Là-bas si j'y suis

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Là-bas si j'y suis
Image illustrative de l'article Là-bas si j'y suis
L'émission en 2010.

Présentation Daniel Mermet
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Diffusion
Station France Inter
Création 1989 [1]
Disparition 2014[1]
Horaires Lundi au jeudi
de 15 à 16 heures
Rediffusion pas de rediffusion
Podcasting Lien
Site web www.la-bas.org

L'officiel (jusqu'en juin 2014) était: franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis[2]

Là-bas si j'y suis est une émission de radio diffusée sur France Inter de 1989 à 2014, produite et animée par Daniel Mermet. Cette émission quotidienne, diffusée l'après-midi en semaine, a plusieurs fois changé d'horaire.

Là-bas si j'y suis est principalement constituée de reportages, suivant une ligne éditoriale critique et engagée. Abordant de nombreux thèmes (société, voyages, luttes, média, etc.), elle tente de donner un éclairage différent à l'actualité, tant locale qu'internationale en donnant la parole à ceux qui ont moins d'exposition médiatique. Elle est qualifiée par son animateur de « modeste et géniale » [3]. Elle constitue une émission atypique dans le paysage radiophonique français.

Un autre élément non négligeable de cette émission est, dans les premières minutes, la diffusion d'une sélection de messages laissés par les AMG (« auditeurs modestes et géniaux ») sur le répondeur téléphonique de l'émission, qui donnent entre autres des informations sur la vie sociale locale, ainsi que les dates et lieux des « repaires de là-bas », débats réunissant des amateurs de l'émission.

L'émission[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

La vie des gens d'ici ou d'autres pays, les mouvements sociaux ou les ghettos des riches, les menaces sur les services publics ou les lobbies des sociétés multinationales, l'altermondialisme, les OGM, les nanotechnologies, le microcrédit, sont quelques-uns des thèmes abordés par l'émission. Daniel Mermet diffuse de nombreux reportages réalisés à l'étranger, en Grèce, en Italie, en Espagne, au Maghreb, en Amérique, à Dubaï, en Palestine, etc. Là-bas si j'y suis s’ouvre chaque jour par une sélection de messages reçus sur le répondeur téléphonique de l'émission. Les auditeurs y réagissent à l'actualité, y expriment leurs accords ou leurs désaccords avec les thèmes traités par les émissions précédentes, y font part de leurs colères ou de leur enthousiasme parfois avec humeur et souvent avec humour…

Dans le journal mensuel Le Monde diplomatique, le journaliste Jean-Claude Guillebaud écrit en février 2000 : « Là-bas si j’y suis n’est pas seulement une magnifique innovation radiophonique que plusieurs prix ont récompensée. C’est aussi quelque chose comme un contre-pouvoir médiatique, un lieu unique de résistance à l’air du temps. Les oubliés de la grande information y retrouvent les vaincus du système, les sans-grade et sans-paillettes, les anonymes du bout de la France ou les copains de bistrot que les reporters de l’équipe Mermet savent écouter avec une fraternité sans chichis » [4].

L'émission accueille une fois par mois des journalistes du Monde diplomatique qui viennent parler des sujets abordés dans le numéro en cours de publication.

Le générique de l'émission est issue du titre Love for Sale (en) de Cole Porter dans l'enregistrement de Cannonball Adderley.

L'émission utilise un jingle qui est le bruit d'échappement d'une moto américaine Harley Davidson.

L'équipe[modifier | modifier le code]

De nombreux reporters ont travaillé pour Là-bas si j'y suis : Giv Anquetil, Antoine Chao, Charlotte Perry, François Ruffin, Anaëlle Verzaux, Gaylord Van Wymeersch, Sylvie Coma, Zoé Varier, Hervé Pauchon, Leila Djitli, Olivia Gesbert, Pascale Pascariello, Francesco Giorgini, Claire Hauter, Sonia Kronlund, Renaud Lambert, Sophie Le Chevalier, Julien Brygo, Inès Léraud, Christelle Loigerot, Aude Merlin, Anne Riou, Sylvain Savolainen, Thierry Scharf, Sophie Simonot, Dillah Teibi, Sarah Lefèvre, Emmanuelle Walter et Ludovic Dunod.

Plusieurs réalisateurs se sont succédé entre 1989 et 2014 : Jérôme Chelius, Franck Haderer, Bruno Carpentier, Antoine Chao, Lauranne Thomas, Yann Chouquet, Khoi N'Guyen, Raphaël Mouterde, Lucie Akoun et Michelle Soulier.

