Château de Schwetzingen

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Château de Schwetzingen
Image illustrative de l'article Château de Schwetzingen
Château de Schwetzingen vu du jardin
Période ou style XVIIIe siècle
Architecte Johann Adam Breunig de Heidelberg
Destination initiale Résidence d'été des électeurs palatins
Coordonnées 49° 23′ 07″ N 8° 34′ 19″ E / 49.3853, 8.57249° 23′ 07″ Nord 8° 34′ 19″ Est / 49.3853, 8.572  
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Région historique Bade-Wurtemberg
Localité Schwetzingen

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Château de Schwetzingen

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Château de Schwetzingen

Le château de Schwetzingen est un ancien palais princier à Schwetzingen, en Allemagne, situé dans le Land de Bade-Wurtemberg, à proximité des villes de Heidelberg et Mannheim. Le château était la résidence d'été des électeurs palatins Charles III Philippe et Charles IV Théodore, et c'est d'abord son parc, vaste et aménagé avec beaucoup d'art, qui en fit la célébrité. Outre le parc, qui a conservé très fidèlement son aspect d'origine, le domaine abrite également l'un des rares théâtres du style rococo existant encore. Détruit au cours du XVIIe siècle, le château fut rebâti entre 1700 et 1717 dans le style baroque.

Le château[modifier | modifier le code]

Le corps de logis actuel fut bâti à l’emplacement d’un ancien château fort. Il en conserve même quelque vestiges de murailles, ce qui explique aussi la légère irrégularité de son plan. La construction du palais, de 1700 à 1750, menée pour l’essentiel par l’architecte Johann Adam Breunig de Heidelberg, fut alors commencée durant le règne de Johann Wilhelm, qui comptait en faire non pas encore une résidence officielle, mais simplement un pavillon de chasse. Pourtant, un jardin, quoique relativement petit, fut déjà aménagé en même temps. Charles Philippe le gardera, tout en l'enrichissant de manière importante. Quand le vaste nouveau jardin de Charles Théodore commença à exister, dans les années 1750 et 1760, on fit appel à l’architecte lorrain Nicolas de Pigage de Lunéville, qui prépara des plans pour un château neuf qui serait à la hauteur de son environnement. Ce projet ne fut pourtant jamais exécuté, puisqu'en même temps, le gigantesque château de Mannheim allait s’achever, et la reconstruction du château de Benrath contribuait, elle aussi, à engouffrer les moyens financiers alors disponibles. Il en résulte que, tel qu’il se présente aujourd’hui, le château est largement éclipsé par la grandeur du parc.

Une partie importante des décorations intérieures et de l’ameublement d’origine subsistent. Suite à d'importants travaux de restauration à la fin du XXe siècle, on y trouve plusieurs appartements entièrement aménagés qui, bien que relativement modestes, donnent une idée vive, et très intime, de la vie quotidienne de la cour. Par manque de place, les deux salles d’assemblée ainsi que le théâtre finirent par être implantés dans les deux bâtiments annexes (Zirkelbauten), côté jardin, qui faisaient également office d’orangeries.

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Le parc[modifier | modifier le code]

Le parc couvre 72 hectares. Pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle, le style régulier, dit « à la française », fut graduellement remplacé par le style paysager, dit « à l'anglaise ». Les nombreux princes du Saint-Empire ne tardèrent pas à s’y adapter. Le jardin de Schwetzingen constitue peut-être l’un des exemples les plus marquants de ce changement de goût, puisque ses créateurs cherchaient surtout à réconcilier les deux styles divergents. Ainsi, les plus anciennes parties gardent bien leur aspect régulier, mais en s’éloignant du château, on traverse des élargissements subséquents qui intègrent de plus en plus aussi des éléments plus « naturels ». Toutefois, malgré sa diversité stylistique, on prenait soin que l’entité du parc constitue un ensemble cohérent. Il en résulte que ce parc est parfois jugé appartenir à un style intermédiaire, appelé jardin anglo-chinois, alors qu’en réalité, par sa diversité même, il dépasse largement les limites de ce style (qui, de toute façon, n’est pas resté en faveur très longtemps, supplanté par le style « anglais » proprement dit).

