Jacques Mauduit

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Jacques Mauduit

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Jacques Mauduit, gravure anonyme, XVIIe siècle

Naissance 16 septembre 1557
Paris,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès 21 août 1627 (à 69 ans)
Paris,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activité principale Compositeur, luthiste
Style Musique baroque française
Activités annexes humaniste
Collaborations Pierre Guédron, Antoine Boesset, Gabriel Bataille
Récompenses Prix de composition au puy musical d'Évreux (1581)

Œuvres principales

  • 23 Chansonnettes mesurees de Jean-Antoine de Baïf, Paris 1586
  • Requiem aeternam, 1585

Jacques Mauduit, né à Paris 16 septembre 1557 et mort dans la même ville le 21 août 1627 était un compositeur, luthiste et humaniste français parisien. C'est l'un des compositeurs français les plus innovants de la fin du XVIe siècle combinant les voix et les instruments de manière inédite et important d'Italie le style polychoral vénitien. Compositeur parmi les plus estimés de son époque, il est notamment l'auteur d'un Requiem pour les funérailles de Pierre Ronsard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mauduit fait des études de lettres et de philosophie puis, après un séjour en Italie, reprend la charge de greffier des requêtes du palais de son père avant de devenir secrétaire ordinaire de la reine. Parallèlement à ses fonctions, il poursuit sa carrière musicale et remporte un prix de composition au puy musical d'Évreux en 1581 grâce à son motet Afferte Domino.

Il devient l'un des principaux collaborateurs recrutés par Jean-Antoine de Baïf pour son académie de musique et de poésie fondée en 1571 où se retrouvent hebdomadairement les auteurs de La Pléiade, des musiciens, des humanistes, des savants, des instrumentistes et des chorégraphes. Cette élite intellectuelle souhaite unir poésie et musique à la manière de l’Antiquité greco-romaine. Mauduit met ainsi en musique les vers mesurés à l'antique de Baïf qui auront une influence majeure sur la manière dont s'organisent les rapports de la musique avec le texte jusqu'à la fin du XVIIe siècle[1]. Ainsi, ses Chansonnettes mesurées de de Baïf à quatre voix, datant de 1586, sont considérées comme l'un des plus purs chefs-d'œuvre de la musique vocale française de son temps. Après la mort de Baïf, en 1589, l'académie se délitera progressivement à la suite de la discorde civile et religieuse qui règne à l'époque et Mauduit tentera de la réorganiser dans une académie Sainte-Cécile qui sera le dernier refuge des musiciens humanistes et des théoriciens du cénacle de Baïf.

Jacques Mauduit entretint également des liens d'amitié avec le théoricien de la musique Marin Mersenne qui l'admire vivement et auquel on doit l'essentiel des informations biographiques le concernant. Mersenne rapporte notamment que lors des massacres religieux et du siège de Paris par Henri III, en 1588, Mauduit, de confession catholique, aide le musicien calviniste Claude Le Jeune à s'enfuir et sauve de la destruction le manuscrit de son Dodécacorde.

C'est également un ami de Pierre Ronsard au cours des funérailles solennelles duquel, en 1586, on interprète son Requiem à cinq voix dont seul un fragment est conservé. Il sera rejoué en 1611 à l'occasion du premier anniversaire de la mort d'Henri IV. Directeur des concerts de Notre-Dame et des Ballets de Cour - un genre aristocratique fort prisé au XVIe siècle réunissant poésie, chant, musique instrumentale, pantomime et danse et auquel participent seulement les nobles de la cour - depuis le règne de ce dernier, il dirige notamment l'ode célébrant l'entrée à Paris de de Louis XIII de retour d'Angleterre en 1614, pour l'interprétation de laquelle participent cent quarante chanteurs, luthistes et violistes. Il anime les semaines saintes du couvent du Petit-Saint-Antoine pour lesquelles il compose plusieurs œuvres. Il compose également des airs de Cour et la musique du Ballet de la délivrance de Renaud écrit en 1617 pour le jeune Louis XIII en collaboration avec Pierre Guédron, Antoine Boesset et Gabriel Bataille, œuvre comportant quatre-vingt-douze choristes et plus de quarante-cinq instruments et dansé par le souverain lui-même en compagnie de son favori le duc de Luynes. D'après Mersenne, on lui doit également l'usage de la viole au concert et l'addition d'une sixième corde.

Jacques Mauduit s'éteint à Paris en 1627 à l'âge de soixante-dix ans et son requiem est exécuté pour ses propres funérailles sous la direction de son fils, Louis Mauduit. S'il fut l'auteur de plusieurs centaines d'œuvres - messes, motets, vêpres, fantaisies, ballets, chansons, ... , la plupart sont aujourd'hui perdues.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 23 Chansonnettes mesurees de Jean-Antoine de Baïf, Paris 1586, réédité dans Henry Expert, Monuments de la musique française au temps de la Renaissance, éd. Senart, 1924-1929 (vol. 10)
  • 3 airs pour viole et luth, in A. Verchaly, Airs de cour pour voix et luth (1600—1643), éd. Heugel, 1970
  • Requiem aeternam, 1585, fragments in Marin Mersenne, Harmonie Universelle, éd. Fayard 2003 (éd. orig. 1636, livre VII, p. 66 et suiv.)
  • Psaumes mesurés à l'antique. in Marin Mersenne Harmonie Universelle, éd. Fayard 2003 (éd. orig. 1623); in Henry Expert, Florilège du concert vocal de la Renaissance, éd. Senart, 1928,fasc. n°7; in Denise Launay, Anthologie du motet latin polyphonique en France, Publications de la Société Française de Musicologie, 1963, p. 50-51

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La théorie en est simple : les vers scandés suivant un mètre grec ou latin, le compositeur fait épouser à la mélodie le rythme du vers.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Brenet, Jacques Mauduit, in Musique et musiciens de la vieille France, Paris 1911, p. 199-243
  • (en) Frank Dobbins, Jacques Mauduit, in The New Grove Dictionary of Music and Musicians, éd. Stanley Sadie, 20 vol., London, Macmillan Publishers Ltd., 1980
  • Jacques Mauduit et les hymnes latines de Laurence Strozzi, in Revue de musicologie (6) 1925, p. 6-14 ; 59-69

Sources partielles[modifier | modifier le code]

  • J. C. F. De Hoefer, Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, éd. Firmin-Didot, 1861, p. 347 article en ligne
  • Henry Prunières, Le ballet de cour en France avant Benserade et Lully, suivi du Ballet de la délivrance de Renaud, éd. H. Laurens, 1913, en ligne
  • article Jacques Mauduit, in Encyclopædia Universalis, éd. en ligne, 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Partitions[modifier | modifier le code]

  • IMSLP Partitions gratuites.

Liens externes[modifier | modifier le code]