Armée populaire de libération du Soudan

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Forces armées sud-soudanaises
Drapeau du Soudan du Sud
Drapeau du Soudan du Sud
Fondation 2011
Branches armée de terre
armée de l'air
Commandement
Président Salva Kiir
Main-d'œuvre
Actifs 210 000
Industrie
Fournisseurs étrangers Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Drapeau de la Russie Russie
Articles annexes
Histoire Seconde Guerre civile soudanaise
Guerre civile au Darfour
Conflit inter-soudanais de 2011

L'Armée populaire de libération du Soudan (APLS, en anglais : Sudan People's Liberation Army, SPLA) est le nom officiel des forces armées du Soudan du Sud.

Il s'agissait initialement d'un mouvement de guérilla fondé par John Garang, luttant pour l'établissement d'une république socialiste au Soudan, « uni, laïc et démocratique », avant de devenir la force armée du Soudan du Sud suite à l'indépendance du pays en 2011. Néanmoins, certaines unités rebelles n'ont pas été intégrées à l'armée nationale et sont ainsi hors de contrôle de Djouba : c'est le cas notamment du Mouvement populaire de libération du Soudan - Nord, qui continue la lutte contre le gouvernement du Soudan du Nord.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation du mouvement[modifier | modifier le code]

Sceaux de l'APLS.

En 1983, le président Gaafar Nimeiry cherche à renforcer le centralisme de l'État et l'islamisation de la société soudanaise. Des membres des ethnies du sud du pays (John Garang, Salva Kiir Mayardit, William Nyuon Bany et Kerubino Kuanyin Bol[réf. nécessaire]) se réunissent à Gambela en Éthiopie le 15 mai 1983 pour fonder le Sudan People's Liberation Movement et sa branche armée, la SPLA. John Garang, colonel déserteur de l'armée régulière et ancien combattant de la guérilla Anya Nya, prend la tête de l'organisation. Le mouvement refuse la division du Soudan et veut établir un régime socialiste sur l'ensemble du pays[1],[2].

John Garang est contesté au sein du mouvement, et accusé d'autoritarisme et de favoritisme, privilégiant les membres de son ethnie, les Dinkas, au détriment des Nuers et des Shillouks. Durant l'été 1991, une première scission quitte le mouvement. D'abord connu comme « faction Nassir », cette dissidence, composée de Nuers et de Shillouks, se structure autour de Rieck Machar Teny et prend le nom de Sudan People's Liberation Army-United (SPLA-U). En 1994, la SPLA-U se divise en deux : la South Sudan Independant Army, majoritairement nuer et menée par Rieck Machar, et la Sudan People's Liberation Army-United, majoritairement shillouk et menée par Lam Akol Ajawin. La SPLA originelle éclate en plusieurs factions durant les années 1990.

En 1993 est fondé le Patriotic Resistance Movement, dirigé par Alfred Ladugore et Charles Pitia Diliga et se revendiquant pluriethnique. À la fin des années 1990, si la faction menée par John Garang reste la plus importante, elle est alliée à six factions dissidentes (portant l'effectif du SPLA entre 25 000 et 30 000 militants) se partageant le contrôle militaire du sud du pays : la SPLA - New Kush Brigade (menée par Yussuf Mekka et établie autour des monts Nuba), la SPLA - Blue Nile Brigade (menée par Malik Agar et établie dans le Nil Bleu), la SPLA - New Sudan Brigade (menée par John Luk Joak et établie dans le Kassala), la SPLA - South Kordofan Brigade (menée par George Deng et établie dans le Kordofan du Sud), le SPLA - Upper Nile Brigade (menée par Peter Wal Athui) et la faction mené par Peter Qadet. En 2003, Rieck Machar et ses partisans réintègrent le SPLA[2],[1].

La lutte pour l'indépendance[modifier | modifier le code]

Soutenu par l'Égypte, l'Éthiopie, l'Érythrée, l'Ouganda et les États-Unis, John Garang obtient quelques victoires militaires ainsi que le soutien de partis politiques nordistes d'opposition, participant à la création de la National Democratic Alliance.