Les Amis de Là-bas si j'y suis[modifier | modifier le code]

En 2005, Daniel Mermet propose que ses auditeurs se réunissent localement pour discuter de façon conviviale. Les « Repaires des Amis de Là-bas si j'y suis » permettent aux auditeurs de se rencontrer, un peu partout en France. Ils sont régulièrement annoncés à l'antenne, par le répondeur ou par Daniel Mermet lui-même. La liste est aussi disponible sur internet[5].

Les Amis de là-bas si j'y suis sont également régulièrement surnommés par Daniel Mermet les AMG (les « auditeurs modestes et géniaux). On parle donc parfois de « repaires des AMG ».

Récompenses[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

  • Daniel Mermet, Là-bas si j'y suis. Carnets de routes, éd. Pocket, Paris, 444 p., 2000, (ISBN 2-266-10424-1)

Historique[modifier | modifier le code]

2006 : changement d'horaire de diffusion[modifier | modifier le code]

En 2006, la direction de France Inter annonce son intention de décaler l'émission à la plage 15 h-16 h (au lieu de 17 h-18 h) lors la rentrée de septembre[11]. Cette disposition est combattue par Daniel Mermet car elle entraînerait selon lui une perte d'audience [12]. Les auditeurs se sont mobilisés pour soutenir l'émission, et une pétition en ligne est lancée[13] contre ce glissement d'horaire pouvant être considéré comme une reprise en main politique à la veille des élections présidentielles de 2007 (ce que la direction de France Inter nie).

Le cap des 200 000 signatures est dépassé le 9 juillet, mais sans pour autant infléchir la décision de la radio. En septembre 2006, la pétition a atteinte 215 972 signatures, et Daniel Mermet envoie un email aux signataires[14].

La relégation de l’émission aura finalement fait perdre des auditeurs par rapport à l’audience qu’avait « Là-bas si j'y suis » à 17 heures [15]. Mais ceci de façon momentanée, car aujourd'hui grâce au procédé du podcasting, l'audience ne cesse d'augmenter et Daniel Mermet reste très écouté à la radio comme sur internet (600 000 auditeurs réguliers).

Conflits internes[modifier | modifier le code]

L'équipe de Là-bas si j'y suis a connu plusieurs conflits internes. Joëlle Levert en 2003[16], puis Thierry Scharf et Claire Hauter ont mis en cause le style de management de Daniel Mermet et les conditions de travail pour l'émission.

Dans sa dernière réponse du 29 septembre 2004, intitulée « Pourquoi tant d'amour ? », Daniel Mermet précise : « il ne s'agit pas d'un conflit opposant un gros vilain chef à d'innocentes victimes précarisées, mais tout simplement d'un budget insuffisant. La cause de cette crise est là, et nulle part ailleurs[17],[18]. »

Olivier Cyran revient en 2013[19] sur cette question et propose le témoignage de trois anciens salariés de l'émission qui dénoncent la manière dont le producteur gère ses collaborateurs. Antoine Chao donne son avis de reporter dans une tribune publiée par Rue89 le 7 juillet 2013 : « la direction de France Inter nous a annoncé, le 28 juin, son intention de supprimer l’émission du vendredi et 20 % du budget par la même occasion. Les conditions de production de l’émission et de rémunération de l’équipe risquent d’en prendre un coup à la rentrée. »

2013 : répondeur téléphonique[modifier | modifier le code]

Le 26 juin 2013, à l'occasion d'une émission dédiée aux messages des auditeurs sur le répondeur téléphonique (qui est maintenant une boîte vocale), Daniel Mermet indique que le répondeur est utilisé depuis 20 ans, il reçoit une moyenne de 50 messages par jour, et l'émission en diffuse une moyenne 8 à 10 par jour[20].

En 2013, la direction de France Inter annonce à l'équipe son intention de supprimer l'émission du vendredi pour la rentrée de septembre[21].

2014 : disparition et réactions[modifier | modifier le code]

Le 27 juin 2014, le Syndicat national des journalistes publie un communiqué débutant par « Chirac a tout tenté. Sarkozy en a rêvé puis a essayé. Ce serait un comble qu’Hollande réussisse à le faire. Les plus graves menaces pèsent sur l’existence même de l’émission phare de France Inter, Là-bas si j’y suis »[22].

Le 27 juin, après avoir réduit la diffusion de l'émission à quatre jours par semaine au lieu de cinq à partir de septembre 2013[23], Laurence Bloch, directrice de France Inter, annonce en juin 2014 l'arrêt de l'émission[1],[24], contre la volonté de l'équipe de l'émission.

Le 28 juin, Les Inrockuptibles publie une longue interview de Daniel Mermet[25].

Le 30 juin, l'association ACRIMED publie un communiqué dans lequel elle déplore la fin de cette émission, et dans lequel elle rappelle des décisions de Laurence Bloch lors de ses postes précédents[26].

