Joundallah (Iran)

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Joundallah (persan : جندالله, Jundullah, Soldats d'Allah), est une organisation sunnite armée, basée dans le Balouchistan iranien et apparue vers 2003. Elle est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Royaume-Uni et a revendiqué depuis 2009 plusieurs attentats-suicides contre les autorités iraniennes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Joundallah prend les armes à partir de 2005, contestant notamment le régime du velayat-e faghi qui fonde la maîtrise des chiites sur les institutions politiques en Iran[1]. Contrairement aux mouvements baloutches du Pakistan, le Joundallah, qui se fait appeler « Mouvement de Résistance populaire d'Iran », nie toute aspiration séparatiste et se réclame comme pan-iranien, militant en faveur d'un régime fédéral et de l'égalité des droits avec les chiites[1]. Situé principalement dans la province iranienne du Sistan-o-Balouchistan, il serait lié au trafic d'opium provenant d'Afghanistan ainsi qu'à la contrebande d'essence[1]. Joundallah revendique être composé de 1 000 combattants[2], mais serait formé d'entre 200 et 700 hommes[1], et s'est attaqué à l'armée iranienne, à laquelle il vole ses armes[1].

Les liens entre les deux mouvements nommés Jundullah (pakistanais et iranien) sont inconnus et incertains; certaines sources non gouvernementales allèguent cependant que les deux groupes auraient prêté allégeance à Al-Qaïda[3]; l'Iran prétend que le mouvement iranien est à la fois inféodé à Al-Qaïda et soutenu par la CIA.

Il a revendiqué au printemps 2009 son premier attentat-suicide, visant une mosquée chiite[1], suivi le 18 octobre 2009 d'un deuxième attentat-suicide à Zahedan (capitale du Sistan-Balouchistan), lors d'une conférence sur « l'unité entre chiites et sunnites »[1], qui fait au moins 41 morts, dont plusieurs hauts commandants des Gardiens de la Révolution[4]. Téhéran annonça alors son intention de demander au Pakistan l'extradition de son chef Abdolmalek Righi[5]. Le groupe s'était déjà attaqué, en 2007, aux Gardiens de la révolution, en utilisant des camions piégés[6]. En juillet 2009, treize membres présumés du Joundallah avaient été exécutés en réaction à l'attentat contre la mosquée[1].

L'Iran déclara avoir capturé Abdolmalek Righi le 23 février 2010[7] et clamait qu'il a été financé par les États-Unis. Quelques mois plus tard, après la pendaison de Righi le 20 juin 2010, le groupe revendique un double attentat-suicide, commis le 15 juillet 2010 par Abdulbasit et Mohammad Righi et visant les Gardiens de la Révolution à Zahedan. Ils auraient fait au moins 27 morts et plus de 250 blessés dans une mosquée chiite [8]. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton s'est dit « choquée » et a fortement condamné ces attentats [9], le Canada et les États-Unis condamnant également les attentats [10],[11]. L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l'Iran, déclara quant à lui que ces attentat avaient été perpétrés par des « wahhabites sournois et fanatiques avec le soutien (…) de services d'espionnage étrangers » [12]. Joundallah revendique un attentat ayant tué, selon un bilan officiel, trente-quatre personnes et blessé 83 autres d'une procession religieuse chiite près de la mosquée de l'imam Hussein dans la ville de Chabahar[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Delphine Minoui, Iran : Un p'tit tour chez les Baloutches, entretien avec Stéphane Dudoignon, auteur de Voyage inachevé au pays des Baloutches (éd. Cartouche, 2009), publié sur le blog de la journaliste du Figaro, 20 octobre 2009
  2. Terrorism News, « Two suicide attacks on Iran mosque kills more than 20 »,‎ 16 juillet 2010 (consulté le 18 juillet 2010)
  3. South Asia Analysis Group, « The Jundullah phenomenon »,‎ 17 avril 2004 (consulté le 18 juillet 2010)
  4. Plusieurs arrestations en Iran après l'attentat contre les Gardiens de la révolution, Le Monde-AFP, 20 octobre 2009
  5. Delphine Minoui, Après l'attentat sanglant, l'Iran accuse le Pakistan, Le Figaro, 19 octobre 2009
  6. Nazila Fatih, Car Bomb in Iran Destroys a Bus Carrying Revolutionary Guards, New York Times, 15 février 2007
  7. Iran Arrests Sunni Rebel Leader, New York Times, 24 février 2010
  8. Le groupe sunnite Joundallah revendique un double attentat suicide en Iran, Libération, 16 juillet 2010
  9. L'UE "choquée" par l'attentat en Iran, AFP sur Le Figaro, 16 juillet 2010
  10. Le Canada condamne "vivement" l'attentat contre une mosquée en Iran, AFP sur La Croix, 16 juillet 2010
  11. Obama condamne l'"horrible" attentat contre une mosquée en Iran, AFP sur Romandie.news, 16 juillet 2010
  12. AFP, "Iran: l'ayatollah Khamenei appelle à combattre le "terrorisme" de Washington et Londres", 21 juillet 2010 [lire en ligne]
  13. AFP, « Attentat anti-chiite en Iran: 34 morts, 83 blessés selon un nouveau bilan »,‎ 17 décembre 2010 (consulté le 23 décembre 2010)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]