Les Maîtres de l'orge

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Les Maîtres de l'orge
Série
Scénario Jean Van Hamme
Dessin Francis Vallès
Genre(s) Franco-belge

Personnages principaux Charles Steenfort

Pays Drapeau de la France France
Langue originale Français
Éditeur Glénat
Collection Grafica
Nb. d’albums 8

Les Maîtres de l'orge est une série de bande dessinée créée par Jean Van Hamme et illustrée par Francis Vallès.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette série raconte les aventures de la famille Steenfort sur plusieurs générations, de la création d'une brasserie artisanale dans le Brabant belge à la moitié du XIXe siècle à la constitution d'une multinationale de la bière ayant son siège aux États-Unis à l'aube de l'an 2000. Elle mêle une documentation précise sur la tradition du brassage artisanal à un arrière fond historico-économique, qui retranscrit bien les évolutions du monde occidental depuis un siècle à travers l'exemple des brasseries, et à toutes sortes de péripéties purement romanesques qui arrivent aux différents personnages.

Chaque tome suit plus particulièrement un des membres de la famille à un moment clé de sa vie et de l'histoire des brasseries Steenfort. En général, il s'écoule 25 ans entre chaque épisode, ce qui n'empêche pas certains personnages d'apparaître dans plusieurs tomes d'affilée.

Le dernier volume, Les Steenfort, est un recueil d'histoires courtes qui font la lumière sur différents événements se produisant entre chacun des autres tomes.

Charles, 1854[modifier | modifier le code]

1854. Charles Steenfort est un jeune novice dans un monastère ardennais. Sa communauté, en plus de prier Dieu, produit de la bière. Un jour, il rencontre Adrienne Madrier, dont il tombera rapidement amoureux. Cependant, il ne peut à la fois aimer une femme et intégrer le clergé : après avoir fait l'amour avec elle, il s'enfuit du monastère pour regagner son village natal qu'il avait quitté après la mort de ses parents : Dorp. Il y retrouve son ancien ami Franz Texel, depuis peu orphelin lui aussi, et le convainc de s'associer avec lui pour devenir brasseur.

Cependant, le bourgmestre du village, Monsieur De Ruiter ne voit pas cette association d'un très bon œil, celui-ci étant aussi le patron de la principale brasserie de la région. Et tandis que Charles et Franz, au cours de longs mois, tentent de produire la meilleure bière possible, De Ruiter fait tout son possible pour les en empêcher : après avoir dressé le village tout entier et surtout le frère de Charles, Louis, contre, il tente de faire incendier la nouvelle brasserie, avant que Louis ne tente de tuer son entrepreneur de frère.

Lors du concours annuel de la meilleure bière du Brabant, les brasseries Steenfort&Texel et De Ruiter arrivant ex æquo, De Ruiter reconnaît le courage de Charles et lui propose d'abandonner Franz pour reprendre sa brasserie. Charles accepte, avec pour garantie son mariage avec Elise De Ruiter, fille du précédent. Charles accepte, abandonnant froidement Adrienne déjà enceinte. Lors du mariage, celle-ci le maudit.

Margrit, 1886[modifier | modifier le code]

1886. Tandis que la brasserie débute elle aussi sa révolution industrielle grâce à l'invention de la réfrigération artificielle, Charles domine d'une main de fer sa brasserie comme tout le village de Dorp, ce qui lui vaut au passage d'être détesté par tous ses employés. Lors que commence le récit, son neveu Noël revient d'un voyage à Munich dans une brasserie ayant mis en place le procédé de fermentation basse ; et après avoir gouté la Lager (dépôt) obtenue grâce à ce procédé, Charles n'a alors qu'une idée en tête : être le premier en Belgique à brasser cette nouvelle bière aux vertus rafraîchissantes.

