Eugène Koeberlé

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Eugène Koeberlé

Description de cette image, également commentée ci-après

Le professeur Eugène Koeberlé en 1881, (photographie extraite de la Revue alsacienne illustrée, 1910).

Naissance
Sélestat (France)
Décès (à 87 ans)
Strasbourg (Empire allemand Empire allemand[1])
Nationalité Française puis allemande[1]
Institutions Université de Strasbourg
Diplôme Université de Strasbourg
Renommé pour asepsie, chirurgie abdominale moderne, ovariectomie

Eugène Koeberlé (Sélestat, - Strasbourg, ) est un chirurgien et un humaniste alsacien qui fut l'un des pionniers de la chirurgie abdominale moderne ainsi qu'un ardent promoteur de l'asepsie et de l'hémostase. À la fin de sa vie, il se consacra à la poésie et à l'archéologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le professeur Koeberlé en 1862

Eugène Koeberlé, fils de Mathias, huissier royal, et de Catherine Kretz, et descendant d'une famille originaire de Saint-Hippolyte, naquit dans la maison no 273 à Sélestat (E.C. Sélestat, acte no 5), et passa son enfance dans cette dernière ville où il s'imprégna d'une culture humaniste.

Bachelier en 1846, il s'orienta d'abord vers la chimie et la physique puis vers le droit. Finalement, en 1848, il opta pour la médecine, à la faculté de médecine de Strasbourg. Il réussit son agrégation de chirurgie en 1855 et fut nommé chef de travaux d'anatomie la même année. À partir de 1862, il entama une brillante carrière de chirurgien qui lui vaut aujourd'hui encore une renommée mondiale.

En 1879, il se maria avec Jeanne Clémentine Henriet, de trente ans sa cadette, et eut une fille le 2 août 1881, Elsa Koeberlé, poétesse et artiste.

Après avoir pris sa retraite en 1880, il se consacra à l'archéologie, notamment autour du mur païen et des ruines du château de Lutzelbourg.

Outre des traités de chirurgie, Il a également écrit des poèmes et publié des œuvres philosophiques et politiques[2].

Eugène Koeberlé est inhumé au cimetière Sainte-Hélène de Strasbourg[3].

Travaux[modifier | modifier le code]

Œuvres médicales[modifier | modifier le code]

Lors de la deuxième épidémie de choléra à Strasbourg en 1854 (la première épidémie de 1849 avait amené Pasteur à Strasbourg), Koeberlé sauva de nombreux malades en leur perfusant plusieurs litres de sang.

Le 3 juin 1862, Koeberlé extirpa un kyste ovarien d'une patiente et, par la suite, fut l'un des tout premiers à procéder avec succès à des hystérectomies sur des bases scientifiques.

Promoteur de l'ovariectomie, il le fut aussi de l'hystérectomie totale et la myomectomie[4]. En 1863, il fut le premier à opérer une grossesse extra-utérine avec enfant vivant.

Initiateur de la chirurgie abdominale et gynécologique, ses résultats furent remarquables. On venait du monde entier le voir opérer à Strasbourg à la clinique de la Toussaint devenue « la Mecque de la chirurgie abdominale[5] ».

Koeberlé doit ses succès opératoires notamment à la pratique pionnière d'une asepsie rigoureuse (avant même l'ère de l'antisepsie) et de l'hémostase par la mise au point d'une panoplie d'instruments dont sa fameuse pince hémostatique à cliquet, mais également par ses innovations dans les soins pré- et post-opératoires, le drainage abdominal, etc.

Œuvres archéologiques[modifier | modifier le code]

Lors de sa retraite, Koeberlé s'intéressa d'abord au mur païen. Sur celui du mont Sainte-Odile, il découvrit et étudia une porte qui a gardé son nom, la porte Koeberlé.

Peu avant 1900, Koeberlé racheta le château de Lutzelbourg et, après l'avoir consolidé, entreprit des fouilles archéologiques dont il transcrivit le cours dans une monographie parue en 1909. Par la suite, il s'attela à la restauration du château et réédifia la salle néo-romane.

Hommages[modifier | modifier le code]

Plaquette Kœberlé par Ringel d'Illzach
Maison située au 14 quai Kléber à Strasbourg, où mourut Kœberlé le 13 juin 1915.

