Arsenic et vieilles dentelles

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Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and Old Lace) est une pièce de théâtre américaine de Joseph Kesselring, créée à Broadway (New York) en 1941.

Elle a été adaptée au cinéma en 1944 par Frank Capra avec Cary Grant dans le rôle principal. La création française a eu lieu en 1945 au théâtre de l'Athénée.

L'œuvre s'inspire de deux tueuses en série américaines, Vera Renczi et Amy Archer-Gilligan[1].

Argument[modifier | modifier le code]

Mortimer Brewster vient annoncer à ses tantes, Dorothy et Martha, deux charmantes vieilles filles qui l'ont élevé, son prochain mariage avec la fille du révérend Harper qui habite à quelques dizaines de mètres de là. Mais il découvre, caché dans un coffre sous la fenêtre, le cadavre d'un vieil homme. Ses tantes lui avouent alors, le plus ingénument et le plus naturellement du monde, qu'elles se sont fait une spécialité de supprimer les vieux messieurs seuls au monde en vue de leur rendre service...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution originale[modifier | modifier le code]

(par ordre alphabétique)

Reprises[modifier | modifier le code]

Création française, théâtre de l'Athénée, 1945


  • Adaptation française : Pierre Brive
  • Scénographie : J.-R. Buisson

Source : Les Archives du spectacle

Analyse[modifier | modifier le code]

« Lorsque le dramaturge américain Joseph Kesselring avait entrepris avant-guerre sa quatrième pièce, c’est une tragédie qu’il voulait écrire. Ses trois premières pièces étaient passées inaperçues, mais Kesselring ne s’était pas découragé, il voulait cette fois livrer la tragédie des temps modernes, une histoire d’euthanasie. Au moment où Joseph Kesselring travaillait sur sa pièce, en Europe Adolf Hitler fascinait le peuple allemand par des discours haineux et racistes. Il prônait l’extermination des Juifs et des Tziganes, et voulait imposer sur la planète, qu’il projetait de soumettre, un eugénisme monstrueux afin d’empêcher les naissances d’individus inaptes, parce que nés handicapés physiques ou mentaux, et d’écourter la vie de gens déclarés inutiles, parce que devenus séniles ou malades… Joseph Kesselring avait sans doute l’ambition de faire comprendre à ses compatriotes que le refus d’intervenir contre les nazis, ce qui était à l’époque la ligne de conduite des Américains, les rendait complices des meurtres collectifs à venir en Allemagne, en Europe, et dans le monde entier, d’où le titre de sa pièce : “Nous avons tous des cadavres dans nos caves”… Mais en descendant dans ces caves où nous étions supposés enfouir des secrets honteux et criminels, Joseph Kesselring rata une marche et dégringola, sa tragédie se dégonfla comme un ballon de baudruche. À la lecture de ce sombre drame, ses producteurs de théâtre, au lieu de verser des larmes, s’étranglèrent de rire. Malgré le sérieux du sujet, la grandiloquence de ses dialogues rendait les effets tragiques désopilants. Les deux hommes conseillèrent aussitôt à Kesselring de revoir son texte en l’orientant délibérément vers la comédie. Après tout, la comédie est une tragédie évitée… C’est ainsi que la comédie hilarante Arsenic et vieilles dentelles vit le jour. En 1941, alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage depuis déjà deux ans, Arsenic et vieilles dentelles, est jouée à Broadway à partir du 10 janvier. C’est un triomphe, elle reste à l’affiche pour 1 444 représentations. Il s’agit pourtant d’une comédie loufoque, et l’heure n’est pas au rire. En adressant tous les soirs un pied de nez à la mort, Arsenic et vieilles dentelles participe à l’effort de guerre. Le film que réalise Frank Capra en 1944, d’après la pièce, soutient lui aussi par ses rires le moral des soldats anglais et américains[2]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Axel Cadieux, Une série de tueurs. Les serial killers qui ont inspiré le cinéma, Capricci Éditions,‎ 2014 (ISBN 979-1023900200, lire en ligne), p. 57
  2. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, « Le Personnage, de la “Grande” histoire à la fiction », Paris, Nouveau Monde éditions, 2013 (ISBN 978-2-36583-837-5), 436 pages, citation des pages 84 à 86

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]