Minhwa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Estampe de tigre sur la porte d'un village folklorique coréen (Minsokchon) à Yongin, Gyeonggi-do, pour célébrer le nouvel an, lors de la fête du Printemps et apporter la fortune pour l'année à venir.

Minhwa (hangul : 민화 ; hanja : 民畵 ; sinogrammes traditionnels : 民畫 ; sinogrammes simplifiés : 民画 ; pinyin : mínhuà) est un terme coréen désignant les images d'art populaire. Cette forme d'art populaire coréen est produite principalement par des artistes itinérants ou inconnus sans formation savante, imitant les tendances contemporaines dans les beaux-arts à des fins d'utilisation quotidienne ou de décoration.

Un art populaire[modifier | modifier le code]

Selon Pierre Cambon[1] l'expression Minhwa peut être traduit par « art populaire ». Ce terme d'origine chinoise aurait été amené en Corée par le philosophe japonais Yanagi Sōetsu (柳 宗悦, 21 mars 1889 — 3 mai 1961), également connue sous le nom Yanagi Muneyoshi, qui est à l'origine du mouvement artistique japonais mingei (民芸運動, みんげいうんどう, mingei undō), concentré sur les arts populaires, et a été l'instigateur du Musée de l'artisanat folklorique coréen en 1924. Il créa également en 1936 le Musée de l'artisanat folklorique japonais (日本民藝館, Nihon Mingeikan) à Tokyo.

On y retrouve aussi bien des thèmes liés aux croyances populaires et à la religion, qu'à d'autres événements importants de la vie. Les techniques sont très variées, parmi lesquelles, peinture, calligraphie à l'encre de Chine et estampes y ont une grande place. On trouve notamment les munjado (문자도), des images détournant un caractère han en y ajoutant différents motifs.

Kkachi horangi (까치 호랑이) : genre très courant de minhwa qui confronte des pies à des tigres. Dans les peintures de kkachi horangi, le tigre, qui est intentionnellement donné une apparence ridicule et stupide (d'où son surnom de « tigre idiot » 바보 호랑이), représente l'autorité et le yangban, membre de l'aristocratie, tandis que la pie, digne, représente l'homme du commun. Par conséquent, les peintures de kkachi horangi des pies et des tigres jetaient un regard satirique sur la structure hiérarchique de la société féodale de la période Joseon. Le motif du tigre se rencontre sur une multitude d'images en Corée, en lien avec diverses traditions depuis le chamanisme jusqu'au bouddhisme. On le trouve parfois en compagnie d'immortels issus de la mythologie taoïste chinoise. Il est surtout, en Corée, associé au culte des montagnes. C'est dans ce cadre qu'on le trouve au pied d'un pin sur lequel est perché une pie, voire un moineau. Le tigre, représenté dans un style caricatural, suggère l'arrogance du yangban, l'aristocrate, l'oiseau évoque le petit peuple, pas impressionné du tout et fier[2].

C'est probablement en lien avec la tradition du minhwa que la Corée est l'un des pays les plus prolifiques dans le domaine des livres illustrés pour la jeunesse. Un grand nombre d'entre eux font appel aux motifs du tigre et de la grand-mère, omniprésents dans les contes populaires coréens et qui restent aujourd'hui, dans cette littérature, des personnages récurrents.

Galerie[modifier | modifier le code]

Il ne faut pas confondre minhwa et peinture à sujet animalier. Les animaux sont, en effet, un motif constant dans la peinture coréenne, mais il s'agit, ici, d'une forme d'art populaire où la représentation des animaux tient une grande place.

Sur les autres projets Wikimedia :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Cambon, 2001, p. 11 et note 11. L'auteur indique aussi qu'elle peut se traduire par « Art du peuple » ou « Art national ».
  2. Pierre Cambon, 2015, p. 174-175

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Cambon (dir.), Tigres de papier : Cinq siècles de peinture en Corée, Gand et Paris, Snoeck et Musée national des arts asiatiques - Guimet, , 227 p., 30 cm. (ISBN 978-94-6161-255-7 et 979-10-90262-28-7)
  • Pierre Cambon et Lee Ufan, Nostalgies coréennes : collection Lee Ufan, peintures et paravents du XVIIe au XIXe siècle, Musée national des arts asiatiques - Guimet, , 217 p., 28 cm (ISBN 2-7118-4307-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]