La Rue sans joie (film, 1925)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le film de Georg Wilhelm Pabst. Pour le film d'André Hugon, voir La Rue sans joie (film, 1938).
Greta Garbo

La Rue sans joie (titre original : Die Freudlose Gasse) est un film allemand réalisé par Georg Wilhelm Pabst, sorti en 1925.

Synopsis[modifier | modifier le code]

À Vienne en 1921, dans la rue “Sans Joie” (rue Melchior) d’un quartier misérable, sévissent une mère maquerelle manipulatrice et un boucher impitoyable alors que famine et misère écrasent les foyers des pauvres gens et la classe moyenne. La prostitution dans les endroits fréquentés par des riches reste la seule solution pour survivre. Une jeune femme dans le besoin se laisse tenter par une entremetteuse. Finalement l’amour d’un soldat américain la sauvera de la déchéance.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

La Rue sans joie est à la fois un des plus importants films allemands des années 1920 et un cas de censure des plus spectaculaires de l’époque. L’histoire qui se déroule à Vienne en 1921 - pendant la crise économique (période inflationniste) qui suivit la Première Guerre mondiale - a été considérée comme une véritable provocation : riches spéculateurs qui se complaisent dans un luxe babylonien, population sans emploi vivant dans des gourbis infâmes, jeunes femmes livrées à la prostitution ou contraintes de vendre leur âme à un boucher pour un morceau de viande, police impuissante voire complice, anciens bureaucrates arrogants mais ruinés ignorant leur propre dégringolade sociale, jeunes arrivistes gigolos, orgies sexuelles dans des bordels clandestins pour vieux fortunés, meurtre par jalousie, couple poussé au suicide par la misère et, finalement, révolte de la population.

Si le film rendit célèbre le futur réalisateur de Loulou, les institutions publiques de contrôle s’assurèrent que jamais personne ne verrait cette œuvre dans sa forme originale. La version initiale de La Rue sans joie avait une longueur de 3738 mètres (seuls 4 mètres avaient été supprimés par la censure en mai 1925). Le film revint devant la cour de justice le 29 mars 1926, après la publication par la police d’un décret demandant l’interdiction totale du film, en raison du caractère lubrique et des tendances séditieuses qui s’y manifestaient. La durée du film fut ramenée à 3477 mètres. Par la suite, le film ne fut pas seulement coupé pour des raisons politiques et morales dans chaque pays où il fut projeté. Il fut également à nouveau “révisé” pour rattraper les énormes trous créés par les coupes de la censure ! Ainsi, dans presque chaque pays émergea une version locale du film de Pabst

En montrant le destin de jeunes femmes dans une Vienne en crise, Pabst peint le tableau d’une époque. Il substitue à l’effusion pathétique de l’expressionnisme un art du constat froidement objectif (qui n’est pas sans rappeler le travail d’artistes qui avaient précédemment œuvré au sein de la branche berlinoise du mouvement Dada : George Grosz et Otto Dix).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]