Valaida Snow

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Valaida Snow
Valaida Snow ur Jazz (1940).jpg
Valaida Snow.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Instrument
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Genre artistique
Lieu de détention
Vestre Prison (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata

Valaida Snow (2 juin 1904, Chattanooga (Tennessee) - 30 mai 1956, New York[1] ) est une chanteuse et musicienne américaine de jazz.

Enfance[modifier | modifier le code]

L'année de sa naissance a longtemps été inconnue, avant que son biographe Mark Miller ne la fixe avec précision, preuves à l'appui. Valaida Snow a enjolivé ou dramatisé son existence. La légende a, elle-même, amplifié ou créé certains faits, et il n'était pas facile, avant les travaux de Miller, qui s'appuie sur des coupures de presse et des témoignages de musiciens, de distinguer le vrai du faux. On a ainsi cru que Valaida était issue d'un mariage mixte, son père, John, étant blanc, et sa mère, Etta, étant noire. On a dit aussi que le père avait été victime de membres du Ku-Klux-Klan... Mais les deux parents ont été recensés comme mulâtres, comme l'indique Miller. Le père dirigeait une troupe itinérante baptisée "Pickaninny Troubadours", composées des enfants du couple, d'orphelins adoptés, de nains... La légende décrit John Snow comme plein de qualités. Selon Miller pourtant, il faisait jouer sa petite troupe du matin au soir, forçant les enfants à mendier, les vêtant de haillons, gardant l'argent pour lui. Miller a aussi prouvé que Valaida s'appelait en fait "Valada" : elle n'a ajouté le i pour devenir Valaida qu'en 1931. Sa sœur chanta également, sous le nom de Lavada Carter. mais il ne semble pas qu'elle ait eu une autre sœur, prénommée... Alvaida, comme on le lit souvent. Elle avait, par contre, un frère, nommé... Aviator. Professeur de musique et diplômée de l'Université Howard, Etta, leur mère, aurait appris une dizaine d'instruments à Valaida, dont la trompette, qui la rendra célèbre. Selon Sherman Yellen, auteur de la notice du double CD Valaida Snow, queen of trumpet and rhythm (8455 - DRG), Valaida forma avec sa sœur Lavada le duo Snow's Gold Dust Twins pour le show familial. Il empruntait le circuit TOBA ("Tough on Black acts", organisé par les Noirs pour défendre leurs intérêts) du Sud profond. Mais, à la suite d'un différend, John Snow aurait été abattu par un de ses employés. Etta s'enfuit à Washington, où Valaida acheva ses études. Elle eut, à 14 ans, une liaison avec le danseur King Nappy Brown.

Débuts et succès[modifier | modifier le code]

Elle se fraye alors un chemin dans le monde du spectacle, en chantant et en jouant de la trompette: on la surnomme "Little Louie", tant son jeu imite bien celui d'Armstrong. Elle se rend célèbre par un numéro de danse où elle change constamment de chaussures. Puis elle danse, à New-York, dans les revues Holiday in Dixieland et Follow me. Noble Sissle et Eubie Blake la remarquent et l'engagent dans In Bamville, puis dans Chocolate Dandies, Shuffle along et Rhapsody in black, en compagnie d'Ethel Waters, avec qui elle se fâche. En 1926, elle joue dans la revue de Will Master, fait scandale en s'habillant en homme, s'envole avec Jack Carter pour Shanghaï, où elle aurait appris, selon Yellen toujours, à parler chinois aussi bien que les autochtones! Elle y rencontre Lord et Lady Sassoon, qui l'invitent à Londres.

Elle y joue dans la revue Blackbirds (1934 et 1935), et enregistre avec des musiciens locaux. De retour aux USA, Chick Webb l'engage. Puis elle participe à la Grand Terrace Revue à Chicago, et retourne en Europe, où ses excentricités ravissent : elle se déplace en Mercedes couleur orchidée. Son chauffeur et son singe portent des livrées de la même couleur. Elle aurait eu une liaison avec Maurice Chevalier. Elle tourne dans plusieurs films dont Pièges, de Robert Siodmak, et l'Alibi, de Pierre Chenal.Elle parcourt l'Europe de l'Est jusqu'en URSS, revient au Grand Terrace de Chicago, où elle épouse Annias Berry, un tap-danser de 19 ans, alors qu'elle en a plus de 30... Sa belle-famille la fait enfermer pour bigamie, mais il s'avère que sa première union avec King Nappy Brown n'a jamais été validée par un mariage, et on la libère.

Emprisonnement et déclin[modifier | modifier le code]

On la retrouve à Los Angeles, où elle a une liaison avec Earl Hines, regagne l'Europe, où la reine Wilhelmine des Pays-Bas lui aurait offert une trompette en or. Mais les nazis assassinent son manager hollandais, qui est Juif. Elle s'envole en 1941 pour Copenhague, pensant y être en sécurité: c'est l'année que choisit le Reich hitlérien pour envahir ce pays... Accusée de vol d'argenterie et de trafic de drogue, elle est enfermée durant cinq mois dans la prison de Copenhague, à Vestre-Faengler. Mais, à son retour aux USA, elle laissera courir le bruit qu'elle a été enfermée dans un camp de concentration: son biographe Mark Miller a révélé la vérité. Selon la légende, elle en serait sortie au bout de 18 mois, échangée par un officier SS amateur de jazz contre un espion allemand... Cela relance sa carrière, mais quand la supercherie s'éventera, Valaida perdra sa crédibilité. Elle devient serveuse dans une station balnéaire à Catskills. Elle épouse son manager Earle Edwards, se produit à l'Apollo de Harlem et au Café Society. À la fin de sa vie, elle enregistre du calypso et du rhythm and blues. Dans "Around the world", elle chante en rerecording avec elle-même. Ce morceau troublant, plein de charme, illustre bien son double visage: il y a deux Valaida Snow: la vraie, que nous montre Mark Miller, et l'autre, qu'elle a contribué à inventer, et qui a inspiré des auteurs de fiction. Durant sa carrière, elle aura joué et/ou enregistré avec Count Basie, Teddy Weatherford, Willie Lewis, Fletcher Henderson, Bill Coleman, Django Reinhardt...

Postérité[modifier | modifier le code]

Valaida Snow est aujourd'hui pratiquement oubliée. En 1982, un album de morceaux oubliés ont été publiés par Rosetta Records, la maison de disques de Rosetta Reitz[2].

Son existence hors du commun a cependant inspiré une biographie en 2007, qui démêle la réalité historique des mensonges de la chanteuses, et deux romans fictionnels en 2004 et 2008. Ces publications, même si elles n'ont pas connu un succès monumental, semblent indiquer un regain d'intérêt envers la chanteuse. Regain confirmé par la publication d'une bande dessinée biographique dans la collection BDJazz en 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Valaida Snow », consulté le 30/05/2017
  2. (en) « Valaida Snow - Hot Snow - Queen Of The Trumpet - Sings & Swings », sur Discogs (consulté le 29 mai 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valaida, de Candace Allen, roman, Virago, 2004.
  • High hat, trumpet and rhythm, de Mark Miller, biographie, Mercury Press, 2007.
  • Noire, la neige de Pascal Rannou, roman, Parenthèse, coll. « Eupalinos », 2008.
  • Valaida Snow, d'Emmanuel Reuzé et Maël Rannou, bande dessinée, BDMusic, coll. « BDJazz », 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]