Minorités religieuses en Iran

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Carte montrant la diversité ethnique et religieuse parmi la population du pays.

La plupart des Iraniens sont chiites duodécimain. L'islam chiite est la religion officielle d'Iran à laquelle 90 % de la population appartient. Cependant, le pays compte de nombreuses minorités religieuses.

Groupes religieux minoritaires par ordre de fréquence[modifier | modifier le code]

Source : CIA Worldfactbook.

Données[modifier | modifier le code]

1er novembre 1976 information de recensement démographique[1]

Religion 1976 2008 [2]
Chrétiens 168,593 250,000 Arméniens + 40,000 Chaldéens
Juifs 62,258 30,000
Zoroastriens 21,400 50,000
Musulmans 33,396,908
Inconnus 59,585 nc
Total 33,708,744

Dans le International Religious Freedom Report 2003 du gouvernement des États-Unis, il est écrit que[3] :

  • On dénombre environ 68 millions d'habitants, musulmans à 99 % (89 % chiites et 10 % sunnites), baha'is, chrétiens, zoroastriens, mandéens et juifs constituant moins de 1 % de la population.
  • Les 10 % de sunnites d'Iran forment une minorité de 7 millions d'Iraniens, courant reconnu par le gouvernement et on dénombre 7 mosquées sunnites à Téhéran[4].
  • La plus importante communauté religieuse non-musulmane est la communauté baha'ie, estimée entre 300 000 et 350 000 membres à travers le pays.
  • L'estimation de la communauté juive varie entre 20 000 et 30 000 membres, ce qui représente une réduction substantielle des 75 000/80 000 juifs résidant en Iran avant la révolution islamique de 1979
  • Il y a environ 300 000 chrétiens dans le pays selon l'ONU, dont la majorité sont arméniens ou syro-chaldéens. Il y a aussi des protestants. Selon le représentant spécial de l'ONU, les chrétiens émigrent au rythme de 15 000 à 20 000 par an.
  • Les mandéens, une communauté gnostique pré-chrétienne, compte approximativement 5 000 à 10 000 membres, principalement au Khuzestan.
  • Le gouvernement estime qu'il y a 35 000 zoroastriens, bien qu'eux-mêmes se revendiquent 60 000. Ils sont en majorité persans et sont concentrés dans les villes de Téhéran, Kerman et Yazd.
  • Il y a aussi quelques dizaines de milliers de disciples de Subh-i Azal, qui s'appellent eux-mêmes le Peuple du Bayán et sont nommés Bábí / Bayání / Azalí, mais il est impossible de donner de chiffre exact, car ils continuent de pratiquer la dissimulation (taqīya) et ils vivent sans se différencier des Musulmans qui les entourent[5].

Statut actuel[modifier | modifier le code]

L'islam chiite duodécimain est la religion officielle de la république islamique d'Iran. Les autres écoles musulmanes sont reconnues et trois religions "révélées" autres que l'islam sont considérées comme officiellement reconnues par la constitution et disposent de leurs représentants au Parlement (Majles) : les chrétiens (Arméniens, Assyriens), les juifs et les zoroastriens. La minorité sabéenne qui ne compte que quelques centaines de fidèles, et les plus de 300 000 baha’is, durement persécutés sous tous les régimes iraniens qui les ont considérés comme secte panislamique déviante, n’ont jamais été reconnus officiellement comme minorité religieuse bien que constituant le groupe non-musulman le plus nombreux. Les musulmans sunnites, minoritaires en Iran, ne disposent pas non plus de sièges réservés.

On peut lire dans la constitution iranienne ces douzième et treizièmes principes :

« La religion officielle de l’Iran est l’islam de confession Dja’farite duodécimain et ce principe est éternellement immuable ; et les autres confessions islamiques, soit hanéfite, châfeîte, mâlekite, ^hanbalite et zeydi sont entièrement respectées ; et les adeptes de ces confessions sont libres d’accomplir leurs rites confessionnels conformément à leur "figh" ; leur éducation et leur instruction religieuses ainsi que leur statut personnel (mariage, divorce, succession, testament) et le contentieux judiciaire qui peut en découler, sont officiellement reconnus. Dans chaque région où les adeptes de chacune de ces confessions seraient majoritaires, les règlements locaux seront, dans les limites des compétences des Conseils, conformes à cette confession, tout en préservant les droits des adeptes des autres confessions. (...) Les Iraniens zoroastriens, juifs et chrétiens sont reconnus comme les seules minorités religieuses qui, dans les limites de la Loi, sont libres d’accomplir leurs rites religieux et, quant au statut personnel et à l’éducation religieuse, agissent en conformité avec leur liturgie[6]. »

