Moatassem Kadhafi

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Moatassem Kadhafi
مُعْتَصِمٌ بِٱللهِ ٱلْقَذَّافِيّ
Image illustrative de l'article Moatassem Kadhafi

Naissance 18 décembre 1974
Flag of Libya 1972.png Tripoli (Libye)
Décès 20 octobre 2011 (à 36 ans)
Flag of Libya (1951).svg Syrte (Libye)
Origine libyenne
Allégeance Flag of Libya (1977-2011).svg Jamahiriya arabe libyenne
Arme Flag of Libya (1977-2011).svg Forces armées libyennes
Grade Colonel
Conflits Guerre civile libyenne
Commandement Commandant de sa propre brigade
Autres fonctions Président, puis conseiller, du Conseil de sécurité nationale
Famille Mouammar Kadhafi (père)
Safia Farkash (mère)
Abdallah Senoussi (oncle par alliance)
Mohamed Kadhafi (demi-frère)
Saïf al-Islam Kadhafi (frère)
Saadi Kadhafi (frère)
Hannibal Kadhafi (frère)
Aïcha Kadhafi (sœur)
Saïf al-Arab Kadhafi (frère)
Khamis Kadhafi (frère)
Hana Kadhafi (sœur adoptive)

Moatassem Kadhafi, (arabe: مُعْتَصِمٌ بِٱللهِ ٱلْقَذَّافِيّ ) également orthographié Muatassim Kadhafi ou Mouatassim Kadhafi[1], né le 18 décembre 1974[2] et mort le 20 octobre 2011, est un militaire et homme politique libyen. Quatrième fils du colonel Kadhafi, il a occupé divers postes au sein de la hiérarchie militaire du régime de son père, et a fait un temps figure de possible successeur de ce dernier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière militaire et politique[modifier | modifier le code]

Moatassem Kadhafi a commencé des études de médecine, dont il a gardé le surnom de « docteur »[3] puis s'est orienté vers la carrière militaire, devenant colonel des Forces armées libyennes[1]. En 2001, il donne l'ordre à des chars de manœuvrer autour de la résidence de son père, la caserne Bab al-Azizia : on ignore à ce jour si cet incident a été causé par un abus d'alcool de la part de Moatassem Kadhafi, ou s'il s'agissait d'une tentative de putsch contre son père[1]. Il est envoyé en exil en Égypte, puis en Russie, où il étudie dans une académie militaire. En 2006, il est rappelé à Tripoli, son père ayant créé pour lui le poste de président du conseil de sécurité nationale de la Jamahiriya arabe libyenne[4]. En 2008, il reçoit de son père un chèque de 2,8 milliards de dollars, qui lui sert notamment à créer sa propre brigade au sein de l'armée libyenne, à l'image de ses frères Saadi et Khamis[1]. Les fonctions de Moatassem Kadhafi au Conseil de sécurité nationale lui permettent d'intervenir dans des domaines de politique militaire, sécuritaire et internationale[5]. Il est considéré comme proche des Comités révolutionnaires, aile dure de la Jamahiriya, et de cadres du régime liés aux services de renseignement, comme Abdallah Senoussi et Moussa Koussa[1]. En avril 2009, il est reçu par la secrétaire d'État Hillary Clinton à Washington. Écarté de la présidence du Conseil de sécurité, il y revient en tant que conseiller[1] et continue de jouer un rôle diplomatique, se chargeant notamment de recevoir les responsables américains lors de leurs visites à Tripoli[6].

Un télégramme diplomatique américain, diffusé par Wikileaks, le décrit comme un homme « peu curieux intellectuellement », auquel ses conseillers auraient du mal à faire lire « des mémos simples sur les affaires courantes »[4].

Lui et son frère Saïf al-Islam ont été alternativement considérés comme de possibles successeurs de leur père Mouammar Kadhafi, différentes informations évoquant une rivalité entre les deux dauphins potentiels[7]. Mouammar Kadhafi semble avoir joué un rôle de balancier, favorisant alternativement l'un ou l'autre frère[6].

Guerre civile libyenne de 2011[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile libyenne de 2011.

