Simon Kimbangu

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Simon Kimbangu, né le à Nkamba près de Mbanza-Ngungu et décédé le à Élisabethville (actuelle Lubumbashi), est un dirigeant religieux congolais.

Né dans l'État indépendant du Congo (futur Congo belge), il devient prédicateur dans les années 1920 et fonde le à Nkamba son enseignement qui donnera naissance au kimbanguisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Simon Kimbangu est baptisé par la Baptist Missionary Society en 1915 et est éduqué pour devenir catéchiste. Il échoue cependant à devenir catéchiste. Il rencontre des militants anticolonialistes américains en 1920[1], et le 6 avril 1921, il dit recevoir une vision divine, lui ordonnant d'aller apporter aux Congolais un message nouveau, apporté par « Nzambi'a Mpungu », qui signifie en français « Dieu tout puissant ».

Avec le début de son enseignement, Kimbangu revendique la guérison d'une jeune femme dénommée Kiantondo. Il acquiert la réputation de ressusciter les morts, de rendre la vue aux aveugles, de faire parler les sourds et muets, de faire marcher les paralytiques. Il est surnommé « Ntumua ya Nzambi'a Mpungu », ce qui signifie en kikongo « envoyé de Dieu tout puissant ».

Son enseignement commence à se tourner vers des discours nationalistes, ce qui inquiète les autorités coloniales belges. Il se réclame de Kimpa Vita, deux siècles plus tôt, et veut remettre en valeur les symboles traditionnels et lois ancestrales du Congo.

Kimbangu est identifié à « Nzambi'a Mpungu », l'« être suprême du Congo ».

Kimbangu prédit la libération de l'homme noir sur un plan spirituel et physique, l'indépendance du Congo et la reconstitution de l'Empire Kongo, prophétisant la « deuxième indépendance », ou «dipanda dianzole » en kikongo. Il affirme « un jour l'homme blanc deviendra noir et l'homme noir deviendra blanc ». Le mouvement alimente également le sentiment anti-européen et suscite de fait l'inquiétude. Les autorités belges, alertées par les missionnaires catholiques et protestants, le font rechercher, ainsi que ses plus proches fidèles. Des troupes armées de mitrailleuses sont alors mises en alerte dans la capitale, dans la crainte d'un soulèvement.

La première tentative d'arrestation échoue, mais il finit par se rendre aux autorités. Inculpé de sédition, il est condamné à mort le . Le roi Albert Ier commue la condamnation en réclusion à perpétuité avec cent-vingt coups de fouet, et Kimbangu est envoyé à des milliers de kilomètres de sa zone de prédication, où il meurt après trente années d'emprisonnement, loin ses disciples. Mais cela ne met pas un terme au mouvement, comme l'espéraient les autorités belges. Lors de son procès, Kimbangu a assumé la position de martyr. Il continue son enseignement aux autres prisonniers lors de son séjour en prison. Ses disciples le prient d'user de ses pouvoirs miraculeux pour s'échapper, et continuent à perpétuer ses prédications. Durant ses trente ans d'emprisonnement, Kimbangu continue d'être considéré comme un chef spirituel malgré l'absence de contact avec ses fidèles. Il devient également un symbole du nationalisme congolais.

Héritage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église kimbanguiste.

En 1959, l'Église de Jésus-Christ sur terre par son Envoyé spécial Simon Kimbangu est reconnue par le gouvernement belge et est autorisée à exercer ses activités. En août 1969, elle devient membre du Conseil œcuménique des Églises, lors de la réunion de son comité exécutif à Canterbury en Angleterre.

De nos jours, l'Église Kimbanguiste, est établie dans plusieurs pays à travers le monde. À la mort de Kimbangu, c'est son fils Joseph Diangienda qui prend la tête de l'Église jusqu'à sa mort survenue le , avant d'être remplacé par son frère Paul Salomon Dialungana Kiangani (1992-2001) puis par son petit-fils Simon Kimbangu Kiangani.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine LION, « KIMBANGU SIMON (1889 env.-1951) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juillet 2016. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/simon-kimbangu/

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elikia M'Bokolo et Kivilu Sabakinu (éds), Simon Kimbangu, le prophète de la libération de l'homme noir, 2 tomes, Paris, L'Harmattan, 2014.
  • Anne Mélice, Prophétisme, hétérodoxie et dissidence. L'imaginaire kimbanguiste en mouvement, Thèse de doctorat en Sciences politiques et sociales (Anthropologie), 3 volumes, Université de Liège, 2011.
  • Fwakasumbu Luwawanu, Kimbangu, le plus vieux et le plus jeune des ancêtres de l'humanité, éd. Bibliorama, Paris, 2009. (ISBN 978-2-917378-00-7) (notice BnF no FRBNF42004318)
  • Joseph Dikunduakila Kuzeyidioko, Simon Kimbangu : Le prophète, notre contemporain, éd. Entraide kimbanguiste, Châtenay-Malabry, 2006. (ISBN 2952444218)
  • Jean-Luc Vellut, Simon Kimbangu. 1921, de la prédication à la déportation : sources, tome I (vol. 1-2), éd. Académie royale des sciences d'outre-mer, Bruxelles, 2005-2010.
  • Diangienda Kuntima, L'histoire du kimbanguisme, éd. Kimbanguistes, Kinshasa, 1984.
  • Suzanne Asch, L'Église du prophète Kimbangu, éd. Karthala, Paris, 1981. (ISBN 2865370690)
  • Martial Sinda, Simon Kimbangu, prophète et martyr zaïrois, coll. Grandes figures africaines, éd. Nouvelles éditions africaines, Dakar, 1977. (ISBN 2858090793)
  • Charles-André Gilis, Kimbangu : Fondateur d'Église, éd. Librairie encyclopédique, Bruxelles, 1960.
  • Jules Chomé, La Passion de Simon Kimbangu. 1921-1951, éd. Les Amis de Présence africaine, Bruxelles, 1959.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]