Aïcha Kadhafi

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Aïcha Kadhafi

Naissance 1976
Tripoli
Nationalité Libyenne
Profession
Famille
Mouammar Kadhafi, père
Fathia al-Nuri, belle-mère
Safia Farkash, mère

Mohamed Kadhafi, demi-frère
Saïf al-Islam Kadhafi, frère
Saadi Kadhafi, frère
Hannibal Kadhafi, frère
Moatassem Billah Kadhafi, frère
Saïf al-Arab Kadhafi, frère
Khamis Kadhafi, frère

Hana Kadhafi, sœur adoptive
Milad Abouztaïa Kadhafi, frère adoptif

Aïcha Mouammar Kadhafi (en arabe : عائشة القذافي) est une avocate, militaire et femme politique libyenne, née à Tripoli en 1976. Elle est l'unique fille biologique du colonel Mouammar Kadhafi. Dirigeante d'une fondation humanitaire, elle a tenu un rôle d'émissaire du régime de la Jamahiriya arabe libyenne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière professionnelle et activités publiques[modifier | modifier le code]

Seule fille du « guide de la Révolution » Mouammar Kadhafi et de sa seconde épouse Safia Farkash, Aïcha Kadhafi est née en 1976[1], à Tripoli. Elle a été présentée comme une « héritière politique » de son père[2]. Son physique et ses mèches blondes colorées lui valent d'être surnommée « la Claudia Schiffer du désert » par la presse italienne[3],[4].

Elle a effectué ses études à l'université Paris-VII[5] et a aussi étudié le droit à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne.

Lors de son procès en 2004, l’ancien chef d’État irakien Saddam Hussein est défendu par un collectif d’avocats, dont elle fait partie[1].

Elle devient ambassadrice de bonne volonté pour l'ONU en 2004. Ce rôle lui est enlevé en février 2011, à la suite des exactions reprochées au régime de son père a fait l'objet lors de la Guerre civile libyenne de 2011[6].

En 2008, Aïcha Kadhafi fait un déplacement médiatisé en Suisse pour y défendre son frère Hannibal, dont l'arrestation à Genève, pour mauvais traitements envers ses domestiques, cause alors une crise diplomatique[7]; elle dénonce à cette occasion le « racisme » anti-arabe de la Suisse et dit penser à ses « frères maghrébins » qui « prennent des risques inouïs pour rejoindre les plages suisses ». Elle menace également la Suisse de représailles en déclarant : « œil pour œil, dent pour dent. Celui qui a commencé est celui qui a tort »[8].

Outre ses activités d'avocate, elle détient le grade de lieutenant-général des Forces armées libyennes[9] et dirige Waattassimou, une fondation à vocation humanitaire agissant contre la faim en Afrique[10], qui participe de l'influence extérieure de la Jamahiriya arabe libyenne[11].

Guerre civile de 2011[modifier | modifier le code]

Durant la guerre civile, elle se livre à des interventions publiques pour soutenir le régime de son père[12]; elle déclare en outre avoir perdu sa fille de cinq mois, victime des bombardements de l'OTAN, affirmation qui a par ailleurs été mise en doute[13]. Interviewée le 30 juin 2011 par le journal télévisé de David Pujadas sur France 2, elle s'adresse aux Français en dénonçant les bombardements qui tuent de nombreux civils et ont « décimé » plusieurs membres de sa propre famille[14],[11].

En août 2011, sa propriété (en fait, un ancien hôpital catholique qu'elle fit réquisitionner pour ses besoins personnels[15]), possédant piscine chauffée et statues en or massif[1] est fouillée et pillée par les rebelles libyens.

En fuite[modifier | modifier le code]

Le 29 août 2011, elle se réfugie en Algérie en compagnie de sa mère Safia et deux de ses frères Mohamed et Hannibal, tous étant accompagnés de leurs enfants[16],[17]. Aïcha Kadhafi annonce avoir, le lendemain de son arrivée sur le sol algérien, accouché d'une fille, prénommée Safia-Djanet[18],[19].

