Stegoceras

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Stegoceras
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Classification
Règne Animalia
Classe Sauropsida
Super-ordre Dinosauria
Ordre  Ornithischia
Sous-ordre  Marginocephalia
Super-famille  Pachycephalosauria
Famille  Pachycephalosauridae

Genre

 Stegoceras
Lambe, 1902

Espèces de rang inférieur

  • Stegoceras validum Lambe, 1902
  • Stegoceras novomexicanum Jasinski & Sullivan, 2011

Synonymes

  • Stegoceras validus Lambe, 1902
  • Troodon validus Gilmore, 1924
  • Stegoceras browni Wall & Galton, 1979
  • Ornatotholus browni Galton & Sues, 1983

Stegoceras (qui signifie « dôme cornu ») est un genre éteint de petits dinosaures bipèdes herbivores pachycéphalosaures.

Il a vécu en Amérique du Nord à la fin du Crétacé supérieur, au Maastrichtien, soit il y a environ entre 72,1 à 66,0 millions d'années. Il a été découvert dans les formations géologiques de Dinosaur Park et d'Oldman pour l'espèce S. validum et dans les formations de Fruitland et de Kirkland pour l'espèce S. novomexicanum.

L'espèce type est Stegoceras validum.

Historique[modifier | modifier le code]

Moulage du premier crâne complet de Stegoceras.

Connu tout d'abord uniquement par des fossiles de calottes crâniennes, ce n'est qu'en 1924 qu'un squelette complet de Stegoceras validum a été découvert[1]. Ce squelette a été décrit par le paléontologue américain Charles W. Gilmore. Ce fossile a permis de démontrer que les dômes osseux déjà découverts de cet animal correspondaient à la partie frontopatiétale de son crâne.

Gilmore considère que les dents de ce Stegoceras sont très semblables à celles d'un petit théropode Troodon formosus. Il renomme Stegoceras validum en Troodon validum, Stegoceras étant alors considéré comme un synonyme junior de Troodon[1].

Cette attribution au genre Troodon a été abandonnée en 1945 lorsque des restes fossiles plus complets de cet animal ont été décrits[2]. Le paléontologue américain Charles M. Sternberg a alors démontré que Troodon était un théropode, tandis que Stegoceras était un genre à part entière qui méritait l'érection d'une nouvelle famille, les Pachycephalosauridae. Ce dernier nom se rapporte à celui de l'autre genre rattaché à la nouvelle famille : Pachycephalosaurus, dont l'étymologie (« lézard à grosse tête ») est plus explicite.

Plusieurs autres espèces ont ensuite été rattachées au genre Stegoceras, mais en sont finalement sorties pour être attribuées à d'autres genres ou considérées comme des synonymes juniors de genres existants.

Une seule autre espèce Stegoceras novomexicanum, décrite en 2011, est attribuée au genre[3]. Cette affiliation reste cependant très débattue parmi les paléontologues[4]. En 2016, Williamson et Brusatte considèrent les fossiles comme ceux de jeunes Stegoceras validum[5]. La même année, les inventeurs de l'espèce maintiennent leur attribution en reconnaissant qu'il s'agit d'adultes jeunes, mais en mettant en avant d'autres caractères propres à l'espèce et en considérant que certaines morphologies différentes au sein de l'espèce sont liées à des phénomènes d'hétérochronie[6].

Description[modifier | modifier le code]

Comparaaison de la taille de Stegoceras validum et d'un humain.

La taille de Stegoceras est estimée à environ 2 mètres de long pour un poids de 10 à 40 kilogrammes.