En son hommage, son nom a été donné à une rue de Strasbourg et au lycée Docteur Koeberlé de Sélestat, dont le fronton du portail d'accueil porte son effigie dans un médaillon en bronze posé en 1928, à l'occasion du centenaire de sa naissance[6].
Une plaque est apposée sur la maison où il mourut à Strasbourg.
Le nom du Docteur Koeberlé figure également sur une plaque dans le Home of Famous Surgeons à Chicago remémorant qu'il a été le fondateur de la « chirurgie propre ».
Antoine Bourdelle a sculpté son buste qui se trouve dans la salle du Conseil de la faculté de Médecine de Strasbourg[7],[8].
En 1908, à l'occasion de son 80e anniversaire, le sculpteur Jean-Désiré Ringel d'Illzach a gravé une plaquette commémorative.

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • De la cataracte pyramidale, 25 p., Silbermann, Strasbourg, 1858 disponible sur Gallica
  • Essai sur le crétinisme, 90 p., Vve Berger-Levrault, 1862 (ASIN: B001C6YO62)
  • Grossesse prolongée et accouchement provoqué, 7 p., G. Silbermann, 1862 (ASIN: B001C6UVGY) disponible sur Gallica
  • De l'ovariotomie, 88 p., J.-B. Baillière et fils, Paris, 1865 (ASIN: B001C6T2M8)
  • De l'hémostase définitive par compression excessive J.-B. Baillière et fils, Paris, 1878 disponible sur Gallica
  • De l'hémostase définitive par compression excessive, épilogue, 67 p., J.-B. Baillière et fils 1878 (ASIN: B001C6T2OG)
  • Résection de deux mètres d'intestin grêle, suivie de guérison, 32 p., R. Schultz 1881 (ASIN: B001C6YNRW) disponible sur Gallica
  • Les ruines du château de Lutzelbourg, Imprimerie Strasbourg 1909
  • Questions de guerre et de paix en Alsace-Lorraine, 1914, (ASIN: B0017ZY882)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b L'Alsace-Lorraine est annexée par l'Empire allemand en 1871.
  2. De la biographie de sa fille par Gisèle Loth, on apprend qu'il était « irréductiblement francophile ».
  3. Cimetière Sainte-Hélène, Guide des cimetières no 4 de la Ville de Strasbourg, 2009, p. 93
  4. Myomectomie : « La myomectomie consiste en l’ablation chirurgicale de fibromes utérins, sans l’ablation de l’utérus. »
  5. Dr Roland Pichevin, Le Docteur Koeberlé et son œuvre
  6. « Koeberlé, pionnier de la chirurgie abdominale », Dernières nouvelles d'Alsace du 18 avril 2010, consulté le 6 mai 2011
  7. Serge Dufour, Les Statues de Strasbourg, Coprur, Strasbourg, 1992, p. 57
  8. . Un exemplaire du buste de Bourdelle est exposé au Musée d'Orsay : Catalogue Joconde

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kintz Jean-Pierre (dir.) : Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 21, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, Strasbourg, 1993, p. 2043-2044
  • Pichevin Roland : Le Docteur Koeberlé et son œuvre, Revue alsacienne, Strasbourg, 1914 (ASIN: B0017UVCNG) (ULP: J 805 980)
  • Encyclopédie de l'Alsace vol. 8, éditions Publitotal, Strasbourg, 1984
  • Hauger Christian : Le Professeur Eugène Kœberlé, précurseur de la chirurgie abdominale moderne, (1828-1915), l'homme et son œuvre, Université Strasbourg 1, 1986, 294 p. [thèse de médecine]
  • Hollender Louis-François et Emmanuelle During-Hollender : Chirurgiens et chirurgie à Strasbourg, Coprur, Strasbourg, 2000, 240 p. (ISBN 2842080688)
  • Lévy Gustave : Jubilé octogénaire du docteur Eugène Kœberlé, Revue Alsacienne Illustrée, Strasbourg, 1908 18 p. + pl.
  • Mantz Francis :Guide du mur Païen, éditions de la Nuée Bleue, Strasbourg, 1992, (ISBN 271650234X)
  • Héran Jacques : Histoire de la médecine à Strasbourg, éditions de la Nuée Bleue, Strasbourg, 1997, (ISBN 2716502196)
  • Hollender Louis-François « Eugène Koeberlé (1828-1915), père de la chirurgie moderne » Annales de Chirurgie 2001;126(6):568-581 (ISSN 0003-3944)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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