Selon l’article 14 de la constitution iranienne et conformément au verset du Coran[7] « Dieu ne vous interdit pas de traiter avec bonté et droiture ceux qui n'ont pas lutté contre vous en raison de votre religion et qui ne vous ont pas expulsés de vos logements ». Le gouvernement se doit donc de respecter les droits humains des non-musulmans, tant qu’ils ne conspirent pas contre l’islam ou la république islamique d’Iran[8],[9]. Les représentants des minorités religieuses officiellement reconnues ont confirmé que l'enseignement de leur religion était assuré et respecté tant dans les écoles publiques que dans les écoles propres aux minorités[10]. Cependant, peu après la révolution iranienne, le gouvernement a créé un bureau des minorités (religieuses) afin de les surveiller (et de les contrôler). En 1993, le Majles (parlement) adopte une loi rendant obligatoire la mention de la religion sur les cartes d’identité, ce qui permet au gouvernement de contrôler plus facilement les minorités.

Le Code pénal ne contient aucune disposition spécifique se rapportant à l'apostasie, mais lorsque les juges doivent se prononcer sur des cas ne faisant l'objet d'aucun article du Code pénal, ils sont tenus d'appliquer leurs connaissance de la loi islamique ... et selon la tradition islamique l'apostasie d'un musulman peut être punie de la peine de mort[11].

Persécutions[modifier | modifier le code]

Des organismes internationaux, tels que l'ONU, Amnesty International et Human Rights Watch, dénoncent régulièrement depuis des années les persécutions frappant les minorités religieuses dans le république islamique d'Iran, principalement les baha'is[12] et les chrétiens (surtout protestants)[13] : intimidations, arrestations arbitraires, emprisonnements et condamnations sous divers prétextes fallacieux, morts suspectes, confiscations de biens, destructions de lieux saints et profanations de cimetières, discriminations au travail et dans l'éducation[14],[15].

D'après le rapport de Abdelfattah Amor, « Outre le non-accès aux postes gouvernementaux, il apparaît que les minorités ne peuvent accéder professionnellement à l'armée et à la justice et seraient limitées dans leur plan de carrière dans le reste de l'administration, sauf cas exceptionnels. »[10].

L'existence d'un mémorandum secret, appelé "Mémorandum Golpaygani"[16], fut rendue publique par le rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'homme, M.Galindo Pohl en 1993[17]. Dans ce rapport confidentiel sur la "question baha'ie", élaboré par le Conseil suprême de la révolution culturelle islamique, signé par le Guide suprême de la révolution islamique Ali Khamenei et daté du , sont enumérées des mesures à appliquer pour "étouffer" la communauté baha'ie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Annuaire démographique des Nations unies 1983, Département des affaires économiques et sociales internationales, New York, 1985
  2. (en) [1]
  3. (en)US State Department : International Religious Freedom Report 2003
  4. ",liste des mosquées sunnite en Iran
  5. Article en anglais de l’Encyclopaedia of the Orient.
  6. (fr) Constitution Iranienne, principes généraux 12 et 13
  7. Sourate LX ; 8
  8. (fr) Principe 19 de la loi fondamentale de l’Iran, Juripolis.com, consulté le 21 août 2006.
  9. (fr) L’aménagement linguistique dans le monde, Jacques Leclerc, CIRAL (Centre international de recherche en aménagement linguistique), Université Laval
  10. a et b (fr) Rapport présenté par Abdelfattah Amor, Commission des droits de l'homme des Nations Unies, 9 février 1996 (réf.E/CN.4/1996/95/Add.2)
  11. (fr) Article d'Amnesty International sur deux chrétiens persécutés
  12. Article en anglais de Wikipedia sur la persécution des baha'is
  13. (en) Persécution des chrétiens en Iran
  14. (en) Human Rights Watch rapport 1997
  15. (en) Rapport 2003 de FID et LDDHI Discrimination against religious minorities in IRAN
  16. (en) Mémorandum Golpaygani sur la "question baha'ie" photocopie et traduction en anglais
  17. (en)UN Doc. E/CN.4/1993/41, Commission on Human Rights, 49th session, 28 January 1993, Final report on the situation of human rights in the Islamic Republic of Iran by the Special Representative of the Commission on Human Rights, Mr. Reynaldo Galindo Pohl, paragraph 310.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]