L'Heure joyeuse

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L'Heure joyeuse
Présentation
Coordonnées 48° 51′ 07″ N 2° 20′ 42″ E / 48.85208333, 2.345 ()48° 51′ 07″ Nord 2° 20′ 42″ Est / 48.85208333, 2.345 ()  
Pays Drapeau de la France France
Ville PARIS
Adresse 6-12 rue des Prêtres Saint-Séverin
Informations
Nombre de livres 30 000 (2013)

L'Heure joyeuse est une bibliothèque municipale parisienne destinée à la jeunesse, située dans le 5e arrondissement.

Historique[modifier | modifier le code]

La bibliothèque L'Heure joyeuse a été inaugurée le 12 novembre 1924, au 3 rue Boutebrie[1] près de la Sorbonne, entre le musée de Cluny et l'église Saint-Séverin. Elle fut la première bibliothèque municipale de France créée spécialement pour la jeunesse.

Il s'agit à l'origine d'une initiative du Book Committee on Children's Librairies, fondation américaine créée à New York le 12 novembre 1918, dont la Présidente était alors Mrs John L. Griffiths. L'objectif était de doter la Belgique[2] et la France d'œuvres éducatives qui aideraient les enfants de ces pays à reprendre leur équilibre après la guerre. Les États-Unis étaient alors les pionniers des bibliothèques publiques pour la jeunesse, et Mrs Griffiths avait été étonnée de constater combien les enfants de ces deux pays avaient peu de livres à leur disposition.

L'initiative avait été soutenue par des personnalités telles que le bibliothécaire Eugène Morel, pionnier de la Lecture publique en France. Elle se heurta en revanche à la mauvaise volonté durable de l'administration des Bibliothèques de la Ville de Paris, qui n'en voyait pas l'intérêt. Une initiative similaire, due au Comité américain des régions dévastées, avait pourtant permis d'ouvrir en 1920 rue Fessart, dans le 19e arrondissement, une bibliothèque publique d'adultes avec une section pour enfants, après cinq autres bibliothèques dans l'Aisne.

L'inauguration fut un grand succès, puisqu'il fallut organiser un service d'ordre pour faire entrer les nombreux enfants par petits groupes. Le personnel de la bibliothèque se composait alors de « trois jeunes filles » : la directrice, Claire Huchet, ancienne secrétaire-bibliothécaire de Mrs Griffiths ; Marguerite Gruny, formée par Claire Huchet ; et Mathilde Leriche, qui avait abandonné ses études en Faculté pour se joindre à l'aventure.

La bibliothèque, gratuite, autorisait la lecture sur place et le prêt à domicile. Le fonds était partagé entre les livres d'imagination (livres d'images, contes, romans) et les livres documentaires, classés selon la classification Dewey. Les filles et les garçons étaient reçus dans la même salle, ce qui souleva des réticences à l'époque. Le mobilier, fonctionnel, était similaire à celui qui était utilisé aux États-Unis

L'Heure joyeuse resta à la charge du Book Committee pendant un an, après quoi, le 12 novembre 1925, la Ville de Paris la reprit à sa charge, avec un fonds de 2 000 livres offerts par le Comité.

En 1933, le nombre des bibliothécaires tombe à deux par suite d'un départ, et restera à ce niveau par mesure d'« économie » de la part de l'Administration.

La bibliothèque eut un aspect expérimental et social, avec la création d'une « Assemblée générale des lecteurs », une activité de conseil aux enfants dans leurs choix de lecture, l'organisation de « Cercles de poésie », des activités de chant, des expositions préparées par les enfants, et des lectures à haute voix, dont la célèbre « Heure du conte », assurée hebdomadairement par une bibliothécaire et destinée surtout aux enfants de six à onze ans.

À partir de 1939, des classes scolaires commencent à fréquenter la bibliothèque avec leur maître[3]. Pendant l'Occupation, la bibliothèque fonctionne cependant au ralenti. Peu à peu s'organise aussi une activité de formation de stagiaires, tandis que l'aspect de centre documentaire prend lui aussi de l'importance.

En 1969, alors qu'elle s'apprêtait à emménager dans de nouveaux locaux, L'Heure joyeuse disposait d'un fonds de plus de 20 000 livres.

La bibliothèque actuelle[modifier | modifier le code]

La bibliothèque actuelle se situe 6-12 rue des Prêtres-Saint-Séverin (Paris 5e, métro Saint-Michel), à proximité de son emplacement originel. Elle constitue l'un des 57 établissements de prêt de la Ville de Paris.

La bibliothèque organise de nombreuses animations, expositions, lectures et ateliers. Elle possède également le deuxième fonds de livres anciens en France après la Bibliothèque nationale - plus de 45 000 ouvrages - et attire des chercheurs et des professionnels qui travaillent sur le livre pour enfants[4],[5].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Mathilde Leriche, 50 ans de littérature de jeunesse, Magnard – L’École (Coll. Lecture en liberté), 1979
  • L'Heure joyeuse, 1924-1994 : 70 ans de jeunesse (Collectif : Viviane Ezratty, Françoise Lévèque, Françoise Tenier & al., avec documents photographiques) (ISBN 978-2906869639)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décrite par Mathilde Leriche comme étant à l'époque « une laide petite rue », comprenant « des hôtels meublés douteux et des maisons tristes et pauvres ». La bibliothèque était installée dans l'ancien préau d'une école désaffectée.
  2. La première Heure joyeuse avait été ouverte en septembre 1920, rue de la Paille à Bruxelles.
  3. Le corps enseignant s'était lui aussi montré plutôt hostile à l'initiative, peut-être parce qu'elle concurrençait « l'étude payante ». M. Leriche mentionne le cas d'un instituteur qui « allait jusqu'à se cacher sous les portes cochères » pour surprendre ses propres élèves auxquels il interdisait la fréquentation de la bibliothèque...
  4. Le Petit Futé
  5. Nic Diament par exemple a beaucoup utilisé ce fonds pour réaliser son Dictionnaire des écrivains français pour la jeunesse 1914-1991.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]