Église kimbanguiste

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Membres de l'église kimbanguiste au Portugal fêtent la noël le 25 mai 2013 dans la banlieue de Lisbonne.

L'Église kimbanguiste est une Église indépendante africaine chrétienne de type prophétique. Elle a été fondée le par Simon Kimbangu, au Congo belge, et est actuellement surtout présente dans l'actuelle République démocratique du Congo et dans la population congolaise émigrée issue de ce pays[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le nom officiel de l'Église kimbanguiste est depuis 1987 « Église de Jésus-Christ sur la Terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu », en sigle EJCSK, anciennement appelée « Église de Jésus-Christ sur la Terre par le prophète Simon Kimbangu ».

L’église est fondée le 6 avril 1921 par Simon Kimbangu. Ce jour-là, il déclare avoir eu une apparition de Jésus-Christ, qui lui aurait permis d'accomplir une guérison miraculeuse sur Nkiantondo.

La nouvelle de ces événements se répand dans le Bas-Congo, mais également au Congo français et au Congo portugais (aujourd'hui Angola). Des pèlerins arrivent alors au village de Nkamba.

On attribue ensuite de nombreux miracles à Simon Kimbangu : guérisons de malades voire résurrection des morts. Devant l'ampleur des événements, les autorités du Congo belge se sentent menacées par le mouvement de Kimbangu.

Une enquête pour sédition est ouverte, menée par l'administrateur Léon Morel. Après une arrestation ratée le , Simon Kimbangu se réfugie à Mbanza Nsanda où il déclare : « Les blancs deviendront noirs et les noirs deviendront blancs » à propos de la décolonisation. Cela confirme les soupçons de sédition, et les recherches reprennent. Le Le 11 septembre 1921,il décide de se rendre aux autorités coloniales. Le 12 septembre, il est arrêté avec quelques disciples. Jugé par un tribunal militaire, il est condamné à la peine capitale avant que le roi des Belges ne commuât cette peine en prison à perpétuité. De 1921 à 1951, il passera donc 30 ans à la prison de haute sécurité d’Élisabethville (Lubumbashi)[2].

Des persécutions à la reconnaissance[modifier | modifier le code]

Les autorités coloniales belges, considérant le kimbanguisme comme un mouvement subversif, prennent pendant plusieurs décennies des mesures répressives à l'égard des membres : envoi dans des camps de relégation, puis, à partir de 1940, dans des « Colonies Agricoles pour Relégués Dangereux » (C.A.R.D.).

Les adeptes parviennent cependant à maintenir des activités clandestines. Le plus jeune fils de Simon Kimbangu, Joseph Diangienda Kuntima, s'emploie à regrouper les sympathisants. L'épouse du prophète, Kimbangu Marie Mwilu, ordonne les premiers pasteurs kimbanguistes en 1955. En janvier 1958, une pétition est adressée au gouverneur général du Congo, en vue d'obtenir la liberté du culte[3]. Cette démarche, dont les auteurs se réclament de la Déclaration universelle des droits de l'homme, de la charte coloniale et de la Constitution belge, aboutit à une première forme de reconnaissance tacite. Le 11 mars 1958, la première constitution de l'Église de Jésus-Christ sur Terre par le Prophète Simon Kimbangu (E.J.C.S.K.) est promulguée. Le 22 juin 1958, lors du premier congrès kimbanguiste, Joseph Diangienda Kuntima est reconnu chef spirituel de l'E.J.C.S.K[4]. Une demande officielle de reconnaissance adressée à la Chambre des représentants et au Sénat de Belgique aboutit enfin à la reconnaissance officielle le 24 décembre 1959.

De la reconnaissance à nos jours[modifier | modifier le code]

Temple de Nkamba, Bas-Congo

Du 27 avril 1959 au 8 juillet 1992, l'Église kimbanguiste sera dirigée par Joseph Diangienda Kuntima en sa qualité de chef spirituel (titre qui lui sera attribué quelque temps après), assistés de Charles Daniel Kisolokele Lukelo (chef spirituel, premier adjoint) et Paul Salomon Dialungana Kiangani (chef spirituel, deuxième adjoints). Tous les trois sont fils de Simon Kimbangu et de son épouse Marie Muilu Kiawanga Nzitani. L'Église kimbanguiste adhère au Conseil œcuménique des Églises (COE) en 1969 et à la Conférence des Églises de toute l'Afrique (CETA) en 1974.

Membres de l'église kimbanguiste au Portugal fêtent le Nouvelle An le 25 mai 2013 dans la banlieue de Lisbonne.

Depuis 1921 Nkamba est considéré par les kimbanguistes comme la nouvelle Jérusalem, selon la révélation de Simon Kimbangu. Aujourd'hui, un grand temple de 100 m de longueur sur 50 m de large comportant 37000 places assises se situe à Mbanza Nsanda, qui est l'unique lieu saint du kimbanguisme.

Au niveau international, l'église kimbanguiste est dirigée par un chef spirituel et représentant légal assisté d'un ou plusieurs adjoints. Il est spirituellement considéré infaillible. Au niveau national, elle est supervisée par un collège national qui a à sa tête un président. À l'instar de chaque pays, il y a des représentants légaux qui ont la responsabilité d'une ou des régions entières.

