Alphonse Ier du Kongo

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Alfonso Ier  Nzinga Mbemba (Funsu Nzinga Mbemba en kikongo) (1456-1543) est le deuxième monarque chrétien du royaume du Kongo, Kongo dia Ntotila. Fils du premier ntotila converti au christianisme Nzinga a Nkuwu, celui-ci est considéré comme le plus grand monarque du royaume Kongo, surnommé par l’historiographie européenne « l’apôtre du Congo ».

Pré-règne et premiers contacts avec les Portugais[modifier | modifier le code]

Les contacts entre Portugais et Bakongo remontent à la découverte de Diego Cao de Kongo dia Ntotila en 1483, durant laquelle le roi Nzinga a Nkuwu accueillit favorablement l’arrivée des Portugais dans son royaume, et fit part lors de leur retour de sa volonté de se convertir au christianisme et de recevoir des ouvriers européens pour que tout le royaume puisse bénéficier du savoir faire technique des Portugais. A leur retour, les Portugais organisèrent le baptême de Nzinga Nkuwu sous le nom de Joao Ier le 3 mai 1491 et Nzinga Mbemba fut baptisé  sous le nom d’Afonso (Funsu en kikongo) le 4 juin 1491. Alfonso Nzinga  Mbemba, aux cotés du roi Nzinga Mbemba à cette époque, a tout comme son père, effectué la corrélation entre la religion prêchée par les Portugais et l’abondance de biens matériels (tissus précieux, armes à feu, navires) dont les Portugais jouissaient aux yeux des  Bakongos. 

Le roi Nzinga a Nkuwu, converti au christianisme, retourna à la religion africaine traditionnelle et apostasie le christianisme, car l’interdiction à la polygamie était incompatible avec la politique matrimoniale royale ainsi qu’avec l’économie agricole kongo, qui repose en grande partie sur les femmes, celles-ci représentant la majeure partie de la main d’œuvre agricole. Il en résulte l’expulsion des missionnaires portugais en 1495. Fidèle au christianisme, Mbemba Nzinga baptisé Afonso, se retira dans la province qu’il gouverne, la province de Nsundi et recueillit les missionnaires expulsés de la capitale Mbanza Kongo.

A la mort de celui-ci, la majorité  des grands du royaume, traditionalistes  ont élu comme successeur de Joao I un  membre de la lignée cadette royale prenant le parti de la religion africaine traditionnelle, Mpanza a Nzinga. Celui-ci commande à Mpangu. Sous le motif de la primogéniture (jusqu’alors ignoré de le royauté kongo) et faisant partie de la lignée ainée, Afonso avec le concours de Un affrontement eut lieu entre le parti chrétien dirigé par Afonso Nzinga Mbemba face au parti traditionnel mené par Mpanzu Nzinga. Le conflit armé tourna à l’avantage du parti chrétien, soutenu par quelques portugais.  La tradition orale a gardé une explication miraculeuse de la victoire d’Afonso « vu dans l’air une croix blanche et le bienheureux apôtre saint Jacques, avec de nombreux cavaliers armés et vêtus de blanc, les combattre et les tuer » [1], plus vraisemblablement qu’il s’agisse des Portugais montés sur les rares chevaux ayant survécu à la mouche tsé-tsé.   Durant la bataille, Mpanzu Nzinga fut tué tandis que le capitaine des armées Nsaku ne Vunda (le Mani Vunda) fut épargné et conservera le rôle d’entretenir l’Église (ajout de la nouvelle charge religieuse à l’ancienne).

Apôtre du Congo (1506-1519)[modifier | modifier le code]

Suite à cette victoire Afonso Ier monte sur le trône et entreprend la christianisation du royaume en 1506. La correspondance d’Afonso avec le roi du Portugal rapporte l’épisode de la conversion du peuple après un discours de celui-ci  au peuple. Afonso organise les destructions des fétiches et donne à la place des crucifix aux chefs locaux dans la foulée selon les traditions orales.  Cet engouement pour le christianisme lui valut une renommée auprès des Portugais présents dans le royaume qui s’empressèrent de relayer l’image d’un roi saint, d’un seigneur de la foi voulant propager le christianisme dans tout le royaume comme le montre un rapport du prêtre Ruy d’Aguiar datant de mai 1516 « quand il donne audience ou qu’il instruit les procès, ses paroles s’inspirent de Dieu et des exemples de saints », « que Votre Altesse apprenne que sa vie chrétienne est telle qu’il m’apparait à moi, non comme un homme, mais comme un ange envoyé par le Seigneur à ce royaume pour le convertir, surtout lorsqu’il parle et qu’il prêche ». Des éloges qui  resteront comme la marque de fabrique du règne comme le montre dans une lettre datée de 1622 « Dom Afonso, second roi chrétien qui fut si grand catholique que nos chroniques du Portugal l’appellent l’apôtre du Congo ».

