Ermanaric

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hermanaric.
Ermanaric
Titre
Roi des Ostrogoths
Successeur Withimer
Biographie
Titre complet Roi des Ostrogoths

Ermanaric ou Hermanaric (en langue gotique 𐌰𐌹𐍂𐌼𐌰𐌽𐌰𐍂𐌴𐌹𐌺𐍃/Aírmanareiks, en vieux norrois Jörmunrek(kr), en latin Ermanaricus, passé à la langue allemande médiévale Ermenrîch ; † 376) fut un roi Ostrogoth attesté historiquement. Il fait partie des Amales. Son royaume était situé en Ukraine actuelle entre les rivières du Don et du Dniestr mais les historiens actuels ne connaissent pas avec précision son étendue.

Dans les sources romaines[modifier | modifier le code]

Ermanaric est mentionné dans deux sources romaines : les Res Gestae d'Ammien Marcellin[1] au IVe siècle et "Getica" de Jordanès[2], au VIe siècle. Selon Ammien, Ermanaric est un "roi très guerrier"[3] craint de ses voisins. Il règne sur un territoire étendu et fertile[4]. Attaqué soudainement par les pillards Huns et Alains en 375, il tente de se battre, mais, effrayé par les rumeurs circulant sur ses ennemis, il finit par se suicider en 376. Withimer prend sa place.

Jordanès, qui vécut plusieurs siècles après les faits, fait un récit plus détaillé que celui d'Ammien, avec lequel il diffère sur plusieurs points. D'après Jordanès, Eramanaric a conquis le territoire de nombreuses tribus guerrières du nord[5]. Jordanès déclare que le roi a mis à mort une jeune femme appelée Sunilda en l'attachant à quatre chevaux sauvages et l'écartèla ainsi, parce que son mari l'avait déloyalement abandonné. Les deux frères de cette dernière, Sarus et Ammius, blessèrent sévèrement Ermanaric à coup de lances. Toujours selon Jordanès, Ermanaric mourut de blessure, à 110 ans.

Dans les mythes germaniques[modifier | modifier le code]

Il existe des variations sur l'histoire de Sunilda dans la littérature germanique médiévale, y compris en Angleterre et en Scandinavie. Ermanaric apparaît dans le Ragnarsdrápa de Bragi Boddason, dans la Saga de Völsunga et dans la Gesta Danorum.

Dans les mythes autour de Dietrich von Bern, figure légendaire basée sur Théodoric le Grand, Ermanaric est son oncle qui veut lui prendre son royaume. Il lui est conseillé de tuer tous les proches de Dietrich von Bern.

Dans le poème Hamðismál qui finit la poésie héroïque du Edda Poétique, Gudrun, épouse du héros Sigurd, a marié leur fille Svanhild au roi Goth Ermanaric (Jörmunrekkr). Mais trahi par sa femme et son propre fils Randver, Ermanaric fait tuer son fils et fait piétiner à mort Svanhild par des chevaux. Gudrun veut se venger par l'entremise de ses fils Hamdir et Sörli, fils du roi Jonakr, pour tuer Ermanaric.

Dans la Chronique de Quedlinburg (fin de Xe siècle), il est écrit que les frères Hemidus (Hamdir), Serila (Sörli) et Adaccar (Erp/Odoacer) ont découpé les mains d'Ermanarik.

Dans la littérature contemporaine[modifier | modifier le code]

Les récits de son histoire ont inspiré Poul Anderson pour sa nouvelle de la Patrouille du temps : Le Chagrin d'Odin le Goth.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Res Gestae, XXXI,3, lire la traduction anglaise.
  2. De origine actibusque Getarum XXIII et XXIV, lire la traduction anglaise.
  3. "bellicosissimus rex"
  4. "late patentes et uberes pagos"
  5. Parmi lesquelles les "Golthescytha, Thiudos, Inaunxis, Vasinabroncae, Merens, Mordens, Imniscaris, Rogas, Tadzans, Athaul, Navego, Bubegenae and Coldae", Jordanès, XXIII.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sources anciennes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Herwig Wolfram, The Roman Empire and Its Germanic Peoples, University of California Press, 1997.
  • Michael Kulikowski, Rome's Gothic Wars, 2007.