Les os du sommet de son crâne mesuraient près de 8 centimètres d'épaisseur et on a longtemps cru que cette épaisseur servait de base à une corne d'où le nom de genre de l'animal. On a cru aussi que ce crâne épais servait à se défendre contre les prédateurs ou à livrer des combats frontaux entre individus mâles, un peu comme chez les mouflons ou les bœufs musqués actuels. Plus tard, on a estimé qu'ils se livraient à des combats avec chocs latéraux car, tout d'abord, la forme arrondie du sommet du crâne aurait fait glisser très facilement la tête sur le côté et les animaux se seraient simplement éraflés et aussi parce que les pachycéphalosauriens n'étaient pas en mesure d'aligner parfaitement à l'horizontale la tête, le cou et le corps (ce qui est indispensable à la transmission de la force du choc). Enfin, la largeur relativement grande du corps de la plupart des pachycéphalosauriens aurait servi à protéger les organes vitaux au cours des chocs latéraux.

Lorsque le premier squelette partiel de Stegoceras a été découvert, on pensait qu'il avait des gastralia, des côtes abdominales, ce qu'on n'a pas retrouvé chez d'autres dinosaures ornithischiens. On a ensuite estimé qu'il s'agissait de tendons ossifiés[7].

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Cladogramme d'après Longrich, Sankey et Tanke (2010)[8]:

 Pachycephalosauridae 


Stegoceras




Colepiocephale



Gravitholus





Texacephale



Hanssuesia




Sphaerotholus? brevis




S. goodwini




S. edmontonensis



S. buchholtzae







Alaskacephale



Pachycephalosaurus




Stygimoloch



Dracorex






Tylocephale



Prenocephale




Homalocephale



Goyocephale



Wannanosaurus







Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Gilmore, C. W., 1924. On Troodon validus, an orthopodous dinosaur from the Belly River Cretaceous of Alberta, Canada. Department of Geology, University of Alberta Bulletin 1:1–43
  2. (en) C. M. Sternberg, « Pachycephalosauridae Proposed for Dome-Headed Dinosaurs, Stegoceras lambei, n. sp., Described », Journal of Paleontology, vol. 19, no 5,‎ , p. 534–538 (JSTOR 1299007)
  3. (en) Jasinski, S. E. et Sullivan, R. M., « Re-evaluation of pachycephalosaurids from the Fruitland-Kirtland transition (Kirtlandian, late Campanian), San Juan Basin, New Mexico, with a description of a new species of Stegoceras and a reassessment of Texascephale langstoni », Fossil Record 3. New Mexico Museum of Natural History and Science, Bulletin, vol. 53,‎ , p. 202–215 (lire en ligne)
  4. (en) Watabe, M., Tsogtbaatar, K. et Sullivan, R. M., « A new pachycephalosaurid from the Baynshire Formation (Cenomanian-late Santonian), Gobi Desert, Mongolia », Fossil Record 3. New Mexico Museum of Natural History and Science, Bulletin, vol. 53,‎ , p. 489–497 (lire en ligne)
  5. (en) T. E. Williamson et S. L. Brusatte, « Pachycephalosaurs (Dinosauria: Ornithischia) from the Upper Cretaceous (upper Campanian) of New Mexico: A reassessment of Stegoceras novomexicanum », Cretaceous Research, vol. 62,‎ , p. 29–43 (DOI 10.1016/j.cretres.2016.01.012)
  6. (en) S. E. Jasinski et R. M Sullivan, « The validity of the Late Cretaceous pachycephalosaurid Stegoceras novomexicanum (Dinosauria: Pachycephalosauridae) », New Mexico Museum of Natural History and Science Bulletin, vol. 74, no 107,‎ (lire en ligne)
  7. (en) Sues, H. D. et Galton, P. M., « Anatomy and classification of the North American Pachycephalosauria (Dinosauria: Ornithischia) », Palaeontographica Abteilung A, vol. 198,‎ , p. 1–40 (lire en ligne)
  8. (en) N.R. Longrich, J. Sankey et D. Tanke, « Texacephale langstoni, a new genus of pachycephalosaurid (Dinosauria: Ornithischia) from the upper Campanian Aguja Formation, southern Texas, USA », Cretaceous Research, vol. 31, no 2,‎ , p. 274–284 (DOI 10.1016/j.cretres.2009.12.002)

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Référence Fossilworks Paleobiology Database : Stegoceras Lambe, 1902 (en)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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