Le 1er janvier 1992, Joseph Diangienda Kuntima déclare aux kimbanguistes que : « Jésus-Christ n'est pas né le 25 décembre et qu'à l'avenir, s'ils le voulaient bien, il leur communiquera la véritable date de cet événement ». Le 2 janvier de la même année, après que le clergé kimbanguiste lui a présenté ses meilleurs vœux, Joseph Diangienda Kuntima leur dit ce qui suit : « Je vous en remercie, mes frères (Charles Kisolokele Lukelo et Salomon Dialungana Kiangani) ne sont pas instamment présents mais ils y sont, car nous sommes tous les trois une seule et même personne... Plus tard, lorsque nous ne serons plus de ce monde et que l'on vous demande quelles principales recommandations avez-vous reçues de vos Papas (il faisait allusion à lui et ses deux frères) ? Répondez  : « l'amour, la loi et le travail »... Tout ce que nous vous disons chaque jour constitue un ensemble de messages que nous adressons à vous qui êtes présents, à ceux qui viendront et à ceux qui ne sont plus de ce monde... Un jour, Papa Kuluntu (Charles Kisolokele Lukelo) s'en ira, Papa Mfumu'a nlongo (Joseph Diangienda Kuntima) s'en irai aussi et Papa Mfumu'a mbanza (Salomon Dialungana Kiangani) également... Nous nous en irons effectivement parce que nous sommes des passagers ici-bas... ».

Un peu plus de trois mois après ce message, Charles Daniel Kisolokele Lukelo, premier fils de Simon Kimbangu, décède le 17 mars 1992 à Vilvoorde en Belgique. Le 8 juillet de la même année, Joseph Diangienda Kuntima, fils cadet de Simon Kimbangu, décède à son tour à Genève en Suisse. Tous les deux seront enterrés à Nkamba. Ce sera donc Paul Salomon Dialungana Kiangani, anciennement deuxième adjoint, qui deviendra l'unique chef spirituel de l'église kimbanguiste. C'est lui qui supervisera depuis Nkamba, la cérémonie de demande de pardon du péché originel initiée par son prédécesseur.

Conformément à la promesse faite par Joseph Diangienda Kuntima, Paul Salomon Dialungana Kiangani annonce à la veille de l'an 2000 être l'incarnation de Jésus-Christ. Depuis, l'église kimbanguiste a adopté la date du 25 mai comme jour de Noël. Actuellement, c'est Simon Kiangani Kimbangu, petit-fils de Simon Kimbangu, qui dirige l'église kimbanguiste depuis le 26 août 2001. Il réside à Nkamba et a organisé deux conférences internationales dans le but de mieux faire connaître la personnalité spirituelle de Simon Kimbangu. La réivion du procès de son grand-père a eu lieu de 22 juillet 2011, où le Congo actuel annule la condamnation pour sédition.

Organisation[modifier | modifier le code]

Depuis 2001, le chef spirituel et représentant légal de l’Église kimbanguiste est Simon Kiangani Kimbangu, fils de Salomon Dialungana Kiangani, ayant occupé les mêmes fonctions de 1992 jusqu'à sa mort en 2001. Les autres petits-fils de Simon Kimbangu, au nombre de 25, assistent leur frère aîné en tant que Chefs Spirituels adjoints.

L’Église kimbanguiste revendique 22 millions de fidèles dans le monde[5]. Pour la CIA, environ 10% des 85 millions d'habitants de la RDC sont kimbanguistes[6]. Une autre estimation donne 10 millions de kimbanguistes en RDC, et 17 millions dans le monde[7].

Les ministres du culte sont des pasteurs nommés par le chef spirituel ou par un pasteur mandaté par lui.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Si l'Église kimbanguiste se réfère à la Bible et se réclame du Credo de Nicée, elle reconnaît solennellement et proclame universellement Simon Kimbangu, Dieu le Saint-Esprit, Jésus-Christ demeurant le Rédempteur de l’humanité. Elle prêche l’amour du prochain, l’obéissance aux lois divines et la pratique des bonnes œuvres, préceptes traduits par la devise Bolingo - Mibeko - Misala.

Elle proscrit les boissons alcoolisées, la danse, la drogue, l'usage du tabac, la polygamie, l'adultère, la fornication, la consommation de la viande de porc et la viande de singe, le port du pantalon taille basse pour les hommes et de la mini-jupe voire du décolleté pour les femmes.

Concernant l'origine de la vie, elle adopte un point de vue créationniste. Nkamba, la cité sainte du kimbanguisme, est aussi appelée « La Nouvelle Jérusalem ».

Relations avec les autres Églises[modifier | modifier le code]

L’Église kimbanguiste a fait partie du Conseil œcuménique des Églises (COE) à partir de 1969 et de la Conférence des Églises de toute l’Afrique (CETA) à partir de 1974.

Depuis 2001, le kimbanguisme ne fait plus partie de l'œcuménisme à la suite de l'auto-proclamation du fils de Simon Kimbangu, Salomon Dialungana Kiangani, comme étant la « réincarnation du Seigneur Jésus-Christ ».

Le Kimbanguisme prône la fraternité entre toutes les religions du monde. Pour sa part, il est toujours prêt à entretenir des relations profondes avec toutes les religions empreintes de fraternité. Le kimbanguiste avait reçu avec faste dans ses locaux le Pape Shenouda III (Église Copte), Grand Marabout Mansour Ngaye (Islam).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aurélien Mokoko-Gampiot, « Les kimbanguistes en Europe : D’une génération à l’autre », Archives de sciences sociales des religions, no 143,‎ , p. 111-128 (lire en ligne).
  2. http://www.sept.info/road-trip-au-bas-congo-24/
  3. Susan Asch, L'Église du prophète Kimbangu. De ses origines à son rôle actuel au Zaïre (1921-1981), éditions Karthala, Paris 1983, p. 39
  4. Susan Asch, L'Église du prophète Kimbangu. De ses origines à son rôle actuel au Zaïre (1921-1981), éditions Karthala, Paris 1983, p. 40
  5. http://kimbanguiste.cd/ejcsk.php
  6. CIA, The World Factbook
  7. http://www.sept.info/road-trip-au-bas-congo-24/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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