La politique royale d’Afonso Ier avait pour but de christianiser Kongo dia Ntotila, et ainsi de consolider son pouvoir et celui de l’État autour d’une noblesse lettrée, en priorité ses parents, pour établir une véritable bureaucratie. En effet dés 1509, Afonso Ier fit construire des locaux d’école pour 400 élèves, entourés « de murs très hauts ». Ce fut une véritable innovation même si les fils de nobles résidaient toujours à la cour du roi selon la coutume. Mbanza Kongo, capitale du royaume prit le nom de Kongo dia Ngunga  puis de San Salvador, du nom de l’église principale, élevée entre 1517 et 1526.

Politique de modernisation de l’État[modifier | modifier le code]

En 1516, après dix ans de règne, le vicaire Ruy d’Aguiar observe la présence d’un millier d’étudiants, ce qui confirme une certaine réussite. Il signale aussi l’existence d’écoles pour filles, tenue par la sœur du roi. De plus l’élite proche du roi, ses parents les plus proches, acquit une éducation directement à l’étranger, au Portugal. Dés 1506, la première année de règne, le « fils » d’Afonso (fils ou neveu étant donné que chez les Kongo la relation primordiale est celle d’oncle à neveu et non celle de père à fils) Henrique et un neveu maternel Rodrigo furent envoyés à Lisbonne pour étudier. Le nombre de fils de nobles allant au Portugal afin d’étudier croissent au fil des ans, en 1511 ce fut le tour d’un frère cadet du roi et de quelques neveux d’aller à Lisbonne. En 1512, dix-neuf personnes embarquèrent pour Lisbonne, puis une vingtaine en 1516, malgré la mort de quelques un avant avoir atteint le port de Mpinda sous les assauts de quelques rebelles. Les résultats de cette politique furent mitigés et arrêtes par les Portugais à cause de la forte mortalité des congolais. Néanmoins une micro élite lettrée va émerger, avec Henrique qui deviendra le premier évêque catholique de l’Afrique subsaharienne et un neveu du roi lui aussi nommé Afonso, professeur qui « tiendra une école publique d’humanités à Lisbonne ».

Par cette politique, Afonso veut réserver le savoir à sa parenté la plus proche ainsi qu’à ses partisans les plus puissants. Les connaissances modernes tout comme le christianisme sont les agents du renforcement du pouvoir royal et étatique.

Traite et déclin[modifier | modifier le code]

Dés les premiers contacts réguliers, la traite s’installa car l’homme fut la seule monnaie possible d’échanges entre le Kongo et le Portugal.  De plus, la reconnaissance de l’Angola en 1520 établit une concurrence par rapport à Mbanza Kongo, les navires  ne passant plus expressément à Mpinda, port dans la zone de Soyo, la province maritime du royaume de Kongo. La traite devint peu à peu incontrôlable ainsi en 1526 des nobles faisant partie du lignage royal sont déportés. Afonso I écrit au roi Joao III pour dénoncer les abus de la traite, vaine tentative car le Brésil est désormais une colonie demandeuse d’esclaves, la traite négrière est désormais indispensable à l’économie coloniale.

Les relations entre le roi Afonso et les portugais se détériorent, un attentat contre sa personne est manqué en 1539. Afonso Nzinga Mbemba meurt entre 1541 et 1543, probablement assassiné[réf. nécessaire].

Descendance[modifier | modifier le code]

  • Pierre Ier, roi du Kongo ;
  • Henri (Portugais: Henrique) évêque de Mpangu de 1517 à 1539 ;
  • princesse Nzinga Mvemba mère de Jacques Ier;
  • princesse Dona Isabel Lukeni ;
  • princesse Dona Ana Ntumba Mvemba.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M.M.A ., vol.1 pp . 263 et 268 (documents de 512, correspondance de Afonso Ier)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Balandier La vie quotidienne au royaume de Kongo du XVIe au XVIIIe siècles, Paris, Hachette 1965 p.  42-54.

Articles connexes[modifier | modifier le code]