Cohortes urbaines

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Dans l'antiquité romaine, les cohortes urbaines (Latin:Cohors urbana) assument un triple rôle : garde d’honneur pour la ville de Rome, police municipale et aussi, force militaire. Elles servent principalement à maintenir l'ordre dans les grandes villes comme Rome si besoin et elles peuvent aussi combattre afin de défendre la ville ; elles sont armées et entraînées comme les légionnaires.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Auguste crée les cohortes urbaines à Rome en 13 av. J.-C., , elles sont au nombre de trois, numérotées de X à XII et comptent cinq cents hommes chacune. Deux autres cohortes urbaines sont détachées dans les plus importantes cités d'Occident, la Ire à Carthage, la XIIIe à Lugdunum[1].

  • Tibère les organise, en 23 ap. J.-C.. Ces soldats sont installés avec les prétoriens dans le camp que le préfet Séjan a fait construire.
  • À la mort de Caligula en 41, les cohortes urbaines tentent de jouer un rôle politique, quand les consuls et le Sénat occupent le Forum et le Capitole avec elles pour tenter de rétablir la République. Les divisions du Sénat et les demandes de la foule aboutissent à l'investiture de Claude.
  • Claude semble porter de 3 à 7 le nombre de cohortes.
  • Vespasien ramène ces unités au rang de quingénaires et n’en garde que quatre.
  • Vitellius semble ramener de 7 à 4 le nombre de cohortes. Celles-ci, pendant la lutte entre Vitellius et Vespasien, tentent de jouer un rôle analogue au leur en 41.
  • Antonin le Pieux semble passer leur nombre à 5 cohortes, dont 1 détachée au-dehors de Rome.
  • Septime Sévère maintient le recrutement italique pour ces cohortes.
  • Caracalla ramène le nombre de cohorte à 3 à Rome, 2 à Ostia et Puteoli.
  • Aurélien fait construire pour les cohortes urbaines de Rome, jusqu'alors stationnées au Castra Praetoria, une caserne : Castra Urbana, au Champ de Mars dans le Campus Agrippae.
  • Alors qu'on connaît avec précision la date de la suppression des Prétoriens (312), on ne sait pas quand disparurent les cohortes urbaines. Elles auraient subsisté au moins jusque vers 360, lors de troubles dans une cité.

Organisation[modifier | modifier le code]

La hiérarchie des hommes, moins connue en raison des lacunes de la documentation, paraît être calquée sur celle du prétoire. Chaque cohorte est commandée par un Tribun militaire, le plus souvent un spécialiste des services urbains passé par le tribunat des vigiles; il recevra ensuite de l'avancement en devenant tribun des prétoriens[2]. Au-dessous du tribun, à la tête des centuries, sont placés six centurions qui ont fait en général leur apprentissage dans les centurionats légionnaires et les centurionats des vigiles; un certain nombre de ces centurions urbains sortaient des evocati Augusti. Les sous-officiers (les principales) sont à peu de chose près, les mêmes que dans l'armée de ligne. Comme dans celle-ci, ils se divisent en deux groupes, les uns détachés auprès du préfet de la Ville dont ils forment l'officium, les autres servant dans le corps même.

Organisées sur le type des cohortes prétoriennes, mais sans contingent de cavalerie, les cohortes urbaines comprenaient 1 000 hommes par cohorte, voire 1 500 avant Vitellius. Toutefois, cette évaluation est contestée par Le Bohec, qui considère que de tels effectifs ne pouvaient tenir dans le camp des prétoriens, et considère qu'une cohorte prétorienne ou urbaine ne comptait au plus que 500 hommes[1]. Le temps de service légal est de vingt ans, mais l'État peut libérer un soldat avant l'expiration de ce terme.

Le recrutement des urbaniciani paraît proche de celui des prétoriens. Compte tenu du milieu social d’origine, les liens avec la plèbe urbaine doivent être très étroits et sont recrutés dans leur ville. Il est donc difficile d’admettre que le soin de réprimer les mouvements de foule leur ait été confié. À l’occasion, sans doute ; systématiquement, c’est peu probable. Elles avaient donc un rôle de police pour réduire la criminalité qui sévissait dans les rues de Rome. Très occasionnellement, elles pouvaient prendre part à une bataille, mais avaient plutôt un rôle honorifique dans l'armée romaine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Yann Le Bohec, L'armée romaine dans la tourmente. Une nouvelle approche de la crise du troisième siècle, Paris-Monaco, éd. du Rocher, 2009, (ISBN 978 2 268 06785 8)[à vérifier : isbn invalide]) p. 24-25
  2. >Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, 1974, (ISBN 2020026775), p. 180

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]