Abraham Mazel

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Abraham Mazel (1677-1710), prophète et combattant, est à la fois le premier et le dernier des camisards.

Le début de la guerre des Camisards[modifier | modifier le code]

Fils de David Mazel, peigneur de laine (1648-1719) et de Jeanne Daudé (1650-1680), il est né le 5 septembre 1677 à Falguières près de Saint-Jean-du-Gard ou Saint-Jean-de-Gardonnenque.

En octobre 1701, Abraham Mazel est « visité » de « l'esprit de prophétie », qui lui donne l'ordre de « chasser les bœufs noirs du jardin », les « bœufs noirs » étant les prêtres de l'église catholique[1]. Le foyer de départ de l'insurrection a lieu le 22 juillet 1702, à Vieljouves, un hameau situé au-dessus du village du Rouve, au pied de la montagne du Bougès. Ce soir-là, invité par Salomon et David Couderc, deux habitants du Rouve, un groupe se réunit autour d'Abraham Mazel, qui reçoit une nouvelle « inspiration divine » lui enjoignant de délivrer les huguenots faits prisonniers et soumis à la question par l'abbé du Chayla au Pont de Montvert[2],[3].

Le 24 juillet 1702, Abraham Mazel, avec Pierre Séguier, dit « Esprit Séguier », et quelques autres, mène une expédition contre l'abbé du Chayla qui détenait prisonniers de jeunes inspirés, au Pont-de-Montvert. Le meurtre de l'abbé déclenche la guerre : aux troupes royales, appelées pour arrêter les séditieux, s'opposent de petits groupes d'insurgés armés (« Camisards »), sous la direction de jeunes prophètes, Jean Cavalier (1681-1740), Pierre Laporte, dit Rolland (1675-1704) ; parcourant les Cévennes et la plaine environnante, ils brûlent des églises en chantant des psaumes. Au vu des faits et des propos tenus par Abraham Mazel lui-même, il est probable que la guerre des Camisards n'aurait pas eu lieu si les protestants emprisonnés au Pont-de-Montvert avaient été relâchés[1]. D'abord constituée par des escarmouches dans les Hautes-Cévennes, la guerre se développera ensuite militairement, de façon plus ample mais moins emblématique, dans les Basses-Cévennes, avec Rolland et Cavalier.

Le combat permanent[modifier | modifier le code]

En 1704, alors que Cavalier, après un grave échec, négocie la paix avec le chef des troupes royales, le maréchal de Villars, d'autres continuent le combat, dont Abraham Mazel. En janvier 1705, il est arrêté et a la vie sauve grâce à l'intervention du curé Vedel qu'il avait épargné en septembre 1703 à Saint Martin de Corconac.

Le 24 juillet 1705, il s'évade de la Tour de Constance (Gard) avec 76 autres détenus.

Ayant l'assurance d'être conduit à l'étranger, il se rend, rejoint son ami Élie Marion et va avec ses compagnons jusqu'à Genève, puis à Lausanne où il est pensionné comme officier dans le « régiment camisard ». En novembre 1705, il est impliqué dans l'affaire de la tentative de débarquement en Savoie des camisards et des partisans savoyards. Il se réfugie en Angleterre où il participe au groupe des « prophètes cévenols ». Son inspiration lui dit de repartir dans les Cévennes, ce qu'il fait.

En mars 1709 avec Daniel Guy dit « Billard » et Antoine Dupont, il passe en Vivarais et crée une troupe de jeunes gens dirigée par Jean Justet de Vals.

Le 22 juin, les camisards attaquent les régiments suisses de Courten qui se retirent sans combattre. Le 8 juillet,les Camisards sont battus à Leyrisse. Justet, et peut-être Dupont, sont tués. Les débris de la troupe de Mazel sont dispersés à Font-Réal, près de Saint Jean Chambre (Ardèche). Guy Billard est tué près de Vors, Mazel parvient encore à s'enfuir. Il se réfugie dans les Cévennes, rencontre Claris, Corteiz et d'autres prédicants encore en activité et prépare un nouveau soulèvement armé.

Le 14 octobre 1710 il est pris et abattu au Mas de Couteau près d'Uzès. Une plaque commémore cet événement au temple d'Uzès, ancien couvent des Cordeliers acquis en 1791 par les réformés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Abraham Mazel, Elie Marion et Jacques Bonbonnoux, 1983. Mémoires sur la guerre des camisards. Les Presses du Languedoc, Montpellier, 432 pp.
  2. Pierre-Jean Ruff, 2008. Le Temple du Rouve: lieu de mémoire des Camisards. Editions Lacour-Ollé, Nîmes.
  3. Henry Mouysset, 2010. Les premiers Camisards: juillet 1702. Nouvelles Presses du Languedoc, Sète.

Liens externes[modifier | modifier le code]