Lacandons

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Lacandon)
Aller à : navigation, rechercher

Les Lacandons[1] sont une ethnie amérindienne de la selva lacandona ( "La Forêt"), au cœur de la forêt tropicale de l'État mexicain du Chiapas, près de la frontière sud avec le Guatemala. Ils vivent dans des villages le long de la partie mexicaine de l'Usumacinta et de ses affluents. Les Lacandons sont l'un des groupes les plus isolées des ethnies indigènes du Mexique. Presque éteinte en 1943, leur population ne compte plus aujourd'hui que cinq cents personnes. Ils sont de langue et de culture macro-maya.

Culture[modifier | modifier le code]

Les Lacandons ont échappé au contrôle espagnol pendant la période coloniale en vivant dans de petites communautés fermières au cœur de la jungle du Chiapas et du département de Petén au Guatemala. Ils évitèrent tout contact avec les Espagnols. Leur culture est donc restée proche de celle de leurs ancêtres de l'époque pré-colombienne. Au XXe siècle ils continuaient à fabriquer des pointes de flèches pour chasser. Aujourd'hui ces flèches sont vendues aux touristes. Ils s'ouvrent au monde extérieur depuis la moitié du XXe siècle

Les Lacandons vouent un culte à tout un panthéon de dieux et déesses. Les lieux de cultes sont des petites huttes situées en bordure des villages. Ces huttes abritent des plateaux d'argile sur lesquels brûlent des sortes d'encens. Chacune des huttes est décorée avec le visage de la divinité qui y est vénérée. Les Lacandons font aussi des pèlerinages vers les anciens sites maya pour y prier. Ils croient que ces sites ont servi de demeures à leurs dieux avant que ceux-ci ne quittent la Terre pour les cieux. Le site maya de Bonampak ne fut découvert par le monde extérieur que quand des Lacandons y escortèrent le photographe américain Giles Healy.

Peu de Lacandons continuent à vouer un culte à leurs divinités traditionnelles en particulier dans la zone nord de leur territoire (près des lacs Naja et Metzabok). Dans le sud, une épidémie de fièvre jaune causa de nombreux morts et cassa la cohésion sociale ce qui favorisa la propagation du christianisme chez ce peuple. La traduction du Nouveau Testament dans leur langue accentua encore le phénomène. Dans le nord, le chef spirituel Chan K'in, mort en 1996, s'applique toute sa vie à maintenir vivantes les traditions de son peuple.

Langue[modifier | modifier le code]

Les Lacandons parlent un langage maya particulièrement proche du maya yucatèque. Dans leur langue, ils se nomment eux-mêmes Hach Winik (vrais hommes) et ils nomment leur langue Hach T'ən (vraie langue). Leur langue s'est enrichie d'emprunts lexicaux aux langues Ch'ol et Tzeltal.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Les interactions entre les Lacandons et le monde extérieur se sont accélérées ces 30 dernières années. Dans les années 1970, les autorités mexicaines commencèrent à payer les Lacandons pour prélever du bois dans leurs forêts. Dans le même temps, le gouvernement a construit des routes qui ont aidé à l'installation de nouvelle fermes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ethnie devenue célèbre en France grâce à Jacques Soustelle. Le nom de ce groupe amérindien s'orthographie aussi dans la littérature scientifique sans le pluriel. L'Encyclopédie Universalis utilise également le singulier.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baer, Phillip & Dr William R. Merrifield (1971) "Deux études sur la Lacandones du Mexique", Dallas, TX: SIL Publications.
  • Blom, Frans et Gertrude Duby Blom (1955) "La Selva Lacandona", Mexico City: Editorial Cultura.
  • Boremanse, Didier (1998) "Hach Winik: The Lacandon Mayas du Chiapas, au sud du Mexique", Austin, University of Texas Press.
  • Comte, Hubert (1996), "Yucátan", éd. Volets verts ((ISBN 978-2910090-08-6)[à vérifier : La somme de contrôle devrait être 1 et non 6, demandé le 3 novembre 2013]). La rencontre entre l'ethnologue Alfred Métraux et les Indiens Lacandons au temple de Bonampak.
  • McGee, Jon (1990) "La vie, les rituels, et de la religion parmi les Lacandon Maya", Belmont, CA: Wadsworth Publishing Co.
  • McGee, Jon (2002) "Watching Lacandon Maya Lives", Boston: Allyn et Bacon.
  • Perera, Roberto Victor & Bruce (1982) "The Last Lords de Palenque: The Lacandon Mayas de la forêt tropicale, du Mexique", Boston: Little, Brown.
  • Pérez, Patrick (2005) "Petite encyclopédie maya ; l'environnement des Lacandons de Lacanjà (Chiapas, Mexique)", Paris : L'Harmattan.
  • Prix, Christine & Gertrude Duby Blom (1972) "héritiers de l'ancien Maya: un portrait des Indiens Lacandon", New York: Scribner.
  • Rittlinger, Herbert (1961) "Dernière des Mayas", New York: Taplinger Publishing Co.
  • Roeling, Sebastiaan (2007) "Ombres de Bonampak: An Extensive ethnographie de la Lacandon Maya de Chiaps, Mexique" Rotterdam: Uitgeverij S. Roeling.
  • Jacques Soustelle. La culture matérielle des Indiens Lacandons. Journal de la Société des Américanistes, 1937, vol. 29, no 1, p. 1-96.
  • Soustelle, Jacques :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]