Asticot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Asticot : A, avant ; B, arrière.

L'asticot est la larve des mouches et d'autres diptères. Parfois, ce terme est utilisé pour référer au stade larvaire d'autres insectes.

Description[modifier | modifier le code]

un asticot
Asticot, face avant et face arrière

Les asticots sont généralement longs de 4 à 12 mm selon leur stade de développement. La plupart des asticots sont de couleur blanchâtre ou légèrement brune, mais certaines espèces ont des asticots jaunes ou rougeâtres. Les asticots sont acéphales mais ils possèdent une paire de petits crochets qui les aident à se nourrir. Ils n'ont pas de pattes non plus.

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Le cycle de vie de la mouche est composé de quatre stades : œuf, larve (appelée communément asticot dans notre cas), pupe, adulte ou imago. Les œufs sont pondus sur de la viande en décomposition, excréments d'animaux, fumier, ou dans des réserves d'eau stagnante — quoi que ce soit fournissant de la nourriture en quantité aux larves, généralement dans un endroit humide. Après 8 à 20 heures, les œufs éclosent et les mouches entrent dans leur stade d'asticot. Il commence à se nourrir de ce sur quoi l'œuf a été pondu, habituellement de la viande en décomposition. L'asticot se gorge de nourriture jusqu'à ce qu'il soit prêt à entrer dans le stade pupal, et à ce point l'asticot s'éloigne de la source de nourriture pour aller dans un endroit tout aussi humide. Le caster ou l’épine vinette représente la première étape de transformation de l’asticot en mouche. L’évolution se fera d’autant plus lentement que la température sera basse.

Alimentation[modifier | modifier le code]

L'asticot est connu pour manger généralement de la chair en décomposition, les matières en putréfaction et de matières fécale. Par exemple, l'asticot de la mouche à merde, Scatophaga stercoraria, d'une taille pouvant atteindre environ 10 millimètres, qui se rencontre sur les bouses de vache, se développe en se nourrissant des larves d'autres insectes coprophages. Elle est donc carnassière.

Asticots de mouches et coléoptères sur le corps en décomposition d'un Porc-épic du Cap (Hystrix africaeaustralis) mort depuis 5 jours

Une exception au comportement nécrophage des asticots : les larves de la lucilie bouchère (Cochliomyia hominivorax) connue également sous le nom de mouche de Libye (bien qu'originaire d'Amérique centrale), se nourrissent exclusivement de matière vivante après que les œufs de celle-ci ont été pondus dans les plaies ouvertes ou atteintes cutanées suffisantes pour laisser la larve pénétrer dans les tissus. Inversement, les asticots de deux autres espèces de mouche ne consomment que la partie morte des plaies, en les aidant à cicatriser.

Un asticot de tipule

La larve de la tipule est aussi un asticot, de grande taille, qui, en revanche, se nourrit des racines des plantes.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Pêche et élevage[modifier | modifier le code]

Les asticots sont élevés dans un but commercial, dans le but de fournir des appâts ayant une certaine popularité parmi les pêcheurs ou comme nourriture pour les animaux de compagnie carnivores tels que les NAC (reptiles, mygales) ou les oiseaux.

Médecine[modifier | modifier le code]

Des asticots de deux espèces de mouche, élevés de façon stérile, peuvent être employés pour manger les chairs mortes et le pus dans les cicatrices après une intervention chirurgicale. On appelle cette technique l'asticothérapie.

Médecine légale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Entomologie médico-légale.

Un certain nombre d'espèces de mouches pondent leur œufs sur de la viande en décomposition. Ce comportement intervient, selon les espèces, à des stades différents de décomposition et est utilisé en médecine légale pour déterminer notamment la date de décès d'un corps : en déterminant les différentes espèces de mouches qui ont pondu et en établissant l'âge de leurs larves respectives, il est possible d'estimer la date de la mort avec une précision de quelques dizaines d'heures environ.

Dangers[modifier | modifier le code]

Des asticots, sur la peau ou une fois ingurgités, peuvent provoquer des myases.

Comme les tiques et les puces, les asticots peuvent être une menace pour les animaux de compagnie. Les mouches se reproduisent rapidement durant l'été et on peut trouver les asticots en grand nombre, créant une infestation posant un risque de myiases pour les bêtes de compagnie.

La mouche Lucilia bufonivora pond directement dans les narines de certains crapauds (Bufo bufo généralement). Ses asticots mangent l'animal par l'intérieur, sans le tuer. Celui-ci meurt après que les asticot l'ont quitté.

Spécialistes[modifier | modifier le code]

Anna Maria Sibylla Merian fut une des premières à s'intéresser à la classification des asticots.

L'asticot dans la culture[modifier | modifier le code]

Art[modifier | modifier le code]

Paul Claudel alla jusqu'à comparer le Bain turc peint par Ingres à une « galette d'asticots ».

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie[modifier | modifier le code]

  • Dans la mythologie nordique, les asticots ayant dévoré Ymir auraient engendré la race des nains.
  • Dans la mythologie japonaise, Izanami, déesse de la Création et de la Mort, prend une apparence de cadavre avarié rongé par les asticots.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot asticot viendrait du verbe asticoter. Littré rattache ce verbe au picard astiquer « toucher du doigt (une région sensible) », lui-même probablement du néerlandais steken « piquer »[1]. Selon une autre hypothèse, plus amusante[2], l'origine du verbe asticoter serait un croisement entre astiquer et une forme ancienne dasticoter (aussi tasticoter ; testicoter en picard), issue de l’allemand Daß dich Gott… « Que Dieu te… », formule préparatoire à un juron. Au départ, le mot signifiait « parler allemand » puis « contester » et « jurer ». C’est par croisement avec d’asticot, juron de même origine obtenu par métanalyse, et astiquer qu’on obtient la forme sans consonne initiale, asticoter, peut-être aussi par influence de estiquer, du néerlandais steken « piquer ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mouche.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Littré
  2. Larousse