Seconde invasion Mandchoue de la Corée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Seconde invasion Mandchoue de la Corée
Informations générales
Date 9 décembre 1636 - 30 janvier 1637
Lieu Nord de la Corée
Issue Victoire des Qing
Belligérants
Flag of the king of Joseon.svg
Dynastie Joseon
Flag of the Qing dynasty (1889-1912).svg
Dynastie Qing
Commandants
Im Gyeong-eop
Shin Gyeong-won
Hong Myeong-gu 
Kim Jun-yong
Min Yeong 
Huang Taiji
Dorgon
Tatara Inggūldai
Forces en présence
Inconnues 128 000
Pertes
Inconnues Inconnues
Seconde invasion Mandchoue de la Corée
Hangeul 병자호란
Hanja 丙子胡亂
Romanisation révisée Byeongja horan
McCune-Reischauer Pyŏngcha horan

La Seconde invasion Mandchoue de la Corée a eu lieu en 1636, lorsque l'empire Qing Mandchou a soumis la dynastie Joseon coréenne. Elle a suivi la première invasion Mandchoue de la Corée de 1627.

Casus belli[modifier | modifier le code]

Apres la première invasion de 1627, la dynastie Joseon a continué à défier les Mandchous. Les échanges commerciaux étaient mauvais et la Corée n'a pas livré les Mandchous fugitifs qui s'y étaient réfugiés. De plus, la Corée a pris une attitude provocante lorsque Huang Taiji a proclamé la nouvelle dynastie Qing. Les délégués Mandchous Inggūldai et Mafuta ont reçu un accueil glacial à Hanseong (Seoul) où les soldats coréens sont restés dans l'ombre. Les délégués en furent offusqués et sont rentrés en Mandchourie.

La cour coréenne était dominée par des faucons pro-guerre, sans toutefois améliorer ses capacités militaires. Un message guerrier à destination de Pyongan-do a été de plus intercepté par Inggūldai.

Guerre[modifier | modifier le code]

Au cours de l'hiver, Huang Taiji lui-même a conduit les bannières mandchoues, mongoles et chinoises ainsi qu'une armée de 120 000 Mongols en Corée. Plutôt que de combattre les forces de Im Gyeong Eop à la forteresse de Baegma (Uiju), le prince Dodo, à la tête de l'expédition, s'est dirigé directement vers Hanseong (Seoul) pour empêcher le roi Injo de Jeoseon de s'échapper une nouvelle fois vers l'île de Kanghwa, comme les rois coréens avaient pris l'habitude de faire.

Ne parvenant pas à s'échapper vers l'île, le roi a trouvé refuge dans la forteresse du Mont Namhan, qui a été immédiatement assiégée par l'armée mandchoue. L'armée coréenne située à l'intérieur de la forteresse a souffert du manque de nourriture et de munitions. Pendant que les officiels coréens entretenaient des débats surréalistes, Dorgon est parvenu à occuper l'île de Kanghwa en une journée et à capturer le second fils et les épouses du roi Injo.

Le siège continuant, le manque de nourriture est devenu critique et la situation stratégique a empiré pour les Coréens, les tentatives des forces coréennes provenant d'autres régions de briser le siège échouant et les charges des troupes de la forteresse ne rencontrant pas plus de succès. La Chine Ming a tenté d'envoyer un détachement minuscule pour aider Joseon mais ce n'était guère plus qu'un effort symbolique, les troupes ayant de toute façon été anéanties en mer durant une tempête. Cette situation désespérée a forcé la reddition du roi Injo qui a livré trois officiers pro-guerre aux Qing, et agréé aux termes de paix suivants :

  1. La Corée se soumet à la Dynastie Qing.
  2. La Corée rompt ses relations traditionnelles avec la Chine Ming.
  3. La Corée offre en tant qu'otages l'ainé et le cadet des fils du roi Injo, ainsi que les fils et frères de ses ministres.
  4. La Corée paie un tribut aux Qing comme elle le faisait auparavant aux Ming.
  5. La Corée servira les Qing dans leur guerre contre les Ming.
  6. La Corée offre des vaisseaux de guerre pour permettre le rapatriement des soldats Mandchous.
  7. Les ministres coréens et mandchous sont liés par des mariages d'alliance.
  8. La Corée n'a plus le droit de construire des forteresses.

