Crésilas

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Hermès de Périclès, copie romaine de la statue de Crésilas, musée Pio-Clementino (Inv. 269)

Crésilas (en grec ancien Κρησίλας / Krêsílas) est un sculpteur grec du Ve siècle av. J.-C., contemporain de Phidias.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Originaire de la cité de Cydonia, en Crète[1], il effectue sa carrière à Athènes. On lui doit le portrait de Périclès dit « olympien »[2] qui était placé sur l'Acropole[3]. Cette statue en bronze, réalisée après la mort de l'homme d'État, le représentait debout dans une attitude proche de celle des bronzes de Riace. Elle a été reconnue dans plusieurs hermès romains inscrits, dont l'un aux musées du Vatican (voir ci-contre) et un autre au British Museum[4].

On rapproche le style du Périclès olympien du type d'Athéna dit Pallas de Velletri, dont la statue éponyme est conservée au musée du Louvre[5] et du type dit de Diomède à la lance, dont des exemplaires figurent à la Glyptothèque de Munich (voir l'article Diomède) et au Louvre[6].

Il est aussi l'auteur d'une Amazone blessée réalisée dans le cadre du concours organisé en 440-430 av. J.-C. pour le temple d'Artémis à Éphèse et finalement remporté par Polyclète[7]. Le type de l'Amazone blessée est connu par de nombreuses copies qu'il est difficile d'attribuer aux différents compétiteurs. On hésite généralement[8] pour Crésilas entre le type du Capitole-Sôsiclès — exemplaires aux musées du Capitole[9], au Vatican[10] et au Louvre[11] — et le type Berlin-Lansdowne-Sciarra — exemplaire au Metropolitan Museum of Art[12].

On lui attribue également une statue de blessé mourant décrite par Pline l'Ancien[2], peut-être la même que la « statue en bronze de Diitréphès, blessé par des flèches » que voit Pausanias sur l'Acropole[13] au IIe siècle ap. J.-C. Une base datée de 450 av. J.-C. porte effectivement l'inscription : « Hermolycos, fils de Diitréphès, en dîme. Œuvre de Crésilas[14]. »

Nous avons également connaissance d'un Doryphore[15] (porteur de lance) — peut-être le Diomède mentionné ci-dessus —, d'une vache votive à Déméter Chthonia[16] et d'un ex-voto à Athéna Tritogénie[17].


Notes[modifier | modifier le code]

Tête d'Amazone blessée du type du Capitole-Sôsiclès, copie romaine, musées du Capitole (MC 1091)
  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne] (XXXIV, 53).
  2. a et b Histoire naturelle (XXXIV, 74).
  3. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] (I, 25, 1).
  4. (en) Inv. 549, sur le site du British Museum.
  5. « Notice no 838 », sur la base Atlas du musée du Louvre
  6. « Notice no 837 », sur la base Atlas du musée du Louvre
  7. Histoire naturelle (XXXIV, 53 et XXXIV, 75).
  8. Muller-Dufeu, op. cit., p. 373.
  9. MC 651, sur le site des musées du Capitole.
  10. Inv. 2272.
  11. « Notice no 810 », sur la base Atlas du musée du Louvre
  12. MET 32.11.4.
  13. Description de la Grèce (I, 23, 3).
  14. Inscriptiones Graecae I, 883.
  15. Histoire naturelle (XXXIV, 75).
  16. Description de la Grèce (II, 35, 4 et 6) et Inscriptiones Graecae, IV, I.
  17. Anthologie grecque (XIII, 13) = Inscriptiones Graecae I, 885 ; IG I, 885.
Buste d'Athéna du type de Velletri, Glyptothèque de Munich

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • John Boardman (trad. Florence Lévy-Paoloni), La Sculpture grecque classique [« Greek Sculpture: The Classical Sculpture »], Paris, Thames & Hudson, coll. « L'Univers de l'art »,‎ 1995 (1re édition 1985) (ISBN 2-87811-086-2), p. 206 et 214.
  • Marion Muller-Dufeu, La Sculpture grecque. Sources littéraires et épigraphiques, Paris, éditions de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts, coll. « Beaux-Arts histoire »,‎ 2002 (ISBN 2-84056-087-9), nos 1071 à 1084.
  • (en) Gisela M.A. Richter, Sculpture and Sculptors of the Greeks, Yale University Press, 1970, p. 72 et suiv.