Icesave

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Icesave

Siège social Drapeau d'Islande Reykjavik (Islande)

Icesave est une banque d'épargne en ligne islandaise opérée et possédée par le Landsbanki de 2006 à 2008, qui fait faillite lors de la crise économique de 2008. Elle offrait des services de compte d'épargne et opérait dans deux autres pays, le Royaume-Uni (depuis octobre 2006) et les Pays-Bas (depuis mai 2008), à des taux particulièrement élevés (jusqu'à 7 %[1]). La banque profitait des taux élevés de la Banque centrale d'Islande avant 2008, qui encourageait les épargnants européens à pratiquer le carry trade.

L'affaire Icesave[modifier | modifier le code]

Suite à la crise des subprimes de 2008, les principales banques islandaises se sont effondrées. En octobre 2008, le gouvernement islandais nationalisa toutes les banques islandaises dont la filiale de Landsbanki, Icesave, dont le site web annonça une suspension des comptes bancaires le 7 octobre 2008[2], provoquant la panique non seulement des 300 000 clients de la banque mais également de l'ensemble des marchés financiers. Dans la soirée, une conversation téléphonique eut lieu entre le ministre des finances islandais Árni M Mathiesen et le Chancelier de l'Échiquier Alistair Darling. Au cours de cet échange, le ministre islandais ne put garantir à son confrère britannique que les clients anglais seraient remboursés[3], préférant donner la priorité aux déposants résidant en Islande.

Prenant note de cela, le gouvernement britannique utilisa le 8 octobre 2008 une loi anti-terroriste afin de bloquer les avoirs de la branche britannique de Icesave. Et pour parer à tout mouvement de panique, les gouvernements britannique et néerlandais se hâtèrent à rembourser les clients de Icesave via leur propre fonds de garantie des dépôts, quand bien même Icesave, en tant que branche (et non filiale) de Landsbanki, dépendait du fonds de garantie islandais et non du système de garantie national de ces deux pays. Les gouvernements néerlandais et britannique se retournèrent ensuite vers le gouvernement islandais afin que celui-ci les rembourse[4].

Des négociations commencèrent alors entre ces pays afin de trouver un accord sur les modalités de remboursement.

Débats dans l'affaire Icesave[modifier | modifier le code]

Le 28 août 2009, l'Althing (parlement islandais) vote (par 34 pour, 15 contre et 14 abstentions) une loi permettant de rembourser au Royaume-Uni et aux Pays-Bas plus de 5 milliards de dollars perdus dans les comptes d'Icesave. L'adoption de la loi, initialement incertaine, est favorisée par l'ajout de quelques amendements qui mettent par exemple en place un remboursement indexé sur le PIB. Le 2 septembre 2009, le président islandais Ólafur Ragnar Grímsson signe la loi.

Plus tard, le 30 décembre 2009, une version plus contraignante est adoptée par le parlement (33 voix pour, 30 voix contre). Mais sous la pression populaire, le président a décidé d'en soumettre l'adoption à un référendum.

Le 6 mars 2010, le « non » est largement majoritaire. Le plan rejeté prévoyait le remboursement de 3,8 milliards de dollars au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, environ 100 euros par habitant et par mois pendant huit ans[5]. Environ 340 000 épargnants britanniques et néerlandais étaient concernés par ce remboursement.

L'année suivante, le parlement islandais a approuvé un nouvel accord permettant d'étaler les remboursements entre juillet 2016 et au maximum 2046, à un taux d'intérêt de 3 % pour 1,3 milliard d'euros dû à la Haye et 3,3 % pour le reste à Londres, cet accord fut soumis au vote populaire le 9 avril 2011 qui fut rejeté encore une fois par 57,7 %[6].

En fait, il semblerait que le débat du remboursement ait été biaisé par la précipitation des gouvernements néerlandais et britannique de rembourser leurs ressortissants, se substituant ainsi au système de garantie des dépôts islandais (par ailleurs sous-capitalisé)[7]. Selon cette analyse, ce n'est pas tant au gouvernement islandais de payer que la maison mère d'Icesave, la banque Landsbanki ainsi que ses actionnaires et créanciers[8].

Dénouement de l'affaire[modifier | modifier le code]

Finalement, Landsbanki annonça le 2 septembre 2011 qu'elle serait en mesure de rembourser par elle-même les gouvernements britannique et néerlandais de la somme de 8 milliards d'euros, ceci par la vente de ses actifs, qui ont finalement été réévalués après le crash financier de 2008[9].

Quelques jours plus tard, le 4 septembre 2011, le président islandais Olafur Ragnar Grimsson demanda publiquement des explications à l'Union européenne[10]. En effet, Landsbanki a depuis le début affirmé qu'il serait en mesure de rembourser les clients d'Icesave par la liquidation de ses actifs. Dès lors, les mesures prises par le gouvernement britannique et néerlandais, ainsi que la menace de l'Association européenne de libre-échange semblent démesurées.

Contestée par les créanciers de la banque en faillite, la décision de rembourser le Royaume-Uni et les Pays-Bas a finalement été confirmée par la cour de justice islandaise le 28 octobre 2011, apportant ainsi l'ultime feu vert nécessaire au remboursement[4].

Le 2 décembre 2011, la banque Landsbanki a effectué un premier versement de 432 milliards de couronnes islandaises, soit environ le tiers du montant total à rembourser[11]. Malgré ce progrès, l'AELE a néanmoins assigné l'Islande en justice pour ne pas avoir remboursé à temps les déposants d'Icesave[12]. La Cour de l'AELE a rejeté cette plainte le 28 janvier 2013[13].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]