George Gilbert Scott

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Scott.
George Gilbert Scott.
L'Albert Memorial dans Hyde Park, synthèse du style néogothique de Gilbert Scott.

Sir George Gilbert Scott (13 juillet 1811 – 27 mars 1878), est un architecte anglais. Il fut l'un des architectes les plus prolifiques qu'a produit le Royaume-Uni ayant construit, rénové ou agrandi pas moins de 800 édifices principalement religieux.

Il avait épousé en 1838 Caroline Oldrid. Deux de leurs enfants George Gilbert Scott, Jr. et John Oldrid Scott, et leur petit-fils Giles Gilbert Scott - créateur des célèbres cabines téléphoniques rouges londoniennes - se distinguèrent également dans l'architecture. Leur fils Dukinfield Henry Scott se fit connaître quant à lui dans la botanique.

Il a donné son style architectural à l'époque victorienne dont il a créé le cliché néo-gothique toujours perceptible partout où se dressent ses églises, cathédrales, usines, châteaux, cottages, qui pour beaucoup représentent jusqu'à nos jours à travers le prisme d'Hollywood l'image immuable et intemporelle de l'Angleterre.

Il figure à côté d'Aristide Leonori parmi les plus abondants créateurs d'églises.

Sa vie, sa formation, sa carrière[modifier | modifier le code]

Il naquit à Gawcott lès Buckingham dans le Buckinghamshire au sein d'une vieille famille ecclésiastique. Son père était vicaire et son grand-père était le grand érudit et bibliste Thomas Scott (en).

Ce n'est pourtant pas dans le clergé qu'il désira faire carrière, une autre vocation l'attirait irrésistiblement celle de construire et il se mit à apprendre l'art architectural d'abord auprès de James Edmeston puis se perfectionna dans l'atelier de Henry Roberts et de Sampson Kempthorne dont il devint l'assistant.

En 1835 William Bonython Moffatt le prit comme assistant et enfin comme collaborateur.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Solidement formé auprès de ces maîtres réputés, il ouvrit son propre cabinet et ayant définitivement opté - comme son confrère Augustus Pugin - pour le néo-gothique qui lui attira une nombreuse clientèle il se lança dans une création abondante - au risque de tomber dans la banalité - et caractéristique, que l'on peut toutefois taxer de répétitive et de figée voire frisant le style troubadour et la mièvrerie, même si c'est ainsi qu'il a réussi à imposer sa marque dans le paysage et dans l'imaginaire.

Son immense succès surtout dans le monde ecclésiastique qui voyait ainsi revivre les touchantes illustrations de style troubadour des missels, lui donnait carte blanche au point qu'il n'hésitait pas à démolir d'authentiques constructions médiévales pour les remplacer par ses réinterprétations gothiques personnelles[1].

Après avoir détruit le chœur de la cathédrale de Christ Church pour la remplacer par un Revival de style normand il s'attira l'indignation du grand créateur William Morris, fondateur de la SPAB[2], dont il devint la bête noire.

William Morris écrivit à l' Athenaeum le 4 avril 1877 pour s'opposer à la refonte de l'Abbaye de Tewkesbury, mais sans effet, celle-ci fut remaniée par Scott.

William Morris accusait George Gilbert Scott de mercantilisme cynique et d'avoir fait fortune en sachant consciencieusement qu'il agissait mal[3].

Lorsque Scott mourut, Morris, plein de hargne, parla de lui comme "un chien heureusement mort".

Son œuvre en image[modifier | modifier le code]

La continuité[modifier | modifier le code]

George Gilbert Scott était à la tête d'un important atelier comprenant de nombreux assistants et collaborateurs, il forma ainsi plusieurs disciples. Parmi lesquels George Frederick Bodley, Thomas Garner et Gilbert Scott le jeune qui dans la tradition Arts & Crafts fondèrent en 1874 la société de décoration intérieure, de vitraux, de broderie et de création de tissus Watts & Co. Cette firme est actuellement la survivante de l'époque du Gothic Revival et est toujours dirigée par les descendants de George Gilbert Scott.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Cole, The Work of Gilbert Scott, Londres : Architectural Press, 1980.
  • Fiona MacCarthy, William Morris. Alife for Our Time, Londres, Faber & Faber, 1994. Concernant l'attitude de William Morris à l'égard de Scott, voir : pp. 55, 84, 177, 185, 377-378.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans une lettre au Times William Morris n'hésite pas à employer l'expression falsification (forgery) : "I suppose that the proposed imitation, restoration, or forgery of Prior Eastry's rather commonplace tracery is only the beginning of the evil day at Canterbury, and that before long we shall see the noble building of the two Williams confused and falsified by the usual mass of ecclesiastical trumpery and coarse daubing that all true lovers of art and history dread so sorely ; that, in short, the choir of Canterbury will go the way of Ely, St. Cross, and Salisbury.". Cité par Fiona MacCarthy, William Morris. Alife for Our Time, Londres, Faber & Faber, 1994, p. 378.
  2. "Society for the Protection of Ancient Buildings"
  3. Fiona MacCarthy, William Morris. Alife for Our Time, Londres, Faber & Faber, 1994, p. 378 : "Morris's bête noire, George Gilbert Scott, received the worst of his invective. Morris accused him of the most commercial cynism : 'convicted out of his own mouth of having made an enormous fortune by doing what he well knows to be wrong'. Scott's final years of illness were made the more despondent by SPAB hostility. When he died Morris described him as 'the (happily) dead dog'."

Voir aussi[modifier | modifier le code]