Durant la guerre civile libyenne de 2011, Moatassem Kadhafi ne fait aucune apparition publique, au contraire de Saïf al-Islam, très présent sur le front des médias[7]. Actif sur le terrain des opérations militaires, il dirige des troupes gouvernementales durant les combats contre les forces du Conseil national de transition. Il est ensuite chargé notamment d'organiser la résistance autour de Brega[8], puis à l'intérieur de Syrte. Sa mort ou sa capture sont annoncées plusieurs fois durant le conflit. Durant les combats autour de Syrte, des rumeurs contradictoires circulent sur son compte, l'une affirmant qu’il se serait enfui par bateau le 2 octobre[9]. Le 12 octobre, sa capture est annoncée par des responsables du CNT[10], puis démentie quelques heures plus tard, alors que les combats continuent à Syrte[11].

Le 20 octobre 2011, un commandant militaire du CNT annonce que ses hommes ont retrouvé le cadavre de Moatassem Kadhafi, ainsi que celui du ministre de la Défense Abou Bakr Younès Jaber[12],[4] ; selon certaines informations, Moatassem Kadhafi aurait été capturé vivant avant d'être tué[13]. D'après un rapport de Human Rights Watch, il aurait été capturé, blessé, dans le convoi de l'ex-dictateur, puis transporté à Misrata où il aurait été exécuté[14]. Son corps est exposé le lendemain dans une chambre froide d'un marché de Misrata, avec celui de son père Mouammar Kadhafi, également tué[15]. Le 25 octobre, il est inhumé avec son père dans le désert libyen, dans un lieu tenu secret[16].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Moatassem Kadhafi, comme ses frères Saadi, Hannibal et dans une autre mesure Saïf al-Islam, s'est fait remarquer comme membre de la jet-set au Maghreb et en Europe, affichant un train de vie dispendieux[17]. La rivalité entre les frères semble s'être étendue à leur vie privée, Moatassem faisant assaut de fêtes luxueuses pour rivaliser avec les réceptions organisées par Saïf al-Islam[4]. Il a compté dans son entourage l'ex-mannequin néerlandaise Talitha Van Zon, avec laquelle il a eu une liaison en 2004, et qui est ensuite restée proche de lui. Cette dernière, arrêtée lors de la prise de Tripoli, a été accusée de gérer un réseau de trafic d'êtres humains dont Moatassem Kadhafi aurait été l'un des bénéficiaires[18]. Le mannequin Vanessa Hessler, qui s'est également affichée publiquement avec Saadi Kadhafi, a déclaré avoir eu une relation durant quatre ans avec Moatassem Kadhafi[19].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b, c, d, e et f La fratrie Kadhafi et ses "guerres intestines", L'Express, 26 février 2011
  2. Voir sur ce site photographie de sa carte d'identité
  3. Le clan Kadhafi à la loupe, Le Figaro, 1er septembre 2011
  4. a, b, c et d Muatassim Kadhafi tombe aussi à Syrte, Le Figaro, 20 octobre 2011
  5. Moatassem, nouveau chouchou de Kadhafi ?, Bakchich.info, 11 septembre 2007
  6. a et b Libye : quel rôle pour la fratrie Kadhafi?, Le Monde, 21 février 2011
  7. a et b Succession de Kadhafi : le combat des frères ennemis, Le Figaro, 23 février 2011
  8. Le mystère plane sur le sort des enfants Kadhafi, Tribune de Genève, 29 aout 2011
  9. Libye : les troupes rebelles entament des négociations à Syrte, Le Monde, 3 octobre 2011
  10. Libye : un des fils de Kadhafi aurait été capturé à Syrte, RTL, 13 octobre 2011
  11. Libye : les forces du CNT reculent à Syrte, Le Figaro, 13 octobre 2011
  12. Mouatassim, un des fils Kadhafi, retrouvé mort à Syrte, RTL, 20 octobre 2011
  13. La famille Kadhafi réclame les dépouilles de l'ex leader et de son fils pour AFP/Romandie News le 21 octobre 2011
  14. (en) Evidence of mass murder after Gaddafi's death, Al Jazeera English, 17 octobre 2012
  15. Récit : dans une maison de Misrata les corps de Mouammar et Moatassim Kadhafi, RFI / France 24, 21 octobre 2011
  16. Kadhafi enterré dans un lieu tenu secret, La Dépêche du midi, 26 octobre 2011
  17. Jet-Set : Le Maghreb bling-bling. Les fistons flambeurs de Kaddafi, Jeune Afrique, 14 juillet 2010
  18. Talitha Van Zon : La playmate des Kadhafi, France Soir, 20 octobre 2011
  19. Alice perd son job par amour d'un Kadhafi, Le Figaro, 31 octobre 2011