Jachet de Mantoue

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Jachet de Mantoue

Naissance
Vitré, Bretagne
Décès
Mantoue, Lombardie
Activité principale Compositeur
Style Renaissance
Activités annexes Maître de chapelle
Lieux d'activité Mantoue

Jacques Colebault, dit Jachet de Mantoue, né en 1483 à Vitré en Bretagne et mort le à Mantoue, est un compositeur français de la Renaissance, qui a pratiquement passé toute sa vie en Italie. Il est un membre très influent de la génération comprise entre Josquin des Prés et Palestrina, ainsi qu'un bon représentant du modèle polyphonique transitoire entre ces deux compositeurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'homme de cour[modifier | modifier le code]

Il s'installe probablement très jeune en Italie. Il réside à Modène, en 1519, où il travaille pour la famille Rangoni.

En 1525, il est à Ferrare à la cour du duc d'Este, auquel il consacre une messe (Missa Hercules Dux Ferrariae, 1540), et où il se lie d'une étroite amitié avec Adrien Willaert, fondateur de l'école vénitienne.

L'année suivante, il part pour Mantoue, où il passe le reste de sa vie. Il est nommé « maestro di cappella » (maître de chapelle) de la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul, où son maître était le cardinal Hercule de Gonzague, évêque de Mantoue.

Le cardinal apprécie beaucoup Jachet à qui cette relation est utile. L'évêque de Mantoue est appelé à présider le concile de Trente et à promouvoir vigoureusement la Contre-Réforme, hostile à l'abandon du chant grégorien, mais il continue à protéger son compositeur préféré et à défendre sa musique. À cette protection s'ajoute celle des papes Médicis, Léon X et Clément VII, qui apprécient son talent musical.

Jacquet semble être mort criblé de dettes, ce qui est curieux compte tenu de l'estime dont il jouissait, notamment auprès des Médicis. Après la mort du compositeur, sa famille se voit octroyer une pension de la part du Cardinal.

Le musicien[modifier | modifier le code]

Représentant de la polyphonie sacrée en Italie pendant les années comprises entre Josquin des Prés et Palestrina, Jacquet est très estimé à son époque. Sa musique est beaucoup jouée et diffusée, tout particulièrement son motet Aspice Domine, cité dans plus de trente sources contemporaines.

Dans ses six livres de motets et ses huit livres de messes, il se libère progressivement de l'influence franco-flamande, adoptant des structures contrapuntiques plus libres et plus fidèles à l'accentuation du texte latin. Plusieurs de ses messes, dont la Missa Hercules Dux Ferraria et la Missa Quarti toni sine nomine, font référence à des procédés josquiniens, notamment le soggetto cavato.

Dans ses derniers livres, il se soumet toutefois aux principes du concile de Trente, présidé par son protecteur Hercule de Gonzague, duc et évêque de Mantoue, en 1561.

Plusieurs de ses œuvres furent réécrites de façon parodique par Palestrina.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Œuvres sacrées[modifier | modifier le code]

  • 6 livres de motets à quatre et cinq voix,
  • 6 livres de messes à cinq voix, un à quatre voix et un à six. 7 de ces livres furent publiés chez Scotto entre 1540 et 1542.

Œuvres profanes[modifier | modifier le code]

  • Chant latin Canamus et bibamus
  • Quelques airs français à quatre voix.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Iain Fenlon, (en) Music and Patronage in sixteenth-century Mantua, Cambridge, Cambridge University Press, 1980, p. 71-78,
  • Cécile Vendramini, Le Cantus firmus dans les six messes Hercules Dux Ferrariae, Itinéraires du cantus firmus IV. De l'église à la salle de concert, Paris, PUPS, 2001, p. 35-48 (actes du colloque cantus firmus IV).

Postérité[modifier | modifier le code]

Le groupe vocal Jachet de Mantoue a pris son nom en hommage à ce musicien.