Alfred de Bougy

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Alfred James Louis Joseph de Bougy, né à Grenoble le 5 novembre 1814 et mort à Évian-les-Bains le 4 septembre 1871, est un bibliothécaire et écrivain français [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il descend d'une vieille famille noble du Gâtinais, certainement huguenote et dispersée par les guerres de religion. Son arrière-grand-père est attesté en Dauphiné, à partir de 1725, son grand-père s'installa à Grenoble, où il fit du commerce. À cette époque, la particule nobiliaire et la religion protestante avaient été délaissées ; il revint à l'une et à l'autre. Passionné par les lettres et les recherches d'histoire, il entre en conflit avec sa famille qui le destinait aux affaires familiales (finances et exploitation de forges).

Après une lutte pénible contre son père, opiniâtre et sévère, il entre au service militaire ; rebuté par cette carrière, il revient à Grenoble et se résigne à étudier le droit, sans plus de goût. Finalement, il se fâche définitivement avec sa famille et part en Suisse, à Lausanne en 1839. Là, sans ressources, il gagne sa vie en donnant des leçons de littérature à des anglais et fait une partie de violon au théâtre. Quelques années plus tard, après la mort de son père, ruiné par de mauvaises affaires, il s'installe à Paris. Sur lettres de recommandation de M. Albert du Boys, député de Grenoble, membre éminent de l'Académie Delphinale qui comme lui écrivait dans la Revue du Dauphiné il obtint d'abord un modeste emploi dans une compagnie d'assurances puis le titre de surnuméraire à la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

En 1849, il entre à la Bibliothèque de la Sorbonne où il sera bibliothécaire. Il écrivit de nombreux articles dans des périodiques parisiens mais aussi du Dauphiné, de la Savoie et de la Suisse. Il écrivit aussi des poésies, des nouvelles, des livres sur les voyages qu'il faisait à pied, sur les pas de Jean-Jacques Rousseau, une de ses sympathies littéraires ; des romans sur fond historique et /ou rustique. La Suisse est très souvent présente dans ses œuvres car c'est un peu sa seconde patrie. On lui doit aussi des études sur la république de Saint-Marin et la principauté d'Andorre qui sont le résultat d'une des missions qui lui furent confiées par le ministre de l'Instruction publique. L'ouvrage qui en est résulté est préfacé par George Sand. En 1852, il lui avait envoyé son roman La Luizina dont l'histoire se déroule dans ces deux petites républiques ; très intéressée par leur expérience démocratique, elle lui avait demandé de lui envoyer tous ses travaux déjà publiés sur celles- ci. À la deuxième édition, La Luizina a pour titre La Vengeance du Bravo. Il écrivit aussi une Histoire de la Bibliothèque Sainte-Geneviève qu'il dédia au ministre de l'Instruction publique qui lui avait permis d'être attaché à cette bibliothèque. Dans sa dédicace il résume ce qu'est, pour lui, la mission de l'historien : « {{{1}}} »|[...] Après,la destruction physique vient fatalement la dispersion des souvenirs ; les ténèbres du temps s'épaississent;la filiation des faits est interrompue ; il ne reste plus à l'avenir que des vestiges épars prêts à tomber en poussière : ce sont ces débris qu'il importe de sauver. Il exprime le même souci dans la préface des Rimes gauloises.

Humaniste, il plaint ceux qui souffrent. Il écrit Le Supplice du bourreau, vigoureux plaidoyer contre la peine de mort qu'il dédie à Victor Hugo. Il s'émeut aussi du tragique de la préface inédite des Confessions de Jean-Jacques Rousseau qu'il publie dans les Fragments inédits. Enfin, précurseur, il s'insurge déjà des conséquences destructrices du tourisme sur les régions touchées et qui ne donnent plus l'image vraie de leur charme. Son style est clair et concis, son vocabulaire riche et soigné.

Membre de la Société des gens de lettres, Alfred de Bougy était chevalier de l'ordre de Saint-Marin et chevalier de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le Tour du Léman, 1846 Texte en ligne
  • Histoire de la bibliothèque Sainte-Geneviève, précédée de la chronique de l'abbaye, de l'ancien collège de Montaigu et des monuments voisins, d'après des documents originaux et des ouvrages peu connus, 1847 Texte en ligne
  • Turlupinades à l'encontre des pédagogues et des cuistres de l'école du bon sens, 1847
  • Évian et ses environs, province du Chablais en Savoie, rive gauche du lac Léman, 1852 Texte en ligne
  • J.-J. Rousseau. Fragments inédits, suivi des Résidences de Jean-Jacques, 1853 Texte en ligne
  • Un million de rimes gauloises, fleur de la poésie drolatique et badine depuis le XVe siècle, recueillie, annotée et précédée d'une préface par Alfred de Bougy, 1852 Texte en ligne
  • Voyage dans la Suisse française et le Chablais, 1860 Texte en ligne
  • Le Supplice du bourreau, sombre récit, 1864 Texte en ligne
  • La Vengeance du bravo, 1865 Texte en ligne
  • Légende, histoire et tableau de Saint-Marin, République du Mont Titan, préface de George Sand, 1865 Texte en ligne
  • Les Bourla papei, ou Brûleurs de papiers, roman rustique vaudois, 1869. Réédition : Slatkine, Genève, 1988 Extraits en ligne

Références[modifier | modifier le code]

  1. Polybiblion, Paris, septembre 1871, vol.VI-15, p.202 [1]

Sources biographiques[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Rochas avocat à Grenoble, Biographie du Dauphiné contenant l'histoire des hommes nés dans cette province, 1860 réédition Slatkine Genève 1971, p. 166
  • Dictionnaire de la noblesse, tome II
  • Grande encyclopédie par une société de savants et gens de lettres, 1885
  • Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. 2, 1867, p. 1078
  • Registres d'état civil de la ville de Grenoble
  • Registres paroissiaux de la paroisse Saint-Louis de Grenoble