Les Maîtres de l'orge

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Les Maîtres de l'orge
Série
Scénario Jean Van Hamme
Dessin Francis Vallès
Genre(s) Franco-belge

Personnages principaux Charles Steenfort

Pays Drapeau de la France France
Langue originale Français
Éditeur Glénat
Collection Grafica
Nb. d’albums 8

Les Maîtres de l'orge est une série de bande dessinée créée par Jean Van Hamme et illustrée par Francis Vallès.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette série raconte les aventures de la famille Steenfort sur plusieurs générations, de la création d'une brasserie artisanale dans le Brabant belge à la moitié du XIXe siècle à la constitution d'une multinationale de la bière ayant son siège aux États-Unis à l'aube de l'an 2000. Elle mêle une documentation précise sur la tradition du brassage artisanal à un arrière fond historico-économique, qui retranscrit bien les évolutions du monde occidental depuis un siècle à travers l'exemple des brasseries, et à toutes sortes de péripéties purement romanesques qui arrivent aux différents personnages.

Chaque tome suit plus particulièrement un des membres de la famille à un moment clé de sa vie et de l'histoire des brasseries Steenfort. En général, il s'écoule 25 ans entre chaque épisode, ce qui n'empêche pas certains personnages d'apparaître dans plusieurs tomes d'affilée.

Le dernier volume, Les Steenfort, est une recueil d'histoires courtes qui font la lumière sur différents événements se produisant entre chacun des autres tomes.

Charles, 1854[modifier | modifier le code]

1854. Charles Steenfort est un jeune novice dans un monastère ardennais. Sa communauté, en plus de prier Dieu, produit de la bière. Un jour, il rencontre Adrienne Madrier, dont il tombera rapidement amoureux. Cependant, il ne peut à la fois aimer une femme et intégrer le clergé : après avoir fait l'amour avec elle, il s'enfuit du monastère pour regagner son village natal qu'il avait quitté après la mort de ses parents : Dorp. Il y retrouve son ancien ami Franz Texel, depuis peu orphelin lui aussi, et le convainc de s'associer avec lui pour devenir brasseur.

Cependant, le bourgmestre du village, Monsieur De Ruiter ne voit pas cette association d'un très bon œil, celui-ci étant aussi le patron de la principale brasserie de la région. Et tandis que Charles et Franz, au cours de longs mois, tentent de produire la meilleure bière possible, De Ruiter fait tout son possible pour les en empêcher : après avoir dressé le village tout entier et surtout le frère de Charles, Louis, contre, il tente de faire incendier la nouvelle brasserie, avant que Louis ne tente de tuer son entrepreneur de frère.

Lors du concours annuel de la meilleure bière du Brabant, les brasseries Steenfort&Texel et De Ruiter arrivant ex æquo, De Ruiter reconnaît le courage de Charles et lui propose d'abandonner Franz pour reprendre sa brasserie. Charles accepte, avec pour garantie son mariage avec Elise De Ruiter, fille du précédent. Charles accepte, abandonnant froidement Adrienne déjà enceinte. Lors du mariage, celle-ci le maudit.

Margrit, 1886[modifier | modifier le code]

1886. Tandis que la brasserie débute elle aussi sa révolution industrielle grâce à l'invention de la réfrigération artificielle, Charles domine d'une main de fer sa brasserie comme tout le village de Dorp, ce qui lui vaut au passage d'être détesté par tous ses employés. Lors que commence le récit, son neveu Noël revient d'un voyage à Munich dans une brasserie ayant mis en place le procédé de fermentation basse ; et après avoir gouté la Lager (dépôt) obtenue grâce à ce procédé, Charles n'a alors qu'une idée en tête : être le premier en Belgique à brasser cette nouvelle bière aux vertus rafraîchissantes.

Un nouveau personnage arrive alors à Dorp, la belle Margrit Feldhof, épouse de Noël qui l'a rencontrée pendant son voyage. Bien que celle-ci soit d'accord avec le fait que la Lager est la bière de l'avenir, elle provoque Charles, ce qui fait naître un conflit passager entre eux. Par ailleurs, ce dernier voit deux obstacles de plus en plus importants se dresser contre ses projets : d'une part la montée en puissance des idées socialistes permet aux ouvriers de la brasserie de s'opposer au patron ; d'autre part Elise, unique propriétaire de la brasserie depuis la mort de son père, refuse de brasser autre chose que la special Dorp, la bière produite par l'usine depuis ses débuts. Et lors que Noël met les employés en grève en croyant agir pour leur bien, Charles s'enerve, avant de quitter la maison.

Il décide alors de créer de nouveau sa propre entreprise, sans aucun associé. Pour cela, l'aide de Margrit - devenue sa maîtresse - est nécessaire. Cependant, la seule condition que met celle-ci à un prêt à Charles est que celui-ci devienne socialiste. Il accepte donc, et fait construire de nouveaux bâtiments sur le terrain qui appartient à son ancien ami Franz, disparu depuis 1854. La Lager en bouteilles est un succès, et les bières Steenfort deviennent vites consommées dans tout le pays.

