Jean Larose

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Jean Larose, né le 18 décembre 1948 à Salaberry-de-Valleyfield, est un écrivain québécois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il obtient une maîtrise ès arts de l'Université de Montréal en 1975 et un doctorat en littérature générale de l'Université de Paris VIII en 1978. De retour à Montréal en 1979, il enseigne la littérature à l'Université de Montréal en tant que spécialiste de Proust et Rimbaud. Il publie dans des revues spécialisées comme Liberté et anime à la Chaîne culturelle de la radio de Radio-Canada, où il avait, avant son abolition, plusieurs tribunes dont En toutes lettres et Passages. Il a également publié des chroniques dans Le Devoir de 2009 à 2010. Dans un portrait que l'Actualité lui consacrait il y a 20 ans, on le qualifie de « critique en Formule 1 ». Considéré avant tout comme un essayiste de haut vol, il se consacre maintenant au roman.

Polémique[modifier | modifier le code]

En 2002, il s'indigne contre l'abolition de plusieurs émissions littéraires à la Chaîne culturelle de Radio-Canada. Son article suscite de vives réactions, car il s'attaque directement à la politique de Robert Rabinovitch et à la direction de Sylvain Lafrance, qui privilégient dorénavant les émissions d'informations culturelles à celles qui autrefois interrogeaient le sens de l'œuvre. Il sonne ainsi l'alarme d'une manipulation politique canadienne qui vise aussi bien à castrer le contenu culturel québécois qu'à priver les intellectuels de leur tribune publique :

C'est la première imposture de Lafrance et Rabinovitch, l'imposture culturelle. Elle date de la réforme Pépin-Lafrance de 1994, dont la liquidation d'aujourd'hui n'est que la phase terminale. Cette imposture a consisté à baptiser une radio «Chaîne culturelle» en même temps qu'on supprimait les trois quarts de ses «émissions culturelles». Quelle fatuité dans le mensonge ! Quel mépris impudent du public ! On abolit les émissions culturelles, on se proclame «Chaîne culturelle». Maintenant, toujours au nom de la culture, Robert Rabinovitch et Sylvain Lafrance décrètent que le public n'aura plus, nulle part, en aucun temps, droit à des émissions sur des livres durs à lire. Cette épuration finale est le couronnement de la «radio de toutes les cultures» !

Rabinovitch et Lafrance invoquent la «démocratie culturelle». Les émissions culturelles n'intéresseraient pas assez de monde. C'est la deuxième imposture, l'imposture démagogique. L'ignorance dirigeante ose s'autoriser de la démocratie pour trahir le mandat éducatif de Radio-Canada.

En réalité, l'ignorance dirigeante n'a pas hésité à créer elle-même le désastre qui servait ses projets, en l'occurrence à faire baisser les cotes d'écoute. Passages, par exemple, quand elle était diffusée le mardi à 17h, attirait 18 000 auditeurs. En 1994, la direction l'a subitement déplacée à 22h, l'auditoire est tombé à 1000 et on a menacé de la supprimer puisqu'elle n'intéressait personne. Politique traîtresse qui consiste à créer le défaut qui justifiera l'élimination du gêneur. Aujourd'hui, alors que Passages, toujours à 22h, avait regagné 12 000 auditeurs, on la tue sous prétexte de démocratie culturelle. Perversion du langage.

L'imposture démagogique prend également une autre forme : la régionalisation. Selon Lafrance et Rabinovitch, dans la francophonie canadienne, Ottawa et Vancouver comptent autant que Montréal. Il faut humilier l'autorité du Québec au profit d'une égalité régionale calquée sur le modèle anglo-canadien. Peut-être est-il vrai qu'au Canada, la pensée en anglais se fait à Winnipeg autant qu'à Toronto... En français, ce n'est pas le cas, on pense plus à Montréal qu'à Vancouver. C'est ici que se publient la plupart des livres, que vivent et circulent le plus d'écrivains, de philosophes, de sociologues, d'historiens, de psychanalystes.

Une fois que l'ignorance dirigeante a écarté toute valeur, toute tradition, tout sens profond de la culture, quand elle réussit à se croire compétente parce qu'ayant réduit la culture à sa propre médiocrité, elle n'admet plus que le décoratif et le rigolo, rien ne peut plus la retenir de fabriquer toujours plus d'insensé pour justifier son pouvoir. Folie au sommet, folie partout.

(paru dans Le Devoir du 22 juin 2002)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Le Mythe de Nelligan (1981)
  • La Petite Noirceur (1987)
  • L'Amour du pauvre (1992)
  • La Souveraineté rampante (1994)
  • Rimbaud (1994)

Romans[modifier | modifier le code]

  • Première jeunesse (1998)
  • Dénouement (2006)

Revues et journaux[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]