Un nouveau personnage arrive alors à Dorp, la belle Margrit Feldhof, épouse de Noël qui l'a rencontrée pendant son voyage. Bien que celle-ci soit d'accord avec le fait que la Lager est la bière de l'avenir, elle provoque Charles, ce qui fait naître un conflit passager entre eux. Par ailleurs, ce dernier voit deux obstacles de plus en plus importants se dresser contre ses projets : d'une part la montée en puissance des idées socialistes permet aux ouvriers de la brasserie de s'opposer au patron ; d'autre part Elise, unique propriétaire de la brasserie depuis la mort de son père, refuse de brasser autre chose que la special Dorp, la bière produite par l'usine depuis ses débuts. Et lors que Noël met les employés en grève en croyant agir pour leur bien, Charles s'enerve, avant de quitter la maison.

Il décide alors de créer de nouveau sa propre entreprise, sans aucun associé. Pour cela, l'aide de Margrit - devenue sa maîtresse - est nécessaire. Cependant, la seule condition que met celle-ci à un prêt à Charles est que celui-ci devienne socialiste. Il accepte donc, et fait construire de nouveaux bâtiments sur le terrain qui appartient à son ancien ami Franz, disparu depuis 1854. La Lager en bouteilles est un succès, et les bières Steenfort deviennent vites consommées dans tout le pays.

Un soir, alors que Margrit est seule chez elle, elle reçoit la visite d'un vagabond se présentant comme Pieter Texel, fils de Franz et d'Adrienne. Disposant de tous les papiers nécessaires pour prouver que le terrain - et donc la brasserie - est à lui depuis la mort de son père, il exige d'être pris comme associé de la brasserie. Il dispose accessoirement d'un second atout : il est en fait le fils caché de Charles, Adrienne étant déjà enceinte avant que Charles ne la quitte. Pour pouvoir détruire ces papiers compromettants alors que celui-ci dort, elle couche avec Pieter. Et quand celui-ci s'en aperçoit, il comprend qu'il ne peut plus rien faire. Margrit lui offre alors une certaine somme d'argent contre un contrat de vente du terrain (à son nom) et à condition qu'il parte pour l'Amérique. Celui-ci accepte, mais promet qu'il reviendra, et écrasera tous les Steenfort.

Au retour de Charles, son amante lui demande de lui faire un enfant, sans lui en dire plus. Mais, pour ne pas avoir un enfant bâtard, et pour être sûr que les deux brasseries - Steenfort et De Ruiter - reviendront à son héritier, elle passe la nuit chez Noël. La dernière planche montre l'accouchement de Margrit, qui choisit le nom de l'enfant : Adrien.

Adrien, 1917[modifier | modifier le code]

1917. Charles est mort depuis douze ans, la grande guerre a éclaté en 1914 et Margrit gère la brasserie Steenfort tandis que Noël s’occupe de la De Ruiter et qu’Adrien est sur le front, avec les soldats de l’Entente. La Belgique étant occupée, son économie est mise au service du Reich et la plupart des matières premières sont rationnées : plus d’orge, de l’avoine et du houblon de mauvaise qualité… Sur les conseils de son contremaître Servais, franc-tireur qui l’aime secrètement, Margrit se décide à aller voir l’intendant militaire de la région et se place sous sa protection. Servais révèle ses fonctions à Margrit, lui apprend qu’il cache des armes dans les bassins de fermentation inutilisés et lui avoue qu’il l’aime.

De son côté, Adrien, soldat peu engagé dans la lutte qui oppose la patrie de son père à celle de sa mère est capturé par des soldats allemands. Il rencontre un officier, lui aussi fils de brasseur, et apprend que Margrit était en réalité une prostituée Munichoise qui, pour épouser Noël, s’est faite passer pour une orpheline de bonne famille. Sentant son honneur sali, Adrien s’enfuit et est blessé en regagnant son camp.

