Callias (fils d'Hipponicos Ammon)

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Callias (en grec ancien Καλλίας / Kallías) est un homme politique athénien du Ve siècle av. J.-C., impliqué dans la paix de Callias, à qui il donne son nom[1]. Il est parfois appelé Callias II pour le distinguer de sa famille (voir Callias (homonymie)).

Fils d’Hipponicos Ammon et petit-fils de Callias (fils de Phésippe), Céryce, Eupatride[2], prêtre de Perséphone et de Déméter et Dadouque, il fut un prêtre des Mystères d'Éleusis.

On lui attribue les négociations de la paix de Callias (449 av. J.-C.) qui terminent définitivement les guerres médiques après la victoire athénienne de Salamine de Chypre. Le roi de Perse, Artaxerxès Ier s’engage en effet à ne pas envoyer de troupes à plus de trois jours de marche de la mer Égée. Cette paix reconnaît de facto l'indépendance des villes d’Ionie et la prépondérance maritime d’Athènes[3]. À son retour, l’ambassade fut déclarée insuffisante, il est accusé d’avoir été corrompu par le roi perse, acquitté, et condamné à une amende de 50 talents.

Corrompu pour de l’argent par un Perse pendant la bataille de Marathon (490 av. J.-C.), il cacha le pot-de-vin offert en échange de la vie sauve, et tua malgré tout l’ennemi. Peu de temps après la mort de Cimon, probablement vers 449, il est envoyé en ambassade à Suse afin de conclure un traité avec Artaxerxès Ier, roi de l’Empire perse[4]. Il avait épousé Elpinicé, fille du général Miltiade le Jeune. Leur fils fut nommé Hipponicos comme son grand-père, qui devint le père du philosophe Hermogène :
D’après Héraclide du Pont, lorsque les Perses déferlèrent sur l'Eubée pour la première fois, il y avait à Érétrie un homme du nom de Diomnestos, trésorier du stratège. Il advint que l'officier avait installé son campement au cœur du domaine qui appartenait à Diomnestos, et avait caché sa fortune dans une des pièces de la maison. Quand tout le monde eut périt, Diomnestos se retrouva seuil détenteur de cet or, sans que personne, par ailleurs, ne fut au courant. Mais quand le roi des Perses envoya une nouvelle armée à Érétrie, avec l'ordre formel de raser la ville intégralement, les habitants les plus riches mirent leur argent en sécurité. C'est pourquoi les survivants de la famille de Diomnestos expédièrent leurs biens à Athènes, et les remirent entre les mains d'Hipponicos Ammon, fils de Callias. Quand les Perses eurent dispersé toute la population érétréenne, cet argent fut placé sous la garde d'Hipponicos et de son père Callias : or Diomnestos disposait d'une fortune fabuleuse. En conséquence, Hipponicos, petit-fils du destinataire du dépôt, demanda un jour aux Athéniens un emplacement sur l'Acropole pour y construire un entrepôt et y déposer l'argent, en arguant du fait qu'une si grosse somme n'était pas en sécurité dans une demeure privée. Les Athéniens lui en donnèrent la permission, ses amis le mirent en garde, et il changea d'avis. C'est ainsi que Callias s'empara de toute la fortune et se livra au plaisir. Dès lors, des foules de parasites et de flatteurs s'agglutinèrent autour de lui. Finalement, ses dépenses extravagantes aboutirent à un retournement de situation tel qu'il se retrouva seul et pauvre aux côtés d'une vielle pocharde, et qu'il mourut dans le plus grand dénuement[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sur les forfaitures de l'ambassade, 19
  2. Le Banquet de Xénophon (Livre VIII, 40-41)
  3. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XII, 4
  4. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], VII, 151.
  5. Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne] (Livre XII)

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]