Au début des années 2000, le SPLM diminue son activité militaire au profit d'actions plus politiques (gestion de l'aide humanitaire, construction d'une administration dans les zones qu'il contrôle). En 2002, des négociations sont entamées, sous l'égide des États-Unis, entre la SPLA et le gouvernement. La guerre civile au Darfour mettent un frein au processus de paix[2]. La nomination de John Garang aux poste de Premier Vice-Président du Soudan et de Président du Soudan du Sud suite au accords du 9 janvier 2005 semble mettre fin au conflit, mais sa mort au mois de juillet déclenche des émeutes[3],[4].

L'armée conventionnelle[modifier | modifier le code]

Le président Salva Kiir, commandant en chef de l'APLS.

Depuis 2005, la SPLA s'efforce de devenir une armée conventionnelle et comporte aujourd'hui une branche aérienne. En 2009, elle acquiert 33 T-72 ukrainiens[5]. Le 12 août 2010, elle achète ainsi 4 hélicoptères Mi-17 à la Russie.

En 2011, plusieurs de ses unités entrent en conflit avec l'armée soudanaise pour le contrôle de la région d'Abyei ainsi que dans le Kordofan du Sud. Elle se dit par ailleurs prête à faire face à une offensive terrestre de la part du Nord-Soudan[6]. Le 31 octobre 2011, les combats au Kordofan du Sud auraient fait des centaines de morts dans les rangs de l'armée populaire de libération du Soudan-branche Nord, selon les autorités soudanaises.

Le 26 avril 2013, le gouvernement sud-soudanais annonce que la branche nord de l'APLS a déposé les armes au Soudan après que Salva Kiir ait accordé une amnistie aux combattants (3 000 hommes) et leur intégration au sein des forces armées sud-soudanaises[7],[8],[9].

Le 14 décembre, une mutinerie éclate au sein de l'armée, dirigée par Riek Machar sur fond de rivalité ethnique : d'un côté les Nuers et de l'autre les Dinkas (ethnie majoritaire de Salva Kiir). Le 16 décembre, le président Kiir annonce qu'un coup d'État a été déjoué[10],[11].

Organisation actuelle[modifier | modifier le code]

En 2013, l'APLS est organisée en neuf divisions d'infanterie et en une petite force aérienne (210 000 hommes au total). Le gouvernement prévoit actuellement de réduire les effectifs[12].

Équipement[modifier | modifier le code]

Selon les données de l'IISS en 2013 :

Armée de terre[modifier | modifier le code]

Un char T-72.

Force aérienne[modifier | modifier le code]

Deux hélicoptères Mi-17 de l'APLS à l'aéroport de Djouba.

Dépenses militaires[modifier | modifier le code]

Année Livres sud-soudanaises Équivalent USD
2011 1,6 milliard 533 millions
2012 2,42 milliards 537 millions
2013 2,52 milliards

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon,‎ 2001, 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 1005-1009
  2. a, b et c Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Les Nouveaux Mondes rebelles, Paris, Éditions Michalon,‎ 2005, 500 p. (ISBN 2841862488), p. 185-187
  3. Laurent Correau, « John Garang est mort », sur rfi.fr,‎ août 2005 (consulté le 4 mars 2011)
  4. « Soudan : décès de John Garang », sur monde-diplomatique.fr,‎ août 2005 (consulté le 4 mars 2011)
  5. Jean-Philippe Rémy, « WikiLeaks : la folle saga des T-72 ukrainiens destinés au Soudan sud », Le Monde, 4 décembre 2010.
  6. (en) « Sudan accuses north of air attack, clashes flare », Reuters, 11 juin 2011
  7. (en) South Sudan rebels: SSLA 'surrenders, BBC News, 26 avril 2013
  8. (en) Thousands of South Sudanese rebels surrender after thaw with Sudan, Reuters, 26 avril 2013
  9. (en) South Sudan Rebels Surrender in Amnesty Deal, Voice of America, 26 avril 2013
  10. Soudan du Sud : les vieux démons resurgissent - article du Point du 17 décembre 2013
  11. Soudan du Sud: 73 morts dans les affrontements à Juba - Article Libération du 17 décembre 2013
  12. IISS 2013, p. 532.

Liens externes[modifier | modifier le code]