Electronic Sound

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Electronic Sound

Album par George Harrison
Sortie Drapeau : Royaume-Uni
Drapeau : États-Unis
Enregistré Novembre 1968 (No Time or Space)
Février 1969 (Under the Mersey Wall)
Durée 43:50
Genre Musique concrète, électronique, expérimentale
Producteur George Harrison
Label Zapple Records
Classement 191e (États-Unis)
Critique

Albums par George Harrison

Electronic Sound est le deuxième album solo de George Harrison, sorti en mai 1969, alors qu'il est encore membre des Beatles. Cet album aux tonalités expérimentales est, comme son nom l'indique, composé de « sons électroniques » joués sur un synthétiseur Moog. Sur deux longues pistes, qui occupent chacune une face du 33 tours, le musicien expérimente cet instrument qu'il a récemment découvert. La pochette est ornée d'un dessin d'enfant de Harrison.

L'album est publié sous le très éphémère Zapple, sous-label d'Apple Records consacré aux disques expérimentaux (qui ne publie qu'un autre album). Il sort en mai 1969 des deux côtés de l'Atlantique et connaît un accueil commercial confidentiel : il n'entre pas dans les charts britanniques et n'arrive qu'à la 191e place des classements américains.

La critique est divisée concernant cet album. Il est tantôt considéré comme un poème abstrait, tantôt comme un simple test préfigurant l'utilisation plus concrète et aboutie du Moog sur l'album Abbey Road quelques mois plus tard. En 1996, l'album est réédité au format CD, mais les deux pistes sont inversées et voient leurs titres et compositeurs échangés.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine et enregistrement[modifier | modifier le code]

Electronic Sound est enregistré avec un synthétiseur Moog ; inventé au début des années 1960.

En 1968, les quatre Beatles fondent leur label Apple Records, et chacun y fait signer les artistes dont il juge le potentiel intéressant. George Harrison se tourne vers Jackie Lomax et produit son album Is That What You Want? auquel participent plusieurs artistes de renom, notamment Eric Clapton, Paul McCartney et Nicky Hopkins. Bien que le disque n'ait que peu de succès, c'est une nouveauté pour Harrison qui y introduit quelques parties d'un instrument récent, le synthétiseur, encore inconnu à l'époque[1]. Cet instrument est amené par Bernie Krause, musicien intéressé par les sons naturels, qui fait par la suite carrière dans ce domaine[2].

Krause et Harrison trouvent tous deux un certain attrait au synthétiseur Moog. Ils se retrouvent en Californie en novembre 1968 et enregistrent un long morceau, No Time or Space. En février suivant, Harrison acquiert un Moog dans son domicile d'Esher, dans le Surrey, et enregistre un deuxième morceau, Under the Mersey Wall. Dans les deux cas, il s'agit de collages abstraits de sons du Moog, de respectivement 25 et 18 minutes[3].

Parution et réception[modifier | modifier le code]

Avec Apple, les Beatles ont la possibilité de laisser libre cours à leurs envies, et sont libres de publier des albums peu commerciaux et expérimentaux. John Lennon a ouvert le bal en 1968 avec Unfinished Music No.1: Two Virgins[4]. Pour poursuivre ces expérimentations, les Beatles fondent le label subsidiaire Zapple, qui ne publie que deux albums avant d'être supprimé par leur manager Allen Klein : Unfinished Music No.2: Life with the Lions de John Lennon et Yoko Ono[5] et, donc, les expérimentations de Harrison, qui paraissent sous le titre Electronic Sound le 9 mai 1969 au Royaume-Uni et le 26 mai aux États-Unis. L'illustration de la pochette est une peinture de Harrison dans un style enfantin. L'intérieur inclut un commentaire de l'auteur, sous le pseudonyme d'Arthur Wax : « Il y a partout un tas de gens qui font beaucoup de bruit ; en voici encore davantage. » Au sujet du disque, il ajoute par ailleurs : « J'ai enregistré tout ce qui sortait »[6].

La nature expérimentale d'Electronic Sound ne lui permet pas de rencontrer un quelconque succès commercial, et il n'atteint que la 191e position des charts[3]. Au moment de sa sortie, le disque est alors relativement ignoré par la critique, qui est depuis partagée à son sujet. Pour Richard S. Ginell, du site Allmusic[7], il s'agit d'un poème abstrait de qualité ; tandis que pour Simon Leng, qui consacre un ouvrage à Harrison, « Quarante minutes de démonstration qu'un Beatle n'avait aucune idée de comment jouer d'un clavier électronique, c'est au moins trente-neuf minutes de trop[8] ». Au delà de ces divergences de point de vue, Electronic Sound représente surtout un avant-goût d'un usage plus travaillé du Moog sur l'album des Beatles Abbey Road, qui sort quelques mois plus tard[9]. Un polémique entoure Electronic Sound dans la mesure où Bernie Krause, bien qu'il ait demandé à ce que son nom soit retiré de la pochette, a par la suite revendiqué la paternité du disque. Sa participation à la deuxième piste, enregistrée en Californie, est mentionnée, mais il semble peu probable qu'il ait davantage participé au disque[6].

En dépit de son manque de succès, l'album est édité au format CD en 1996 dans une version remastérisée. De façon assez étonnante, cette réédition inverse l'ordre des deux pistes, mais pas les crédits, si bien que ceux-ci se trouvent attribués à la mauvaise piste[10]. Cette réédition est actuellement épuisée[11].

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Toutes les compositions sont de George Harrison.

Face 1
No Titre Durée
1. Under the Mersey Wall 18:41
Face 2
No Titre Durée
2. No Time or Space 25:10

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Leng 2006, p. 55
  2. (en) « Bernie Krause », Allmusic. Consulté le 22 février 2012
  3. a et b Bill Harry 2003, p. 164
  4. François Plassat 2011, p. 29
  5. François Plassat 2011, p. 178
  6. a et b Bill Harry 2003, p. 165
  7. (en) « Electronic Sound », Allmusic. Consulté le 22 février 2012
  8. Simon Leng 2006, p. 57
  9. François Plassat 2011, p. 30
  10. (en) « Electronic Sound », Graham Calkin's Beatles Pages. Consulté le 22 février 2012
  11. (en) « Electonic Sound », George Harrison. Consulté le 22 février 2012

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bill Harry, The George Harrison Encyclopedia, Virgin Books,‎ 2003, 400 p. (ISBN 0-7535-0822-2)
  • (en) Simon Leng, While My Guitar Gently Weeps : The Music of George Harrison, Hal Leonard,‎ 2006, 342 p. (ISBN 1423406095)
  • (fr) François Plassat, The Beatles Discomania, Hugo et Compagnie,‎ 2011, 191 p. (ISBN 2755608552)
Cet article est reconnu comme « bon article » depuis sa version du 17 mars 2012 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l'ayant promu.