Karl Mathy

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Karl Mathy (lithographie, vers 1842)
Protégé par la milice bourgeoise d'une foule manifestant contre l'arrestation de Fickler, Mathy prononce un discours depuis le balcon de l'hôtel de ville de Mannheim ()

Karl Mathy (né le 17 mars 1807 à Mannheim - mort le 3 février 1868 à Karlsruhe) était un journaliste et homme politique badois.

Karl Friedrich Wilhelm Mathy fit des études de droit à Heidelberg avant d'entrer dans l'administration des finances du grand-duché de Bade.
En 1832, il créa un journal favorable à l'unité allemande et à des réformes libérales, Der Zeitgeist. Ces positions politiques, contraires à celles du gouvernement conservateur, lui firent perdre son poste.
Contraint de se réfugier en Suisse (1835), il y gagna sa vie comme professeur (à l'école de district de Granges, à partir de 1838) et poursuivit des activités de journaliste politique. Rentré en Allemagne en 1840, il fut élu représentant de Constance à la seconde chambre (chambre des députés) du parlement badois en 1842.

Libéral modéré, Mathy prit part à la réunion d'Heppenheim (10 octobre 1847) où fut élaboré le programme politique qui allait être appliqué quelques mois plus tard, grâce à la Révolution de Mars. Un des points essentiels du programme d'Heppenheim était la réunion d'un parlement national allemand, le Parlement de Francfort. Mathy fut élu à cette dernière assemblée, après avoir déjà fait partie du "parlement préliminaire" (Vorparlament) chargé d'en préparer la création.
Opposé aux agitateurs républicains, il arrêta l'un d'eux, Joseph Fickler, le 8 avril, à Carlsruhe. Véritable acte de provocation, cette arrestation fut l'une des causes de l'insurrection républicaine de Friedrich Hecker et Gustav Struve (12-27 avril).
Au sein de la majorité et de la fraction libérale du Casino, Mathy fut un des partisans de la politique monarchiste constitutionnaliste et prussophile du libéral modéré Heinrich von Gagern. Comme ce dernier, il était favorable à une unité allemande réalisée autour du roi de Prusse (solution petite-allemande).
Après l'échec de cette politique (reculade d'Olmütz, 1850), il prit ses distances avec la politique, devenant directeur de la banque de Gotha (1858) et du crédit de Leipzig (1860).

En 1863, Mathy fut appelé au gouvernement badois, en tant que ministre du commerce. Lors de la guerre austro-prussienne de 1866, il prit à nouveau le parti de la Prusse, ce qui entraîna un conflit avec les autres ministres, pro-autrichiens, puis sa démission. La bataille de Sadowa lui ayant donné raison, il fut nommé chef du gouvernement badois par le grand-duc Frédéric Ier. Dès son arrivée au pouvoir, il fut l'artisan d'une alliance entre le grand-duché de Bade et le royaume de Prusse. Après sa mort, Julius Jolly lui succéda à la tête du gouvernement badois.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, t. 10, Paris, 1872, p. 1337.
  • Heinrich August Winkler, Histoire de l'Allemagne XIXe-XXe siècle - Le long chemin vers l'Occident, Fayard, 2005, pp. 93, 159, 173.