Livre des tournois

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Livre des tournois
Image illustrative de l'article Livre des tournois
La revue des heaumes dans le cloître, f.67v-68
Artiste Attribué à Barthélemy d'Eyck
Date vers 1462-1465
Technique encre et lavis sur papier
Dimensions (H × L) 38,5 × 30 cm 60 folios reliés (auxquels d'ajoutent 49 folios interfoliés au XVIIe siècle)
Localisation Bibliothèque nationale de France, Paris (Drapeau de la France France)
Numéro d'inventaire Fr2695

Le Traicté de la forme et devis comme on fait un tournoi appelé plus communément Livre des tournois est un ouvrage rédigé par René d'Anjou dans les années 1460 et dont ce qui constitue sans doute le manuscrit original illustré est conservé à la Bibliothèque nationale de France. Ses illustrations, qui n'utilisent pas la technique de l'enluminure traditionnelle, sont attribuées à Barthélemy d'Eyck.

Le Texte[modifier | modifier le code]

Le livre compile les usages des tournois de chevalerie en France, Allemagne, Flandre et Brabant en imaginant un nouveau rituel d'organisation et de mise en scène. Le texte porte plus attention aux préparatifs qu'au combat lui-même. Contrairement à une simple joute, le tournois consiste ici en l'affrontement entre deux groupes de chevaliers. René d'Anjou prend l'exemple d'un tournoi imaginaire entre l'entourage du duc de Bretagne comme appelant et celui du duc de Bourbon comme défendant[1].

Le texte est abondamment repris et constitue le plus grand succès littéraire du roi René en tant qu'écrivain. Écrit à une époque où la chevalerie amorce sont déclin, il marque une certaine nostalgie pour cette période des grands tournois. L'ouvrage est dédié à Charles IV du Maine, frère de René[1].

Historique du manuscrit[modifier | modifier le code]

Pendant longtemps, le manuscrit a été vu comme la suite directe de la série de tournois organisés par la cour d'Anjou à Nancy, Saumur et Tarascon entre 1445 et 1450. Mais plusieurs éléments poussent à retarder la date de rédaction du manuscrit. Le texte fait à plusieurs reprises allusion à un autre traité de tournoi, le Traité des anciens et nouveaux tournois écrit par Antoine de La Sale en 1459 et qui y fait l'objet de plusieurs critiques. Par ailleurs, parmi les emblèmes de Bourbon utilisés dans les illustrations, se trouvent les deux chiens blancs, qui ont disparu dans les années 1420 et réapparaissent à l'initiative de Jean II de Bourbon en 1457. Enfin, le filigrane du papier montre que celui-ci date probablement des années 1450-1460 et en usage à Angers à cette époque. Selon Marc-Édouard Gautier, la manuscrit a donc sans doute été rédigé au début du séjour du roi René en Anjou vers 1462-1469. Un inventaire des biens du château d'Angers en 1471-1472 mentionne d'ailleurs un « cayez de papier en grant volume, ouquel est le commencement d'un tournoy », qui pourrait être ce manuscrit ou une copie partielle[2].

Par la suite, le manuscrit appartient à Marie de Luxembourg (1462-1546). Il est ensuite en possession de Louis Nicolas Fouquet, comte de Vaux et fils de Nicolas Fouquet jusqu'à sa mort en 1705, puis de Louis François de Bourbon-Conti et enfin du bibliophile Louis-César de La Baume Le Blanc de La Vallière. Celui-ci le vend en 1766 à Louis XV, l'ouvrage entrant ainsi à la bibliothèque du roi[1].

Attribution des illustrations[modifier | modifier le code]

Plusieurs éléments ont permis d'attribuer le manuscrit au peintre de René d'Anjou Barthélemy d'Eyck. Les types physiques des personnages et leur posture les rapproche fortement des miniatures du Livre du cœur d'Amour épris actuellement conservé à Vienne. On y retrouve aussi les mêmes jeux d'ombre et de lumière et l'usage du clair-obscur. Or le Maître du Cœur d'amour épris est justement identifié à Barthélemy d'Eyck. Par ailleurs, l'héraldique imaginaire présente dans les illustrations rappellent directement celle en usage aux Pays-Bas à la même époque, région d'origine du peintre. La mise en espace des scènes, à plusieurs reprise sur une double page, rappelle enfin les scènes du manuscrit de la Théséide de Vienne et pourrait donc avoir été dessinées peu après ce manuscrit[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Avril, Le Livre des Tournois du Roi René de la Bibliothèque nationale (ms. français 2695), Paris, Herscher,‎ 1986, 85 p.
  • Marc-Édouard Gautier, « René d'Anjou, Le Livre des tournois », dans Marc-Édouard Gautier, Splendeur de l'enluminure. Le roi René et les livres, Ville d'Angers/Actes Sud,‎ 2009 (ISBN 978-2-7427-8611-4), p. 276-283
  • Nicole Reynaud et François Avril, Les Manuscrits à peintures en France, 1440-1520, Flammarion,‎ 1993-1998 (ISBN 978-2080121769), p. 235-236 (notice 127)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Marc-Édouard Gautier, op. cit., p. 276
  2. Marc-Édouard Gautier, op. cit., p. 279-282
  3. Marc-Édouard Gautier, op. cit., p. 279