Un soir, à Dorp, des soldats Allemands font irruption dans la brasserie et arrêtent Servais. Margrit se rend à la Kommandantur et apprend que l’intendant précédent a été muté en Hongrie. Le nouveau, bien moins cordial, la force à coopérer, et l’humilie et la viole devant Servais, en échange de la vie sauve de ce dernier.

Pendant ce temps, Adrien, soigné à l’hôpital militaire par Rose Paliseul en tombe amoureux et est promu. À son rétablissement, il décide de repartir au combat, voulant tuer un maximum d’Allemands pour se venger de l’humiliation qu’il a subi lorsqu’il était prisonnier. Rose lui demande de lui faire un enfant, pour garder un être à aimer qui vienne d’Adrien si celui-ci mourrait.

Peu avant la fin de la guerre, Rose réussit à passer le front pour se rendre chez Margrit à Dorp. Cette dernière l’accueille volontiers. Rose enfante au moment où la guerre se finit ; l’intendant force Margrit à la cacher sous peine de tuer Rose. Elle feint d’accepter, et le tue. Des francs-tireurs tentent de tondre Margrit avant que Servais ne les arrêtent ; et Adrien, vivant et indemne, revient.

Noël, 1932[modifier | modifier le code]

Adrien dirige maintenant la brasserie Steenfort. Il la modernise, la met en bourse, et entreprend de devenir une des premières brasseries du pays, voire d'Europe. En ayant racheté d'autres brasseries, sa société cumule 7% de la production nationale de bière. Mais la conjoncture est sombre : le marché de la bière est en déclin, et la plupart des pays d'Europe ont déjà leurs grands producteurs locaux, tandis que les États-Unis ont instauré la prohibition. Adrien est donc forcé de chercher sa clientèle en Belgique, et n'hésite pas à racheter des brasseries pour les fermer ensuite, s'appropriant ainsi leur ancienne clientèle.

Bien loin de ces considérations, Noël gère toujours la brasserie de Ruitier, et se contente d'écouler localement la Dorp, qui a une clientèle très fidèle. Noël vit seul, avec l'amertume du mari trompé. Margrit, qui l'avait quittée pour Charles, vit toujours aux côtés d'Adrien et participe même au conseil d'administration de la brasserie Steenfort. Margrit est aussi devenue grand-mère de 4 enfants : Charles l'ainé, et trois filles dont l'une nait au début de l'album (nommée Julienne). Adrien se révèle aussi exemplaire en affaires qu'en tant que père de famille. Charles, son seul fils, est particulièrement cher à Adrien, qui voit en lui son héritier et le futur dirigeant de sa société.

Servais, quant à lui, est toujours célibataire et aime encore Margrit. Il est hélas bien trop tard pour eux deux. Servais enseigne à Charles le métier de brasseur et voit que l'enfant apprend vite, au grand plaisir d'Adrien. Alors que l'élection de bourgmestre de Dorp approche, Adrien accueille un nouveau directeur commercial : M. Garcin, recommandé par un des actionnaires de la brasserie Steenfort. Garcin travaille en réalité pour un parti extrémiste antisémite et anti-bolchévique mené par des gens puissants et influents, dont certains rejoindront le parti nazi quelques années plus tard. Leur objectif est de faire d'Adrien leur figure de proue : c'est en effet un homme dur mais honnête en affaires, plusieurs fois décoré au cours de la guerre de 1914. Mais Adrien n'est pas intéressé par la politique : même être bourgmestre de Dorp ne l'intéresse pas.

Garcin a pour mission de le convaincre. Pour gagner sa confiance, il prend en charge la délicate mission de négocier un accord avec la brasserie Leroi, brasserie à cheval entre la France et la Belgique. Ce statut lui permet depuis longtemps d'écouler en France de la bière produite en Belgique, contournant ainsi toutes les mesures protectionnistes qui empêchent les brasseries étrangères d'investir en France. Cette brasserie est donc d'un grand enjeu stratégique. Garcin, grâce à l'aide des membres de son parti, permet le rachat de la brasserie Leroi à moindre coût, gagnant ainsi la pleine confiance d'Adrien. Garcin l'incite à entrer dans la politique, arguant que cela l'aiderait aussi dans ses affaires. A quelques semaines des élections, au grand désarroi de Margrit et Noël, Adrien fait un discours qui affiche clairement les tendances extrémistes de son nouveau parti.

