Ludmila de Bohême

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Sainte Ludmila et saint Venceslas enfant. Statue baroque sur le pont Charles de Prague.

Sainte Ludmila, née aux environs de 860 et décédée le 15 septembre 921, est l'épouse de Bořivoj Ier de Bohême auquel elle est mariée, encore presque enfant, en 874. De cette union naissent six enfants dont l'ainé Spytihněv naît en 875, suivent trois filles et deux garçons dont Vratislav en 888.

Ludmila est la fille de Slavibor, seigneur des Sorabes de Pšov, ce qui décrivait alors les environs de Mělník. On sait qu'elle est élevée dans la religion slave, paganisme riche en dieux divers, mais la date de son baptême n'est pas connue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sa vie est concomitante avec les premiers balbutiements qui vont donner naissance au royaume de Bohême qui rentre alors dans l'histoire (les prédécesseurs de Bořivoj dans la dynastie des Přemyslides sont tous plus ou moins mythiques) et adopte le christianisme. Son époux Bořivoj est baptisé, quelque part en Moravie, par saint Méthode. C'est ce même Méthode qui, selon la légende, baptise Ludmila, en Bohême, quelque temps après.

La « civilisation » est alors à l'ouest, dans l’empire d'Occident carolingien et au sud dans l'Empire byzantin, adopter les usages - dont la religion chrétienne - des foyers de civilisation est, localement, une stratégie gagnante pour les princes slaves pour asseoir leur autorité et nouer des alliances stratégiques avec les puissants voisins. Les souverains de la Grande-Moravie voisine venaient de montrer l'exemple.

Ludmila s'occupe de l'éducation de ses petits-enfants, Venceslas et Boleslav. Suite au décès de son fils Vratislav, Ludmila rentre en conflit avec sa belle-fille Drahomira qui s'est emparée de la régence. Ce conflit culmine avec l'assassinat de Ludmila, le 15 septembre 921, au château-fort de Tetín : elle est alors étranglée par deux Varègues à la solde de sa belle-fille qui ont utilisé pour ce faire le propre châle de la souveraine-douairière, châle qui est devenu le symbole de son martyre bien qu'elle ne soit pas, à proprement parler, morte pour sa foi.

Postérité[modifier | modifier le code]

Si la conversion au christianisme peut faire partie d'une stratégie dûment mûrie par des seigneurs provinciaux en mal de reconnaissants, ou de convictions profondes d'individus touchés par la foi, le fait d'avoir un ou une sainte dans la famille est indubitablement un atout et une légitimité. Le culte de sainte Ludmila est un effort dynastique, presque raisonné, initié par son arrière-petite-fille, Mlada, abbesse du couvent bénédiction de Saint-Georges dans l'enceinte du château de Prague.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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