Huang Taiji a fait installer une plateforme sur l'île de Samjeon sur le fleuve Han, sur laquelle il a accepté la soumission du roi Injo. Le roi Injo s'est prosterné devant Huang Taiji, qui l'aurait forcé à répéter ce rituel humiliant plusieurs fois.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le général de Joseon Im Gyeong Eop, qui était chargé de la défense de la forteresse de Baegma à la frontiere Qing-Joseon, est descendu vers Hanseong (Seoul) avec son armée et a pris en embuscade une des divisions de l'armée Qing durant sa retraite, décapitant son général (要槌, neveu de Hong Taiji).

N'étant pas au courant de la reddition de son roi à ce moment, il a été laissé libre sans punition par Hong Taiji, qui était aussi grandement impressionné par les efforts courageux d'Im pour défendre son royaume. Im avait de fait requis des renforts d'Hanseong au début de la guerre (qui ne sont jamais parvenus) et avait prévu d'envahir Mukden lui-même.

Les régions du Nord et du Centre de la Corée ont été dévastées par la guerre. Bien que la discipline de l'armée mandchoue soit stricte, les soldats mongols ont pillé les villes.

En accord avec les termes de la reddition, la Corée a envoyé des troupes attaquer l'île de Pi à l'embouchure du Yalou.

Huang Taiji a ordonné à la Corée de bâtir une stèle, le Monument de Samjeondo, en l'honneur des excellentes vertus de l'Empereur Mandchou, le bâtiment a été érigé en 1639 à Samjeondo, où la cérémonie de soumission avait eu lieu.

Les Coréens ont continué à arborer une attitude défiante, en privé toutefois, envers la Dynastie Qing, considérant les Mandchous comme des barbares non civilisés bien qu'ils leur jurassent obéissance officiellement. Les érudits coréens continuèrent à utiliser le système d'ères Ming en secret, même après la chute de cette dynastie. Beaucoup pensaient que la Corée devrait devenir le successeur légitime de la civilisation Ming en lieu et place de la "barbare" Qing. Les Coréens ont également reconstruit leurs forteresses autour de Séoul et des régions du Nord.

Le roi Hyojong, qui a vécu durant sept années en tant qu'otage à Mukden et a succédé à Injo, a planifié une expédition peu réaliste dans le royaume Qing appelée Bukbeol (북벌, 北伐, expédition du Nord) durant son règne de dix ans sur le trône coréen, toutefois à la veille de celle-ci sa mort l'a reportée sine die.

De 1639 jusqu'en 1894, la cour coréenne a entrainé un corps de traducteurs professionnels coréen-mandchou. Ceux-ci ont remplacé les interprètes de jurchen, qui avaient été entraînés en utilisant l’écriture jurchen. L'appellation officielle a été changée de jurchen vers mandchou en 1667. Les premiers livres à ce sujet ont été rédigés par Shin Gye-am, qui avait également été interprète de jurchen et a translittéré d'anciens livres jurchen à ce sujet.

Jusqu'en 1894, la Corée est restée un état vassal de la Chine Qing, même si l'influence mandchoue a progressivement diminué dans la deuxième partie du XVIIIe siècle lorsque la dynastie Joseon a recommencé à prospérer. L'empire du Japon a forcé la Chine Qing à la suite de la première Guerre sino-japonaise (1894-1895) à reconnaître la fin de cette suzeraineté sur la Corée, dans un processus qui allait aboutir à l'invasion et à la colonisation japonaise de la Corée au début du XXe siècle.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]