Les gens de Dorp s'opposent à ce qu'Adrien soit élu bourgmestre, mais Garcin ne leur laisse pas le choix. Récompense substantielle pour ceux qui coopèrent, intimidations et menaces envers les autres, rien ne le fait reculer. Servais, qui représentait un obstacle, est enfermé par Garcin dans une cuve de refroidissement : il finit à l'hôpital, entre la vie et la mort. Margrit essaie de raisonner Adrien. Elle est la seule qui puisse lui dire en face à quel point il se couvre de honte et de ridicule. S'ensuit une dispute, où Adrien, sous le coup de la colère, affirme qu'"il n'a pas de leçon à recevoir d'une ancienne putain". Margrit comprend maintenant pourquoi son fils était si froid envers elle depuis son retour de la guerre. Adrien s'excuse, mais Margrit, bafouée, n'envisage pas de rester une nuit de plus. Elle quitte la maison, malgré les efforts de son fils pour la retenir.

Quelle ne fut pas la surprise de Noël, qui voit sa femme revenir pour reprendre la vie commune, après 48 ans de séparation. Margrit lui révèle qu'elle n'était pas une orpheline d'une riche famille bavaroise, mais bien une courtisane de luxe. Pour Noël, ce n'est pas une révélation. Il l'avait toujours su, depuis le début. Et ça ne l'a pas empêché de l'aimer, et de l'aimer encore. Il lui pardonne. Margrit a enfin avoué tous ses pêchés. Elle peut enfin être en paix avec elle-même. Peu après, le patron de la brasserie Leroi tente d'assassiner Adrien, le considérant responsable de la tentative de suicide de son associée, que Garcin avait séduite puis utilisée pour arriver à ses fins, à savoir récupérer des documents compromettants pour la brasserie, ce qui a permis à la brasserie Steenfort de la racheter par la suite. Mais Garcin neutralise Leroi, sauvant la vie d'Adrien.

Mais Adrien mène son enquête, et découvre tous les méfaits de Garcin. Servais, sorti de l'hôpital, témoigne également que Garcin a essayé de le tuer. Adrien, ainsi que les principales personnes lésées par Garcin, décident de chasser ce dernier plutôt que de le traduire en justice. Et bien entendu, Adrien renonce à ses ambitions politiques. Garcin, furieux d'avoir échoué, persifle des menaces avant de s'en retourner. Le dimanche suivant, les élections ont lieu, et le bourgmestre habituel est réélu largement. Alors qu'Adrien se réconcilie avec tous les habitants du village et avec Margrit, sa brasserie prend feu. C'est un coup de Garcin. Or c'est précisément le dimanche que Servais enseigne à Charles le métier de brasseur. Ils périssent tous les deux dans l'incendie. Adrien maudit Garcin et jure de se venger.

Julienne, 1950[modifier | modifier le code]

Après la meurtrière seconde Guerre mondiale, 1950 marque un âge d'or pour la brasserie : plan marshall, premiers accords européens, sont autant de bonnes raisons pour les grands groupes d'investir pour l'avenir. C'est en tout cas la stratégie d'Adrien, qui a fait des brasseries Steenfort un empire de premier rang en Europe. Adrien est vieux à présent. Après la mort de son fils Charles, puis celle de sa femme Rose, il est devenu acariâtre, sévère, voire tyrannique envers ses employés. Tyrannique surtout envers Gérard et Frédéric, cadres de son groupe, qui ont pris pour épouse ses deux premières filles. Adrien n'hésite pas à leur reprocher leur incompétence en public.