Le 23 septembre, alors que son père est toujours introuvable, elle déclare « Soyez tranquilles, votre grand leader va bien, il porte les armes et combat sur les fronts » et appelle le « peuple résistant » de Libye à se « soulever » contre les « traîtres » du CNT[20], provoquant l'irritation du gouvernement algérien[21]. Fin octobre, elle aurait été hospitalisée après avoir vu à la télévision les images de la capture et du cadavre de son père[22].

Aïcha Kadhafi demeure réfugiée en Algérie ; sa situation exacte, comme la réalité de ses affirmations concernant la mort d'une de ses enfants puis son accouchement quelques mois plus tard sur le sol algérien, continuent de faire l'objet de spéculations[19]. Le 30 novembre, elle diffuse un message audio appelant les Libyens à se soulever et à venger la mort de son père, déclarant : « Vengez le sang de vos martyrs. Révoltez-vous contre le nouveau gouvernement »[23], « Mouammar Kadhafi n'est pas parti et il existe toujours ». Le ministère algérien des affaires étrangères juge ces propos « inacceptables » et déplore vivement « le fait que Madame Aicha Kadhafi ait enfreint, pour la seconde fois, les règles de l’hospitalité qui lui est accordée, à titre humanitaire, en Algérie »[24].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Les rebelles vous font la visite du « palais » de la fill<e de Kadhafi - article RTL du 26 août 2011
  2. Libye. Famille Kadhafi : un pouvoir aux multiples visages, Ouest France, 23 août 2011
  3. Le Monde, 23 février 2011, p. 3
  4. Aïcha Kadhafi, «Jeanne d'arc du désert»?, Slate Afrique, 29 février 2012
  5. http://nawaat.org/portail/2008/08/08/les-vacances-des-emirs-du-golfe-et-leurs-suites-desclaves/
  6. « Paris Match, 24 février 2011 » (consulté le 5 mars 2011)
  7. Mouammar Kadhafi, l'homme qui veut détruire la Suisse, Rue89, 9 août 2008
  8. Hannibal Kadhafi et sa femme ont été libérés sous caution, La Tribune de Genève, 18 juillet 2008
  9. Qaddafi’s children as controversial as father, Al-Arabiya, 26 octobre 2011
  10. La fratrie Kadhafi et ses "guerres intestines", L'Express, 26 février 2011
  11. a et b La fille de Kadhafi : "Mon père est fort, il se trouve dans son pays" , Sud-Ouest, 1er juillet 2011
  12. Aïcha Kadhafi au secours de son père, Paris Match, 23 février 2011
  13. Muna Khan / The curious case of Aisha Qaddafi’s birthing powers, Al Arabiya, 1er septembre 2011
  14. « Journal Télévisé de France2, 30 juin 2011 »
  15. « Les maisons des Khadhafi racontent » - Article du DNA du 29 août 2011
  16. L'épouse de Kadhafi et trois de ses enfants en Algérie, Le Point, 29 août 2011
  17. La terrible famille Kadhafi, www.liberation.fr
  18. Aïcha Kadhafi a accouché "sans médecin", Le Figaro, 31 août 2011
  19. a et b Aicha Kadhafi, grandeur et décadence, Slate Afrique, 11 octobre 2011
  20. LIBYE. Kadhafi "va bien", affirme sa fille Aïcha, Le Nouvel observateur, 24 septembre 2011
  21. Propos de la fille Kadhafi : "inacceptables", Europe 1, 25 septembre 2011
  22. Gaddafi daughter in hospital after watching her father lynch on TV, Albawaba, 21 octobre 2011
  23. Aïcha Kadhafi appelle à renverser le gouvernement libyen, Le Point, 1er décembre 2011
  24. La fille de l’ex-Guide libyen a passé outre son obligation de réserve. Alger déplore les propos de Aicha Kadhafi, TSA-Tout sur l'Algérie, 1er décembre 2011