Un soir, alors que Margrit est seule chez elle, elle reçoit la visite d'un vagabond se présentant comme Pieter Texel, fils de Franz et d'Adrienne. Disposant de tous les papiers nécessaires pour prouver que le terrain - et donc la brasserie - est à lui depuis la mort de son père, il exige d'être pris comme associé de la brasserie. Il dispose accessoirement d'un second atout : il est en fait le fils caché de Charles, Adrienne étant déjà enceinte avant que Charles ne la quitte. Pour pouvoir détruire ces papiers compromettants alors que celui-ci dort, elle couche avec Pieter. Et quand celui-ci s'en aperçoit, il comprend qu'il ne peut plus rien faire. Margrit lui offre alors une certaine somme d'argent contre un contrat de vente du terrain (à son nom) et à condition qu'il parte pour l'Amérique. Celui-ci accepte, mais promet qu'il reviendra, et écrasera tous les Steenfort.

Au retour de Charles, son amante lui demande de lui faire un enfant, sans lui en dire plus. Mais, pour ne pas avoir un enfant bâtard, et pour être sûr que les deux brasseries - Steenfort et De Ruiter - reviendront à son héritier, elle passe la nuit chez Noël. La dernière planche montre l'accouchement de Margrit, qui choisit le nom de l'enfant : Adrien.

Adrien, 1917[modifier | modifier le code]

1917. Charles est mort depuis douze ans, la grande guerre a éclaté en 1914 et Margrit gère la brasserie Steenfort tandis que Noël s’occupe de la De Ruiter et qu’Adrien est sur le front, avec les soldats de l’Entente. La Belgique étant occupée, son économie est mise au service du Reich et la plupart des matières premières sont rationnées : plus d’orge, de l’avoine et du houblon de mauvaise qualité… Sur les conseils de son contremaître Servais, franc-tireur qui l’aime secrètement, Margrit se décide à aller voir l’intendant militaire de la région et se place sous sa protection. Servais révèle ses fonctions à Margrit, lui apprend qu’il cache des armes dans les bassins de fermentation inutilisés et lui avoue qu’il l’aime.

De son côté, Adrien, soldat peu engagé dans la lutte qui oppose la patrie de son père à celle de sa mère est capturé par des soldats allemands. Il rencontre un officier, lui aussi fils de brasseur, et apprend que Margrit était en réalité une prostituée Munichoise qui, pour épouser Noël, s’est faite passer pour une orpheline de bonne famille. Sentant son honneur sali, Adrien s’enfuit et est blessé en regagnant son camp.

Un soir, à Dorp, des soldats Allemands font irruption dans la brasserie et arrêtent Servais. Margrit se rend à la Kommandantur et apprend que l’intendant précédent a été muté en Hongrie. Le nouveau, bien moins cordial, la force à coopérer, et l’humilie : elle se retrouve obligée de faire l’amour avec un soldat sous les yeux de Servais, à l’intendant, de nettoyer des vêtements avec la langue… pour ne pas que son contremaître soit exécuté.

Pendant ce temps, Adrien, soigné à l’hôpital militaire par Rose Paliseul en tombe amoureux et est promu. À son rétablissement, il décide de repartir au combat, voulant tuer un maximum d’Allemands pour se venger de l’humiliation qu’il a subi lorsqu’il était prisonnier. Rose lui demande de lui faire un enfant, pour garder un être à aimer qui vienne d’Adrien si celui-ci mourrait.

Peu avant la fin de la guerre, Rose réussit à passer le front pour se rendre chez Margrit à Dorp. Cette dernière l’accueille volontiers. Rose enfante au moment où la guerre se finit ; l’intendant force Margrit à la cacher sous peine de tuer Rose. Elle feint d’accepter, et le tue. Des francs-tireurs tentent de tondre Margrit avant que Servais ne les arrêtent ; et Adrien, vivant et indemne, revient.

Noël, 1932[modifier | modifier le code]

Julienne, 1950[modifier | modifier le code]

Jay, 1973[modifier | modifier le code]

Frank, 1997[modifier | modifier le code]

Les Steenfort[modifier | modifier le code]

Albums parus[modifier | modifier le code]

Dans la collection « Grafica » de Glénat :

  1. Charles, 1854 ; 1992, 49 p., (ISBN 2-7234-1425-6), (notice BnF no FRBNF35543783x) ;
  2. Margrit, 1886 ; 1993, 49 p., (ISBN 2-7234-1626-7), (notice BnF no FRBNF357097200) ;
  3. Adrien, 1917 ; 1994, 49 p., (ISBN 2-7234-1740-9), (notice BnF no FRBNF36152324q) ;
  4. Noël, 1932 ; 1995, 49 p., (ISBN 2-7234-1916-9), (notice BnF no FRBNF36155153g) ;
  5. Julienne, 1950 ; 1996, 49 p., (ISBN 2-7234-2154-6), (notice BnF no FRBNF36164318g) ;
  6. Jay, 1973 ; 1997, 50 p., (ISBN 2-7234-2401-4), (notice BnF no FRBNF367072626) ;
  7. Frank, 1997 ; 1998, 50 p., (ISBN 2-7234-2700-5), (notice BnF no FRBNF37678857x) ;
  8. Les Steenfort ; 2001, 56 p., (ISBN 2-7234-2928-8), (notice BnF no FRBNF39117091t).

Tous les volumes ont fait l'objet, à partir de 1992, sous le titre d'ensemble « De Meesters van de Gerst » (strictement adapté du titre français), d'une traduction en néerlandais, chez Glénat Benelux, à Bruxelles.

Divers[modifier | modifier le code]

La série a fait l'objet d'une adaptation télévisuelle en six épisodes, réalisée par Jean-Daniel Verhaeghe : Les Steenfort, maîtres de l'orge, diffusée en 1996 pour les trois premiers épisodes puis en 1999 pour les trois derniers (sous le nom "Le destin des Steenfort").