Le 1er juillet, dans Fakir, s'exprime François Ruffin, journaliste ayant été reporter pour Là-bas si j'y suis[27].

Dès l'annonce de la suppression de l'émission, l'équipe de Daniel Mermet travaille à l'élaboration d'une nouvelle émission « fidèle à l'écriture et à l'esprit de l'émission disparue. »[28] Cela aboutira au lancement de l'émission Comme un bruit qui court[29] diffusée le samedi de 16 h à 17 h à partir de la rentrée 2014. Cette nouvelle émission est co-produite par Giv Anquetil, Antoine Chao et Charlotte Perry, tous trois reporters de longue date pour l'émission Là-bas si j'y suis. Daniel Mermet a indiqué, le 27 août 2014, qu'il compte continuer Là-bas si j'y suis sur Internet à partir du 21 janvier 2015[30].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Daniel Mermet : « Les dirigeants de Radio France ne sont plus journalistes, mais gestionnaires » » publié le 27 juin 2014 par lemonde.fr.
  2. http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis.
  3. (fr) « Daniel Mermet rend visite à Noam "Chomsky et compagnie" », Politis,‎ 25 novembre 2008 (consulté le 12 septembre 2012).
  4. Le Monde diplomatique : « Là-bas si j’y suis, de Daniel Mermet. Un miracle de la radio », par Jean-Claude Guillebaud, février 2000.
  5. Liste des repaires de Là-bas si j'y suis.
  6. Prix Scam 2009.
  7. Les lauréats des Prix de la Scam.
  8. http://www.franceinter.fr/personne-zoe-varier.
  9. Les Prix Scam 2013.
  10. http://www.telerama.fr/radio/daniel-mermet-bientot-recompense-par-la-scam,96966.php.
  11. (fr) « "Là-bas si j’y suis" : "Une atteinte au sens du service public" », www.bellaciao.org,‎ 20 juin 2006 (consulté le 19 septembre 2012).
  12. (fr) «Là-bas» à 15 heures, Mermet ne marche pas, Libération (journal),‎ 22 juin 2006 (consulté le 12 septembre 2012).
  13. La pétition sur internet.
  14. http://www.acrimed.org/article2433.html.
  15. (fr) « Là-bas Hebdo no 22 », www.la-bas.org,‎ 3 Septembre 2007 (consulté le 12 septembre 2012).
  16. Les articles concernant les accusations de Joëlle Levert (2003), publiés par Acrimed, sont rassemblés en un article : « Mis en cause pour "harcèlement moral", Daniel Mermet répond », Acrimed, 1er décembre 2003.
  17. (fr) « Daniel Mermet : pourquoi tant d’amour ? », bellaciao.org,‎ 29 septembre 2004 (consulté le 12 septembre 2012).
  18. (fr) « La précarité à Radio France et à ...« Là bas si j’y suis » », Acrimed,‎ 26 septembre 2004 (consulté le 12 septembre 2012).
  19. Olivier Cyran, « Daniel Mermet ou les délices de "l'autogestion joyeuse" », Article11.
  20. http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-les-oreilles-prennent-la-parole.
  21. Antoine Chao, « Harcèlement à "Là-bas si j’y suis" : la réponse d’un reporter », in rue89.com, 7 juillet 2013.
  22. Qui veut la peau de "Là-bas si j’y suis ?". Syndicat national des journalistes, 27 juin 2014.
  23. Harcèlement à « Là-bas si j’y suis » : la réponse d’un reporter (Antoine Chao). Rue89, 7 juillet 2013 .
  24. http://www.20minutes.fr/medias/1412067-france-inter-l-emission-de-daniel-mermet-ne-sera-pas-renouvelee.
  25. Daniel Mermet : “Les médiocres sont de retour dans la vallée fertile”. Les Inrockuptibles, 29 juin 2014.
  26. France Inter : suppression de « Là-bas si j’y suis » et autres sévices publics (Communiqué d’Acrimed). ACRIMED, 30 juin 2014.
  27. « Là-bas : j’y suis, j’y reste ! ». Fakir (journal), 1er juillet 2014.
  28. « Mercato 2014 : Daniel Mermet, sur France Inter, il n'y sera plus », sur Télérama,‎ 9/7/2014 (consulté le 1/9/2014).
  29. « Comme un bruit qui court », sur www.franceinter.fr,‎ 1/9/2014 (consulté le 1/9/2014).
  30. Franz Peultier, Daniel Mermet veut relancer « Là-bas si j’y suis » sur Internet en janvier 2015, acrimed.org, le 28 août 2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]