Cette année marque les dix-huit ans de Julienne, dernière fille d'Adrien, la seule qui ne soit pas encore mariée. Toute la famille est réunie ce jour là : Adrien, ses filles et leurs maris, ainsi que l'oncle Noël, qui a à présent 96 ans. Julienne vit seule avec son père (et la domestique Delphine), et n'a qu'une envie : quitter le monde de la brasserie pour faire de l'archéologie, discipline qu'elle étudie en ce moment à l'université. La rupture devient nette lorsqu'Adrien demande à sa fille d'épouser Michaël Fenton, seul héritier du groupe Fenton Breweries, deuxième brasseur de Grande-Bretagne. Julienne, sur demande de son père, avait accepté de faire visiter la ville à Michaël, qui était en visite en Belgique pour un accord entre les deux groupes. Mais il est hors de question qu'elle se marie juste pour créer un grand groupe européen Fenton-Steenfort. Elle compte bien choisir son mari comme ses deux grandes sœurs.

Les ennuis commencent pour Adrien lorsqu'un acheteur inconnu tente d'acquérir une part majoritaire de son groupe. Il rachète aux banques actionnaires de Steenfort les parts qu'elles détiennent au prix fort. Pourtant, Adrien n'est pas inquiet : lui et ses filles détiennent 65% des parts de sa société. Il a tort, car ses deux filles ainées ont vendu les parts qu'elles détenaient pour 60 millions chacune de francs belges. Cet acheteur mystérieux est donc en position de force pour obtenir 51% des parts du groupe Steenfort et ainsi évincer Adrien de la direction du groupe. Ce dernier doit réagir vite : la loi lui permet de racheter, au même prix et pour son compte, toutes les actions vendues. Adrien met ainsi en vente un maximum de brasseries pour essayer de récupérer une part majoritaire. Il se bat de toutes ses forces, convaincu que des cendres de son royaume, il bâtira un empire.

Mais la situation devient vite critique : à cause de la politique d'investissement d'Adrien, ses actionnaires n'ont pas encore touché un sou, et ils sont tous disposés à vendre à bon prix leurs actions. De plus, toujours avec cette politique, Steenfort est fortement endettée auprès des banques. Tout le monde dans le milieu de la brasserie donne Adrien perdant. Ce dernier se retrouve vite dos au mur : racheter pour 100 millions les 8% de parts qui lui manquent, alors que son groupe cumule déjà une dette de 200 millions. Pire, l'acheteur se révèle être le groupe Texel, grand brasseur américain. A travers cette joute financière s'exprime toute la rancune de Pieter Texel, fils caché de Charles et d'Adrienne, que Margrit a dépossédé de son droit de succession sur les brasseries Steenfort. Arrivé en Amérique, il a construit un groupe de brasserie encore plus imposant que Steenfort, et son fils Karl Texel semble déterminé à solder les comptes.

Adrien a besoin de se confier. De se confier à cette personne, emmurée dans les ruines de la brasserie brûlée où son fils a perdu la vie. C'est depuis cet incident qu'il vient, chaque soir sans exception, rendre visite à cette personne et lui donner de quoi manger, tout en se confiant à elle. Cette personne, c'est Garcin. En mettant le feu à la brasserie, il s'est retrouvé enfermé derrière un mur après que celle-ci se soit écroulée. Après douze années dans de telles conditions, Garcin est dans un triste état : il n'a plus jamais revu la lumière du jour et ses dents se sont déchaussées. Il n'a même plus le courage de gémir ou de parler, tout juste d'attendre la visite d'Adrien, signe qu'il vivra un jour de plus dans sa sinistre geôle. Adrien est même allé jusqu'à payer une agence de détectives pour retrouver Garcin, afin de s'assurer que personne ne soupçonne qu'il soit encore en vie, sous les décombres de cette brasserie. Garcin est devenu son seul confident et ami, et Adrien est chaque soir impatient de lui parler.

