Aelius Donatus

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Ælius Donatus, grammairien (grammaticus) latin du IVe siècle, né vers 320 et décédé vers 380, auteur d’un traité de grammaire à l'origine des Donat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ælius Donatus vécut au IVe siècle à Rome. La seule chose que l'on sait de sa vie c'est qu'il fut le précepteur de saint Jérôme.

Œuvres[modifier | modifier le code]

On a de lui :

  • un commentaire estimé sur Térence (Venise, 1473), qui offre de précieux rapprochements entre Térence et Ménandre ;
  • deux traités De Barbarismo et De octo partibus orationis. Ce dernier fut longtemps adopté dans les écoles.
  • Son Ars grammatica, bien que ce soit un travail original, se base sur les mêmes travaux que ceux utilisés par les grammairiens Charisius et Diomède.

On lui attribue aussi :

  • une Vie de Virgile dont on pense qu’il soit basé sur la vie perdu de Virgile qui fut rédigé par Suétone. Il contient aussi un début des Bucoliques ;
  • un Commentaire sur l'Enéide qui est probablement dû à Tiberius Claudius Donatus qui vécut à peu près 50 ans plus tard. Il est néanmoins certain que ces Interpretationes se sont basés sur les travaux de Aelius Donatius et de Servius, son élève.

Travail[modifier | modifier le code]

Aelius Donatius était l’un des premiers utilisateurs d’un système archaïque de ponctuations. Un point placé à hauteurs différentes indiquait des notions de pause plus ou moins longues. C'était l’équivalent de la virgule, le point-virgule et le point. Ce système eut cours jusqu’au 7e siècle où il fut remplacé par un système plus performant que l’on doit à Isidore de Seville [1]

Aelius Donatius inventa aussi le système de division d’une pièce de théatre en trois parties égales qu’il appela protasis, epitasis, et catastasis. Au temps de Shakespeare cette subdivision sera étendu à cinq parties; précédé d'un prologue et finalisé par une catastrophe (du grec ancien καταστροφή, « dénouement »).

Ars grammatica[modifier | modifier le code]

On lui doit une Ars grammatica, antérieure sans doute aux commentaires de Térence. Sa traduction la plus ancienne (écrite entre le XIIIe et le XVe siècle) est Quantes parties d'oraison sont. L' Ars Grammatica se compose en deux parties:

  • la section ars minor aussi dit ars prima qui est une grammaire élémentaire sous la forme traditionelle des questions-réponses destinés à un public de débutants ;
  • la section ars maior ou ars secunda qui est destiné à un public averti et qui est divisé en thèmes (sans questions-réponses). Cette section contient entre autres le vitia et virtutes orationis un texte concernant la rhétorique.

Pendant tout le Moyen Âge, des grammaires se sont inspirées de l' Ars grammatica, la plupart en latin, certaines en français. Une série concerne par exemple les langues vernaculaires, dont fait partie la plus ancienne grammaire française connue, le Donait françois, imprimée en Angleterre en 1409 par John Barton[2],[3]. Le titre "Donat" a d'ailleurs fini par être synonyme de grammaire élémentaire[4].

On a aussi appelé Donat les livres xylographiques réalisés avant l’invention de l’imprimerie, qui étaient générallement des livres de grammaire bon marché pour les étudiants.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) M. B. Parkes, Pause and effect: punctuation in the west, ISBN 0-520-07941-8.
  2. KIBBEE, Douglas A.For to Speke Frenche Trewely: The French Language in England, 1000-1600
  3. La naissance des premières grammaires françaises, par Hilary Saw et Jean-Marc Dewaele. Cahiers 4.1 1998, pp 23-24. Association for French Language Studies.
  4. EBBESEN, Sten (Hrsg.) Sprachtheorien in Spätantike und Mittelalter

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Holtz, Donat et la tradition de l'enseignement grammatical : étude sur l'"Ars Donati" et sa diffusion (IVe-IXe siècle), Centre national de la recherche scientifique, 1981