Un premier dessin, dû au jardinier Petrie de Deux-Ponts, introduisait déjà un élément original qui restera caractéristique du parc de Schwetzingen. Il s'agit du parterre en forme de cercle complet. Sinon, ce plan est de caractère assez conventionnel, voire désuet ; par de nombreux détails, il semble qu'il s'appuie fortement sur les propos de Dezallier d'Argenville dans son livre Théorie et pratique du jardinage. Même s'il n'en profite pas au maximum : le tracé des parterres de broderies[Quoi ?] paraît, bien qu'il soit joli, assez timide si on le compare avec certaines solutions imaginées par d'Argenville...

Dès que le futur développement du parc est confié à l'architecte lorrain Nicolas de Pigage, le plan est à la fois modernisé et considérablement élargi. À la différence de son prédécesseur, Pigage est bien au courant des derniers développements stylistiques. La plupart de ses propositions pour Schwetzingen, qui s'étalent sur une vingtaine d'années, peuvent être considérées de première qualité pour l'époque. Pourtant, elles n'étaient pas toujours appliquées, et le refus du commanditaire (et peut-être aussi de son architecte) de se porter sans réserve vers le nouveau style anglais finit par attirer des critiques sévères (notamment par C.C.L. Hirschfeld). On faisait toujours exception des nombreuses fabriques du parc, en reconnaissance de leur très haute qualité architecturale (Hirschfeld, par exemple, ne leur reprochait que le fait d'être, selon lui, beaucoup trop nombreuses, et trop peu éloignées les unes des autres). Pour les parties ultérieures du parc, qui montrent un style paysager beaucoup plus développé, Pigage allait collaborer étroitement avec Friedrich Ludwig von Sckell.

La statuaire du parc est de qualité assez hétéroclite. Il y a des éléments décoratifs très médiocres, provenant de l'ancien jardin ou même récupérés ailleurs. D'autre part, on y trouve des très belles pièces de Verschaffelt, entre autres. Une statue de Pan, assis sur un rocher et jouant sa flûte, fut très appréciée à l'époque. Il s'agit d'une œuvre de Simon Peter Lamine, sculpteur à Mannheim. Une réplique de celle-ci, par le même artiste, sera dévoilée, à peu près vingt ans plus tard, à Nymphenburg. La majorité des sculptures dans les parterres, ainsi que certaines pièces déposées ailleurs, proviennent du parc du Château de Lunéville, l’ancienne résidence du roi de Pologne, Stanislas Leszczynski. À la mort de celui-ci, l'inventaire du parc fut vendu aux enchères, au poids. En majorité, il s’agit des œuvres du sculpteur Barthélemy Guibal, que le prince-électeur palatin parvint alors à sauvegarder.

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Le théâtre[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  • (de) Carl Ludwig Fuchs, Claus Reisinger, Schloss und Garten zu Schwetzingen. 2. Auflage. Wernersche Verlagsgesellschaft, Worms 2001 (ISBN 3884621645)
  • (de) Oswald Zenker, Schwetzinger Schlossgarten. Ein Führer durch das Französische Gartenparterre und den Englischen Landschaftsgarten, mit Informationen über Schloss und Rokokotheater sowie Sehenswürdigkeiten der Umgebung. K. F. Schimper-Verlag, Schwetzingen 2002 (ISBN 3877421709)
  • (de) Wiltrud Heber, Die Arbeiten des Nicolas de Pigage in den kurpfälzischen Residenzen etc.. Düsseldorf 19??
  • (de) Ingrid Dennerlein, Die französiche Gartenkunst des Régence und des Rokoko, Worms 198?

Autres références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • (fr) « Les jardins du château de Schwetzingen, Wurtemberg » in Caroline Holmes, Folies et fantaisies architecturales d'Europe (photographies de Nic Barlow, introduction de Tim Knox, traduit de l'anglais par Odile Menegaux), Citadelles & Mazenod, Paris, 2008, p. 96-99 (ISBN 978-2-85088-261-6)

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