Julienne traverse elle aussi un moment difficile. Si son père n'arrive pas à réunifier son groupe, Texel va non seulement l'exclue de la présidence du groupe, mais aussi lui demander des dommages et intérêts pour mauvaise gestion financière. Toutes les possessions personnelles d'Adrien seront saisies, et il se retrouvera sans le sou. Sans son père pour lui financer ses études et lui fournir un toit, Julienne risque de connaître le même sort. Une alternative se présente à elle, toutefois. Elle reçoit la visite de Sir Rodrick Fenton, père de Michaël. Si le groupe Steenfort émet de nouveaux titres, Fenton s'engage à les racheter à haut prix. Cela permettra au groupe de rembourser ses dettes, et à Fenton de posséder 37% des parts du groupe. Ce qui, avec les parts que possède déjà Julienne et Adrien, laissera à Texel que 47% des parts totales. Mais Fenton y met une condition : Julienne doit épouser Michaël.

Bien que Michaël soit passionnément amoureux de Julienne, au point de lui avoir pris un baiser au cours de sa visite en Belgique, ce sentiment n'est pas réciproque. Julienne le trouve gentil et bien élevé, mais ce n'est pas ce genre d'homme qu'elle préfère. Devant un tel dilemme, elle va rendre visite à son oncle Noël. Ce dernier, incapable de la conseiller, lui remet les mémoires de Margrit. Dans ce livre est racontée toute l'histoire des Steenfort, depuis que Charles Steenfort s'est installé à Dorp. Julienne, après avoir passé la soirée à le lire, se décide d'épouser Michaël, ce qui sauve le groupe Steenfort. Mais Adrien, entretemps, a fait une crise cardiaque, et après quatre jours d'hôpital, arrive bien trop tard pour donner à manger à Garcin. Parler à Garcin était devenu au fil des années une drogue pour Adrien. Pris de folie, il maudit Garcin de s'être laissé mourir et brûle son cadavre avant de se tirer une balle dans la tête.

Jay, 1973[modifier | modifier le code]

Frank, 1997[modifier | modifier le code]

Les Steenfort[modifier | modifier le code]

Albums parus[modifier | modifier le code]

Dans la collection « Grafica » de Glénat :

  1. Charles, 1854 ; 1992, 49 p., (ISBN 2-7234-1425-6), (notice BnF no FRBNF35543783x) ;
  2. Margrit, 1886 ; 1993, 49 p., (ISBN 2-7234-1626-7), (notice BnF no FRBNF357097200) ;
  3. Adrien, 1917 ; 1994, 49 p., (ISBN 2-7234-1740-9), (notice BnF no FRBNF36152324q) ;
  4. Noël, 1932 ; 1995, 49 p., (ISBN 2-7234-1916-9), (notice BnF no FRBNF36155153g) ;
  5. Julienne, 1950 ; 1996, 49 p., (ISBN 2-7234-2154-6), (notice BnF no FRBNF36164318g) ;
  6. Jay, 1973 ; 1997, 50 p., (ISBN 2-7234-2401-4), (notice BnF no FRBNF367072626) ;
  7. Frank, 1997 ; 1998, 50 p., (ISBN 2-7234-2700-5), (notice BnF no FRBNF37678857x) ;
  8. Les Steenfort ; 2001, 56 p., (ISBN 2-7234-2928-8), (notice BnF no FRBNF39117091t).

Tous les volumes ont fait l'objet, à partir de 1992, sous le titre d'ensemble « De Meesters van de Gerst » (strictement adapté du titre français), d'une traduction en néerlandais, chez Glénat Benelux, à Bruxelles.

Divers[modifier | modifier le code]

La série a fait l'objet d'une adaptation télévisuelle en six épisodes, réalisée par Jean-Daniel Verhaeghe : Les Steenfort, maîtres de l'orge, diffusée en 1996 pour les trois premiers épisodes puis en 1999 pour les trois derniers (sous le nom "Le destin des Steenfort").