil. Une fois de retour à Damas, il enseigna à la faculté de génie civil de l'université de la capitale syrienne jusqu'en 1968. Il obtint son doctorat en 1972. Depuis cette année, il devint professeur titulaire à la même faculté. Ce ne fut qu'après 1967 qu'il commença à s'intéresser à l'exégèse coranique.

Positions et idées[modifier | modifier le code]

Dans l'ouvrage qu'il publia en 1990, intitulé Le Livre et le Coran, il tenta une nouvelle lecture du Coran à travers une analyse originale de la langue arabe employée au début du VIIe siècle. Il y qualifia de non-scientifique l'ensemble de l'exégèse coranique traditionnelle[4]. Ce qui suscita une vaste polémique durant toutes les années 1990 durant lesquelles plusieurs ouvrages furent publiés pour critiquer ou défendre les thèses défendues par Mohamed Shahrour.

Quoiqu'il soit l'un des exégètes arabes contemporains les plus critiques vis-à-vis de la tradition arabo-musulmane, il ne se revendique pas du même courant que Ahmed Subhy Mansour (en).

Shahrour et une douzaine d'intellectuels arabes provoquèrent un esclandre médiatique lorsqu'ils appelèrent à une réinterprétation radicale du Coran lors d'un séminaire scientifique au Caire intitulé Islam et Réforme en 2004[5]. Ses idées sont souvent attaquées par des professeurs traditionalistes de l'université cairote d'Al-Azhar, dont deux l'ont même déclaré apostat, Mustafa Al-Shak'a et Farahat Al-Sayeed Al-Mungi[6]. D'ailleurs, quelques ouvrages de Muhammad Shahrour furent interdits à la vente dans plusieurs pays arabes, mais des milliers de copies furent tout de même publiées et plusieurs éditions se succédèrent, circulant souvent sous le manteau. Au moins treize ouvrages ont été écrits contre Shahrour et ses idées[7].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Livre et le Coran : une lecture contemporaine, 1990.
  • Études islamiques contemporaines sur l'État et la société, 1994.
  • L'islam et la foi, 1996.
  • Vers de nouveaux fondements à la jurisprudence islamique : la question de la femme (le testament, l'héritage, la polygamie, l'habillement), 2000.
  • Assécher les sources du terrorisme, 2008.
  • Les histoires du Coran : une lecture contemporaine. I- Introduction aux histoires et à l'histoire d'Adam, 2010.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Muhammad Shahrour's Official Website
  2. The New Voices of Islam: Reforming Politics and Modernity : a Reader By Mehran Kamrava
  3. Tolson in US News 2001
  4. Context Magazine
  5. New York Times
  6. http://www.ahl-alquran.com/arabic/show_news.php?main_id=6739
  7. Shahrour: The Divine Text and Pluralism in Muslim Societies

Liens[modifier | modifier le code]