Antoine Ier du Kongo

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Antoine Ier du Kongo, Nvita a Nkanga (en kikongo) et D. António I (en portugais),manikongo du royaume du Kongo de 1660 à 1665.


Origine[modifier | modifier le code]

Fils cadet et successeur du roi Garcia II du Kongo il succède à son père qui avait écarté du trône son aîné Dom Afonso.

Règne[modifier | modifier le code]

Au début de 1661, après la mort du vieux roi Garcia II, lui succède son fils cadet D. António Nvita-à-Nkanga, marquis de Kiowa « Mwana Nlaza ». le nouveau souverain d'un caractère impétueux et turbulent qui est considéré comme le « héros du peuple Kongo », se heurte rapidement avec André Vidal de Negreiros le gouverneur de Luanda (1661-1666).

Le roi de Portugal Alphonse VI de Portugal donne l'ordre le 22 décembre 1663 à Vidal Negreiros, de prendre le contrôle des mines de cuivre du Kongo, d'exploiter les gisements et d'envoyer le minerai par bateaux à Lisbonne. Le roi du Kongo a répond en niant l'existence des mines et proclame qu'il « n'est redevable d'aucune ».

Vidal Negreiros prépare son armée pour le combat et D. Antonio Ier répond par un vibrant appel à la guerre. L'armée portugaise avait reçu l'ordre d'aller occuper les mines situées dans la colline d'Embo. Pour ce faire, elle doit progresser de Dembos à travers la rivière Dande. Les forces sont commandées par Luis Lopes de Sequeira un soldat métis et comprennent, avec une troupe de 300 hommes armés de fusils, deux pièces d'artillerie et un contingent de « guerriers noirs » composés de mercenaires Jagas.

Les troupes portugaises de Luis Lopes de Sequeira sont organisées autour d'un groupe de 350 mousquetaires et deux pièces d'artillerie légères. Le roi Antonio Ier vient à la rencontre des portugais avec une foule de gens. Certains témoins avancent le nombre de 100.000 hommes mais il est rationnel de le limiter à environ 20.000. L'armée du Kongo comprend aussi un régiment de 300 hommes armés de mousquets, dont 29 Portugais dirigés par le métis Pedro Dias de Cabral. Luis Lopes de Sequeira demande des renforts à Luanda et obtient une centaine d'hommes supplémentaires. L'armée portugaise comptait donc 450 mousquetaires portugais et 6/7000guerriers noirs.

L'affrontement a eu lieu le 29 octobre 1665 lors de bataille d'Ambuila. Une avant-garde de 10.000 hommes commandés par le duc de Mbamba, arrive devant les forces portugaises, appuyées par les mousquetaires et les pièces d'artillerie. Le roi leur donne l'ordre d'attaquer. La progression de la masse effraie les « guerriers noirs » ennemis et environ 4.000 noirs sont mis en fuite. Toutefois le corps d'armée du roi Antonio Ier subit les tirs d'artillerie portugaise et commence à refluer ce qui sème la panique. L'avant garde congolaise est rompue. Le roi Antonio Ier furieux, conduit personnellement une nouvelle charge, suivi par sa noblesse lorsqu'une balle perdue le frappe. Le roi blessé, tombe à terre. Un combattant portugais l'identifie et le décapite immédiatement puis il plante sa tête sur une lance. Le découragement est général dans les rangs congolais, les combattants fuient pour s'échapper mais ils sont poursuivis par les « guerriers noirs » qui les massacre[1].

Dans la mêlée, du côté portugais, en compte 12 blancs, 25 noirs tués et 250 blessés. Du côté congolais, on estime le nombre de tués à plus de 5.000, dont 98 membres de la maison royale et plus de 400 nobles. Parmi les morts, le Père Manuel Rodrigues, confesseur du roi et le père Francisco S. Salvador, un aumônier mulâtre. Sont faits prisonniers l'aumônier en chef Manuel Medeiros. Le fils du roi, Francisco âgé d'un an ainsi que deux fils, de son frère Afonso, Álvaro, 6 ans, et Pedro, 7 ans sont aussi capturés. Parmi le butin se trouve également la couronne d'argent doré avec des pierres précieuses, qui avait été offerte au roi Garcia II, par Innocent X et transportée au Kongo par le Capucin Giovanni Francesco da Roma. La tête du roi est inhumée par les Portugais dans une chapelle à Luanda et les trophées envoyer à Lisbonne. Les Portugais qui n'avaient pas les forces suffisantes pour occuper le pays doivent se retirer.

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Antoine Ier avait fait exécuter pour adultère sa première épouse et l'amant de cette dernière, ce qui lui est vivement reproché par les capucins de la Mission.

Il épouse ensuite Dona Ilaria qui lui survit jusqu'au début du XVIIIe siècle. Elle intervient en tant que « Vieille Reine » comme une véritable matriarche du Kanda dans les nombreuses tractations qui aboutissent à la restauration d'une royauté unifiée en faveur de Pierre IV du Kongo en 1709.

Le fils du roi Antoine Ier, D. Francisco de Menezes Nkanka a Makaya, capturé encore enfant lors de la bataille d'Ambuila, est élevé à Luanda jusqu'à l'âge de 20 ans. Il rentre alors au Kongo. Considéré comme trop occidentalisé il ne joue aucun rôle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de l'Afrique Noire sous la direction d'Hubert Deschamps Presses universitaires de France, Paris 1970, p. 382

Sources[modifier | modifier le code]

  • Anne Hilton The Kingdom of Kongo Clarendon Press 1985 Fig 1 p. 86 & Fig 2 p. 132.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liste des Manikongo du Kongo